Robert Merle – La mort est mon métier

(Roman / 1952)

Couverture du roman La mort est mon métier de Robert Merle

L’histoire de Rudolf Lang, né en 1901. Ce garçon timide, vivant dans la peur d’un père catholique fanatique qui le destinait à la prêtrise, s’engage dans l’armée durant la Première guerre mondiale, alors qu’il n’est pas en âge de revêtir l’uniforme. Homme de principe et de devoir, il place l’Allemagne au-dessus de tout, intègre le parti nazi, puis les SS. Totalement acquis à la cause, il obéit fidèlement au Reichsführer Heinrich Himmler, qui voit en lui la personne idéale pour œuvrer avec efficacité à une position clé de la solution finale. Himmler lui confie le commandement du camp d’Auschwitz et la mission de trouver et de mettre en œuvre les rouages pour que l’extermination à la chaîne puisse absorber les flux massifs de civils à éliminer.

Robert Merle s’est basé sur les confessions du commandant d’Auschwitz, écrites dans sa prison en Pologne, et sur les entretiens qu’il a eus avec un psychologue américain durant le procès de Nuremberg pour dresser le portrait de Rudolf Höß (le Rudolf Lang du roman).

Un récit glaçant. Qui n’aide pas à comprendre comment on peut en arriver là, mais qui donne une idée du fonctionnement de Höß. Celui-ci prétend n’avoir obéi qu’aux ordres, en faisant de son mieux. Sans doute. Comme s’il avait été le directeur d’une usine chargé par les actionnaires de mettre en place les flux de production les plus efficaces, pour un maximum de rentabilité. Sauf que dans le cas d’Auschwitz, il ne s’agissait pas en premier lieu de produire, mais de tuer et de se débarrasser des corps. D’hommes, de femmes et d’enfants qui n’étaient plus que matricules et marchandises à traiter. Cette déshumanisation des victimes était certainement nécessaire pour ne pas devenir fou.

On lit ce livre et les autres témoignages concernant la Shoah et on affirme haut et fort « Plus jamais ça ! ». Comme après la première Guerre Mondiale.

L’auteur et son œuvre

Robert Merle est né le 29 août 1908 à Tébessa, en Algérie, et mort le 27 mars 2004 à Grosrouvre. Écrivain français traduit en 22 langues différentes, il a écrit 24 romans, dont Week-end à Zuydcoote (1949, prix Goncourt), Un animal doué de raison (1967), Derrière la vitre (1970, Malevil (1972), Les hommes protégés (1974) et la série Fortune de France, et aussi des pièces de théâtre, des essais et des biographies. Il est également auteur de traductions. La plupart de ses romans ont été adaptés au cinéma ou à la télévision.

Mon Robert Merle ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteur pour le moment. En revanche, j’ai d’excellents souvenirs de l’adaptation cinématographique de Malevil, faite par Christian de Chalonge en 1981, avec Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jacques Villeret et Jean-Louis Trintignant.

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