Zineb Mekouar – La poule et son cumin
(Roman / 2022)

Pour son premier roman, Zineb Mekouar signe une œuvre marquante, portée par une plume précise et délicate. Elle nous propose une vision éclairée et éclairante de la condition de la femme marocaine et de la lutte des classes dans ce pays au 21e siècle.
L’auteure n’élude rien. Ni les doutes, ni les souffrances, ni les comportements qui scandalisent, ni la beauté du pays, ni les liens réciproques en « je t’aime moi non plus » entre la France et le Maroc, ni cette cruelle réalité : ceux qu’on estime et qu’on remercie sont parfois ceux qui nous poignardent dans le dos. Un roman instructif pour ma part. Révoltant et en même temps source d’espoir.
Zineb Mekouar a tissé une magnifique histoire autour de l’amitié entre deux jeunes femmes, élevées ensemble malgré une différence sociale qui aurait dû les tenir irrémédiablement éloignées l’une de l’autre. Ces beaux sentiments adoucissent la présentation factuelle d’une situation tendue entre le poids des traditions, l’omniprésence d’une religion, l’importance de la famille avec ses bons côtés mais aussi ses aspects étouffants, la fragilité d’une société, le clivage entre riches et pauvres, l’hypocrisie de l’hymen et le chemin à parcourir aux femmes et aux hommes pour enfin vivre sur un pied d’égalité, dans le respect mutuel.
Un roman émouvant. Une réussite totale.
La cerise sur ce gâteau appétissant est bien entendu le titre, la poule et son cumin, une expression marocaine qui veut dire… oh et puis non. Je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même. Bonne lecture !
Extraits
Ne te laisse pas définir par son regard. Sa réaction t’apprend plus de choses sur lui que sur toi. (p.133)
Qu’elle vive. Tout le reste, c’est de la littérature.
L’auteure et son œuvre
Zineb Mekouar est née en 1991 à Casablanca. Elle vit à Paris depuis 2009. Après La poule et son cumin, elle a publié son deuxième roman, Souviens-toi des abeilles, en 2024.
Mon Zineb Mekouar ++
Je n’ai pas encore lu Souviens-toi des abeilles.
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Mai 2016. Alma Revel est juge antiterroriste. Dans le cadre de cette fonction, elle est amenée à prendre des décisions lourdes de conséquences. Pour son pays, mais aussi pour les jeunes suspectés d’avoir prêté allégeance à l’Etat islamique. Obnubilée par sa mission à tout instant, menacée de mort, insultée, il lui revient de décider qui sera libéré ou non. Avec l’insidieuse question qui tourne dans la tête : risque-t-elle de relâcher un monstre dans la nature ou au contraire d’enfermer un innocent qui tournera mal en prison ?
Comment savoir si le jeune de retour de Syrie est honnête ? Où est la vérité dans toutes les vérités possibles, exprimées, cachées ? Comment prendre le risque qu’un fanatique perpètre un énième attentat ? Mais comment justifier d’emprisonner un innocent ?
À côté de ce métier qui lui ronge la santé, elle a une liaison. Son couple bat de l’aile. Elle hésite à divorcer à cause des enfants, de la bonne décision à prendre, d’un choix là aussi irrévocable.

Un roman extrêmement touchant.
Le narrateur raconte son expérience dans un Parc royal du Kenya où les animaux sauvages sont protégés de la cupidité et de la bêtise des hommes.
L’histoire de la relation entre un lion et les humains qui l’ont sauvé, bébé. L’histoire d’une jeune fille dont le terrain de jeu est la nature sauvage et ce lion son meilleur ami. L’histoire de la force de cet amour innocent. L’histoire du choc des civilisations entre colonisateurs et colonisés africains. L’histoire des tensions dans une famille dont les membres n’ont pas les mêmes rêves. L’éternelle histoire de la cruauté et de la bêtise des hommes, de ses aspirations, de ses règles, de sa vanité, de ses faiblesses. Ce sont de magnifiques descriptions de paysages et d’animaux aussi.
J’ai été subjugué par ce récit à la fois simple et puissant. A lire au moins une fois dans sa vie.

Tout a commencé par une jaunisse pour le narrateur. Ça s’est fini en coup de cœur pour moi. Quelle histoire !
J’avais entendu du bien de cet auteur allemand que je n’avais jamais lu et aussi que ce livre était accessible dans sa langue originale. Lorsque je l’ai vu dans une librairie allemande (oui, il m’arrive de me détendre dans des librairies non francophones, pour l’ambiance), je n’ai pas hésité. Cela faisait tellement longtemps que j’avais envie de relire un livre dans la langue de Goethe. Der Vorleser m’a semblé un candidat idéal. Je ne regrette rien !
J’ai adoré me replonger dans cette langue riche, aux sonorités pleines et si différentes du français. J’ai adoré retrouver des mots puissants, qui n’ont pas d’équivalents chez nous au niveau de leur intensité : Sehnsucht nous emmène loin dans la tête, Heimat prend aux tripes, les deux peuvent briser le cœur et la raison.
J’ai adoré l’histoire surtout.
Je n’avais pas lu la quatrième de couverture et j’ignorais dans quoi je m’embarquais. Bernhard Schlink m’a promené, ému, surpris, crispé, bouleversé. Il est même passé par ma chère Alsace, c’est dire. Si vous souhaitez le lire sans rien en connaître, ce qui m’a très bien réussi et que je ne peux que vous conseiller, sautez le prochain paragraphe.
Pour ceux qui veulent savoir, c’est ici. À quinze ans, le narrateur entretient une relation avec une femme plus âgée que lui. Il la perdra de vue, la retrouvera lors d’un procès concernant la deuxième guerre mondiale. Le roman part d’une jaunisse, passe aux premiers émois amoureux et à ses découvertes et interdits, pour arriver à Auschwitz. Et ce n’est pas tout, mais je ne vais pas tout révéler non plus. En revanche, l’art et la manière avec laquelle l’auteur présente la culpabilité et la honte sont tout simplement admirables. Celles du garçon, de l’homme qu’il deviendra, de celles qui ont mal agi dans les camps, de toute une génération, de toute une nation.
En conclusion, un roman formidable, qui prête à réflexion. Lisez-le, ce Le liseur, si vous ne le connaissez pas. Je vous souhaite d’être secoué et retourné comme je l’ai été.
Des livres de cet auteur à conseiller ?

Le soleil des Scorta a tout pour me plaire. Certainement tout pour plaire.
Commençons par les personnages. Ils ont une personnalité affirmée. Ils expriment une volonté farouche d’aller au bout de leurs idées, même lorsqu’ils se taisent ou n’ont pas idée de ce qu’ils veulent vraiment. Ils affichent du caractère. Ils sont chauds, simples et complexes, droits dans leurs bottes même s’ils sont voleurs ou n’ont pas les moyens de se chausser. Ils sont solidaires, parfois à leur manière. Ils ont le sens de l’honneur. Ils ont le sens de la famille, toujours. Ils sont entiers, surtout. Tous.
Le cadre. Les Pouilles. Le sud de l’Italie. Une région pauvre. Fière. Attachée à sa terre et à ses traditions. Un village de carte postale écrasé sous la chaleur du sud. Un climat qui mène la vie rude à ses habitants. Des villageois qui y naissent et y meurent pour la plupart. Un coin du bout du monde où le curé, représentant de Dieu sur Terre, fait la leçon à ses paroissiens qui écoutent, tête basse. Du moins tant que le curé les comprend et accepte d’être un des leurs. Un lieu hors du temps, qui a toujours été et qui sera toujours. Tant que le soleil y fera pousser des oliviers et que la mer fournira du poisson.
L’histoire. Un amour malheureux qui débouche sur une lignée qu’on méprise, qu’on maltraite, qu’on craint, qu’on aime et qu’on protège quand même, ne font-ils pas partie du village ? Une histoire de famille, d’amour, de transmission. Une histoire universelle.
L’écriture de Laurent Gaudé, enfin. Ciselée, majestueuse, précise, tranchante, émouvante, d’une force évocatrice impressionnante, poétique.
Un roman puissant, bouleversant, inoubliable. Un chef-d’œuvre.
(prix Goncourt, mais c’est si peu important, comparé à la magnificence de ce récit)

D’un papillon à une étoile, le premier roman d’Éloïse Riera, est une histoire de voyages.
Un voyage vers les étoiles, sans la distance, sans les années-lumière, sans Kourou ni Cap Canaveral. Un voyage en émotion, avec la plume délicate de l’auteure. Un voyage à la découverte de l’Espagne, rêve d’un père à qui on a annoncé qu’il allait mourir sous peu. Un voyage de reconstruction d’une famille, organisé par une fille du père, qui a envie de recoller les morceaux tant qu’il en est encore temps. Un voyage de révélations, faites les uns aux autres, découvertes en chacun, parce qu’un voyage intérieur aussi pour chaque voyageur. Un voyage vers l’espoir parce que si tout voyage a une fin qui arrive trop tôt, programmée ou tragique, chaque voyage laisse des souvenirs impérissables. Un voyage qui nourrit l’âme. Un voyage pour fêter la famille et la vie.
D’un papillon à une étoile est puissant et poétique, intense et éthéré. On sent que pour écrire ce roman presque intime, Éloïse Riera a puisé de la force et de la sérénité dans une étoile qui compte particulièrement pour elle et qui brille plus que jamais de fierté pour sa fille.
Je ne peux que vous conseiller d’entreprendre ce voyage. Et également de profiter de vos proches, le temps file à une vitesse vertigineuse.
Merci Éloïse Riera pour ce voyage.




