Ophélie Courtain – Tu n’iras pas fleurir la mienne ♥

(Roman / 2023)

Couverture du roman Tu n'iras pas fleurir la mienne d'Ophélie Courtain

Ghislaine, Farah, Mathilde et Antoine travaillent dans une association venant en aide aux femmes victimes de violences conjugales, des femmes dont la vie alterne entre phases idylliques et enfer à huis clos.

Lorsque l’une d’entre elles meurt sous les coups de son mari, ce drame ébranle leur quotidien. Derrière les portes closes, certaines attitudes éveillent des soupçons, et questionnent d’autant plus les couples en pleine crise.

Alors qu’ils côtoient la violence sous toutes ses formes et pensent savoir la reconnaître, ils découvrent qu’elle se manifeste parfois là où on ne l’attend pas.

(4e de couverture)

Commentaire

Si vous ne deviez acheter qu’un livre cette année, que ce soit celui-là.

Tu n’iras pas fleurir la mienne peut sauver des vies.

Ophélie Courtain a fait un travail considérable avant de se lancer dans l’écriture de ce roman. De documentation, de compilation de témoignages. Puis elle a digéré ces mines d’informations, souvent insoutenables très certainement. Ensuite elle a réfléchi aux personnages de son roman, à l’histoire. Elle a imaginé une construction imparable pour offrir une compréhension optimale des sujets sensibles abordés. Elle n’a rien laissé au hasard. C’est mon ressenti en tout cas. Le résultat est précis, poignant, percutant.

Tu n’iras pas fleurir la mienne aborde cinq thèmes : les violences conjugales et l’emprise amoureuse au sein du couple en premier lieu, mais aussi la différence, le deuil et les relations parents/enfants.

Ce livre est d’une grande justesse. Sur chaque sujet. Du début à la fin. Par sa rigueur et sa précision dans le verbe, et dans une thématique tout à fait différente, il m’a fait penser à La décision de Karine Tuil. Une claque.

Ophélie Courtain n’élude rien en nous parlant des violences conjugales d’une part, de la toxicité des manipulateurs d’autre part. Elle évite avec brio les pièges et clichés du genre. Elle ne fait ni dans le spectaculaire, ni dans le larmoyant. Ophélie Courtain décortique avec le scalpel et nous présente la gangrène et la beauté humaine, sans exagération et sans faux-semblant.

Elle se montre délicate dans le traitement de la différence, pudique dans celui du deuil. Elle nous parle de la famille, de ses non-dits, ses conflits, ses erreurs, son amour, la transmission, des suppositions, des vérités et des secrets emportés à jamais.

Ophélie Courtain traite ces sujets en 284 pages, en approfondissant avec une rare clairvoyance les deux premiers et en intégrant les autres avec une habilité remarquable.

J’ai dévoré ce roman captivant. J’en suis ressorti bouleversé.

Gros coup de coeur pour ce magistral « Tu n’iras pas fleurir la mienne ».

Un livre d’utilité publique. Merci Ophélie Courtain !

Un sérieux candidat au Goncourt ou au Femina.

L’auteure et son œuvre

Ophélie Courtain est une auteure française.

Passionnée par la psychologie et le développement personnel, ses romans décortiquent la complexité des relations humaines à travers des sujets de société qu’elle questionne.

Son premier roman Les coquelicots du désert (2021) traite du burn-out.

Tu n’iras pas fleurir la mienne est son deuxième roman.

Mon Ophélie Courtain ++

Je n’ai pas encore lu le premier roman d’Ophélie Courtain mais ça ne saurait tarder.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

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John Irving – L’oeuvre de Dieu, la part du Diable
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Theresa Fernandes – Le mariage maya

(Roman / 2023)

Couverture du roman Le mariage maya de Theresa Fernandes

Au festival du cinéma de Deauville, elle tombe amoureuse d’un photographe américain, le suit, croit en des sentiments réciproques. Elle lui pardonne certains comportements étranges : il l’aime tellement. La réalité va finir par la rattraper.

Commentaire

Le mariage maya est un livre fascinant.

La construction du récit. Une alternance entre l’histoire du couple et des scènes de désenvoûtement surréalistes entre un chaman désinvolte et l’héroïne. Une construction qui semble ajouter de la confusion mais qui en réalité permet d’assembler le puzzle pièce par pièce. Une construction qui déroule l’enfer comme si vous y étiez.

L’écriture. Des phrases courtes. Des ellipses. Des protagonistes à la fois très bien décrits et suffisamment anonymes pour pouvoir être n’importe qui. Vous. Moi. Des personnes de notre entourage plus ou moins proche. Des protagonistes d’une vérité effrayante dans un banal quotidien. Une suite d’instantanés. Des couleurs. Des ressentis. Des scènes contemplatives et des scènes à haute tension. Peu de dialogues, mais des dialogues précis et percutants. Un style incisif et original. Du vocabulaire.

Les personnages. Elle est architecte, construit du solide, de l’utile, du concret. On a envie de la sauver. Il est photographe, vole et fige des images, fait paraître des scènes sous leur meilleur angle. Destructeur et haïssable. Et il y a le chaman.

Le sujet. Une femme intelligente sous l’emprise d’un manipulateur pervers narcissique. Toxique. Les méthodes du nuisible : déstabilisation, culpabilisation, dénigrement. Harcèlement et fragilisation. Le cheminement qui mène à l’abîme. Et il y a ce chaman énigmatique.

La couverture. Je n’y suis pas sensible d’habitude. Mais celle-ci est une des plus belles de ma bibliothèque. J’adore.

L’odeur. Les renifleurs de livres seront comblés. Mon exemplaire dégage une fragrance particulière, subtile et enivrante. Les pouvoirs de Theresa Fernandes semblent se confondre avec ceux du chaman. J’ai respiré Le mariage maya. J’ai écouté les pages tourner aussi, pour vivre Le mariage maya par tous les sens.

Petit coup de cœur pour ce roman utile et unique en son genre.

L’auteure et son œuvre

Après un séjour à New York où Theresa Fernandes travaille au théâtre La MaMa avec Ellen Stewart, plusieurs courts métrages dont Le Silence blanc produit par Paulo Branco et une installation, Breaking News, à La Galleria (New York), elle se tourne vers l’écriture littéraire.

Le Mariage maya est son premier roman.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Dezso Kosztolanyi – Anna la douce
Amélie Nothomb – Acide sulfurique

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Fany Simon – Car après tout, tu es mon Wonderwall

(Roman / 2023)

Couverture du roman Car après tout du es mon Wonderwall de Fany Simon

Rose, vingt-trois ans, emménage à Saint-Malo et prépare sa première rentrée scolaire en tant que maîtresse d’école. Sa cousine Lucie qui habite la même ville lui présente ses amis. Mais de profondes cicatrices liées à des événements tragiques de son passé ne sont pas refermées. Ces blessures qui hantent la jeune femme l’empêcheront-elles de trouver le bonheur, d’aimer et d’être aimée en retour ?

Commentaire

J’ai passé un très bon moment avec cet excellent Car après tout, tu es mon Wonderwall, un roman que j’ai dévoré avec l’envie permanente de connaître la suite.

Fany Simon raconte cette histoire avec un vrai talent, une construction habile et des personnages attachants. Elle sait manier l’humour et jouer avec les émotions de ses lecteurs qui passent du rire aux larmes en suivant les aventures de la jeune Rose Abgrall.

Fany Simon a réussi à trouver un bel équilibre entre trois niveaux de lecture complémentaires.

Il y a la romance pour commencer. Avec les codes du genre : des beaux sentiments, des contrariétés, des questionnements et même des scènes qui font monter la température. Mais Car après tout, tu es mon Wonderwall n’est pas juste une romance de plus. Loin de là. Et c’est ce qui fait tout son charme.

Il y a aussi les anecdotes croustillantes sur l’enseignement. J’ai ri. Tout en plaignant Rose, bien entendu. Ce pan sur l’école, comme si on y était, apporte une récréation bienvenue entre la romance et le dernier aspect, bien plus sombre, celui des violences conjugales. Fany Simon décrit les dégâts occasionnés pendant la phase active mais aussi les traumatismes et séquelles invisibles qu’elles laissent sur les victimes des années après les faits et qui nécessitent une laborieuse et indispensable reconstruction.

L’ensemble est enveloppé dans la douceur et la sérénité des descriptions de Saint-Malo, de Cancale, de l’océan et de ce merveilleux cadre breton que Fany Simon connaît si bien.

Un roman intelligent, percutant et utile qui dévoile ses secrets au fil des pages.

L’auteure et son œuvre

Fany Simon vit en Bretagne, à Cancale, cadre de son premier roman. Elle a publié son deuxième roman, Et je pense à toi tout bas, en 2024.

Mon Fany Simon ++

Je n’ai pas encore lu Et je pense à toi tout bas.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Frédéric Lenoir – L’oracle della Luna
Soren Sveistrup – Octobre

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Elizabeth George – Série « Thomas Lynley et Barbara Havers »

(Policier / 1988 – …)

Couverture du roman Enquête dans le brouillard d'Elizabeth George

Thomas Lynley est un riche aristocrate anglais. Il travaille pour Scotland Yard. Barbara Havers, issue d’un milieu populaire, l’assiste dans ses enquêtes.

Dans cette série, le lecteur suit également la vie des amis de Tommy Lynley, le médecin légiste Simon Saint James, Deborah Cotter et Helen Clyde, ainsi que celle de la mère de Barbara Havers.

Commentaire

Elizabeth George est la plus anglaise des romancières américaines et probablement la plume la plus littéraire que j’ai croisée dans le monde des romans policiers. En la lisant, je me dis parfois que je ne lis pas un polar admirablement écrit, mais de la littérature classique qui présente une enquête policière. L’écriture est relevée, mais reste fluide et facile à lire (rien de pompeux ou d’indigeste).

Les enquêtes sont bien ficelées, les indices délivrés au fur et à mesure que le puzzle s’assemble.

D’excellents moments de lecture !

La série compte 21 tomes à ce jour

Enquête dans le brouillard (1988 / A Great Deliverance)
Le lieu du crime (1989 / Payment in Blood)
Cérémonies barbares (1990 / Well-Schooled in Murder)
Une douce vengeance (1991 / A Suitable Vengeance)
Pour solde de tout compte (1992 / For the Sake of Elena)
Mal d’enfant (1992 / Missing Joseph)
Un goût de cendres (1993 / Playing for the Ashes)
Le visage de l’ennemi (1996 / In the Presence of the Enemy)
Le meurtre de la falaise (1997 / Deception on his Mind)
Une patience d’ange (1999 / In Pursuit of the Proper Sinner)
Mémoire infidèle (2001 / A Traitor to Memory)
Un nid de mensonges (2003 / A Place of Hiding)
Sans l’ombre d’un témoin (2005 / With No One as Witness)
Anatomie d’un crime (2006 / What Came Before He Shot Her)
Le rouge du péché (2008 / Careless in Red)
Le cortège de la mort (2010 / This Body of Death)
La ronde des mensonges (2012 / Believing the Lie)
Juste une mauvaise action (2013 / Just One Evil Act)
Une avalanche de conséquences (2015 / A Banquet of Consequences)
La punition qu’elle mérite (2018 / The Punishment She Deserves)
Une chose à cacher (2022 / Something to Hide)

Une lecture dans l’ordre permet de suivre, en plus des enquêtes, l’évolution des relations entre les personnages récurrents.

Il est à noter que le quatrième roman paru, Une douce vengeance, est le premier dans le déroulé de l’histoire. Je les ai lus par ordre chronologique de parution, mais commencer par celui-ci pourrait être une excellente idée.

L’auteure et son œuvre

Elizabeth George est née le 26 février 1949 à Warren dans l’Ohio. Cette romancière américaine place ses romans policiers en Angleterre. Cette passion pour le Royaume-Uni viendrait d’un voyage scolaire qu’elle y a fait à l’âge de 16 ans, sur les traces de William Shakespeare.

Après avoir enseigné l’anglais, puis l’écriture, elle se consacre à son œuvre en publiant son premier roman policier en 1988. Le succès ne se démentira jamais.

Outre sa série phare « Thomas Lynley et Brabara Havers », elle a écrit quatre tomes de la série « The Edge of Nowhere » qui présente Becky, une fille aux pouvoirs paranormaux.

Elle a également écrit un roman court, des recueils de nouvelles et des essais dont Mes secrets d’écrivain (2004 / Write Away) dans lequel elle livre ses secrets d’écrivain et prodigue des conseils d’écriture.

Mon Elizabeth George ++

Je n’ai lu que des « Thomas Lynley et Barbara Havers » de cette auteure. J’ai adoré à chaque fois me plonger dans ses récits bien écrits, aux ambiances prenantes.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Agatha Christie – La nuit qui ne finit pas
Ken Grimwood – Replay

Mes écrits
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