Harper Lee – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ♥

(Roman / 1960 / To kill a mockingbird)

Couverture du roman Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee

Début de la quatrième de couverture

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche.

Commentaire

Je ne vais pas détailler davantage le résumé de ce roman culte qui a été publié aux Etats-Unis alors que la loi autorisait encore la discrimination raciale.

Ce Prix Pulitzer 1961 délivre un message fort. En plus, l’histoire est superbement narrée par la jeune Scout.

Humour, mélancolie et suspense sont au rendez-vous de ce livre bouleversant traitant de l’enfance, de la tolérance, de la bêtise et de la condition humaine.

Un incontournable en ce qui me concerne.

Extraits

– D’abord, Scout, un petit truc pour que tout se passe mieux entre les autres, quels qu’ils soient, et toi : tu ne comprendras jamais personne tant que tu n’envisageras pas la situation de son point de vue…
– Pardon?
– … tant que tu ne te glisseras pas dans sa peau et que tu n’essaieras pas de te mettre à sa place. (p.52)

 – Tu défends les nègres, Atticus ? lui demandai-je le soir même.
– Bien sûr. Ne dis pas « nègre », Scout, c’est vulgaire.
– Tout le monde dit ça, à l’école.
– Désormais, ce sera tout le monde sauf toi…
– Eh bien, si tu ne veux pas que je parle de cette manière, pourquoi m’envoies-tu à l’école ? (p.121)

– On va gagner, Atticus ?
– Non, ma chérie.
– Alors pourquoi…
– Ce n’est pas parce qu’on est battu d’avance qu’il ne faut pas essayer de gagner. (p.123)

Les moqueurs ne font rien d’autre que de la musique pour notre plaisir. Ils ne viennent pas picorer dans les jardins des gens, ils ne font pas leurs nids dans les séchoirs à maïs, ils ne font que chanter pour nous de tout leur coeur. Voilà pourquoi c’est un péché de tuer un oiseau moqueur. (p.144)

 – Il devrait en être fier, dis-je.
– Les gens normaux ne tirent jamais aucune fierté de leurs talents, dit Miss Maudie. (p.156)

– Ils ont tout à fait le droit de le penser et leurs opinions méritent le plus grand respect, dit Atticus, mais avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu. (p.167)

Avec lui, la vie était banale, sans lui, elle devenait insupportable. (p.182)

 – D’après toi, pourquoi Boo Radley ne s’est jamais enfui ?
Il poussa un long soupir et me tourna le dos.
– Peut-être parce qu’il a nulle part où aller… (p.225)

Ne t’en fais pas Jem ; les choses ne sont jamais aussi mauvaises qu’elles en ont l’air. (p.334)

– Non, Jem, moi je pense qu’il n’y a qu’une seule sorte de gens, les gens. (p.352)

L’auteure et son œuvre

Harper Lee est née le 28 avril 1926 et morte le 19 février 2016 à Monroeville dans l’Alabama.

Après des études de droit, elle s’installe à New York en 1950 et décide de devenir écrivain.

En 1959, elle donne un coup de main à Truman Capote, son camarade d’enfance, qui se lance dans un projet ambitieux : l’écriture du roman documentaire « De sang-froid » (In cold blood), basé sur un quadruple meurtre réel. Elle l’aide dans ses recherches et l’assiste dans les entretiens qu’il mène à Holcomb dans le cadre de son enquête sur le crime en question. Truman lui dédie le roman et la remercie pour son travail à ses côtés.

Le premier roman d’Harper Lee paraît en 1960 : « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ». Le succès est immédiat et ne se démentira jamais. Souvent étudié à l’école, ce roman est devenu un classique de la littérature américaine.

Pendant longtemps, elle ne publiera pas d’autre roman, déclarant qu’elle avait dit ce qu’elle avait à dire.

Va et poste une sentinelle

Fin 2014, à l’âge de 88 ans, elle aurait donné son accord pour publier un manuscrit qui traînait depuis des décennies dans un tiroir, « Va et poste une sentinelle ». Pourquoi ce changement d’avis après 54 ans ? Parce qu’elle aurait été poussée par son avocate ? son éditeur ? Parce qu’elle n’était plus protégée par sa sœur, décédée en 2011 ?

Ce roman a été écrit avant « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ». Il présente Scout et sa famille 20 ans après les faits du premier roman.

Au final, une énorme déception. Le style n’est pas au point. Les personnages n’ont pas les mêmes traits de caractère entre les deux livres. Certains souvenirs relatés présentent des faits différents de ceux qui se sont déroulés dans « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ». « Va et poste une sentinelle » n’est peut-être qu’un premier mauvais jet du futur classique. Et une opération marketing de fort mauvais goût. À éviter.

Pour moi, Harper Lee restera l’auteure géniale d’un unique roman, génial lui aussi : « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ». Après, chacun pourra se faire son opinion.

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