Dolen Perkins-Valdez – Prends ma main
(Roman / 2022 / Take my hand)

Une jeune infirmière noire est embauchée au Planning familial, à Montgomery, un service officiel du gouvernement des USA aidant les pauvres à assurer leur contraception pour éviter qu’ils ne se retrouvent avec trop de bouches à nourrir. Elle se pose rapidement des questions.
Dolen Perkins-Valdez s’est inspirée de faits réels pour écrire ce roman poignant, et notamment de l’histoire de deux sœurs, Minnie Lee et Mary Alice Relf, jeunes afro-américaines stérilisées contre leur gré en 1973 à l’âge de 12 et 14 ans.
S’appuyant sur une documentation précise, elle dénonce avec force et maîtrise ce scandale indicible qui a fait des ravages dans les couches défavorisées de la population américaine, essentiellement chez les Noirs et chez les Indiens, mais aussi dans le milieu carcéral, le tout avec la bénédiction du gouvernement de l’époque. Le milieu médical américain n’était pas à son coup d’essai : des Noirs atteints de syphilis avaient déjà été pris pour cobayes pour suivre l’évolution de cette maladie.
Un roman nécessaire, pour alerter, informer, se souvenir, éviter qu’une telle ignominie ne se reproduise.
Mon seul regret ne concerne pas le roman, qui est parfait, mais la note de l’auteure en fin d’ouvrage qui explique l’horreur de ces stérilisations forcées à grande échelle, perpétrée sur la population noire, sur des personnes jugées inaptes et sur des détenues, mais qui oublie de mentionner que les populations amérindiennes ont également été victimes de ces pratiques inadmissibles.
Un incontournable pour qui aime les romans historiques de ce genre. Bouleversant.
L’auteure et son œuvre
Dolen Perkins-Valdez est née à Memphis. Après des études au Harvard College, elle enseigne la littérature. Essayiste et romancière, elle a publié quatre romans à ce jour : Wench (2010), Balm (2015), ces deux premiers romans se déroulant autour de la Guerre de Sécession, Take my hand (Prends ma main, 2022) et Happy land (2025).
Mon Dolen Perkins-Valdez ++
Prends ma main étant le seul roman traduit de Dolen Perkins-Valdez, je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.
À découvrir aussi
Laurent Gaudé – Le soleil des Scorta
Vicki Myron – Dewey
Mes écrits
Ainsi a-t-il été (roman)
Mieux vaut très tard que jamais (roman)
39 hommes en galère (nouvelles)
l'R de rien (roman)
J'ai couché (roman)
Un instant d'égarement (roman)
Gris comme la mort (roman)
Entretiens avec Claude (essai)
Entretien avec Claude 4.5 (essai)
Commander en format papier
Commander en format numérique
Acheter en librairie, Au Bonheur des Livres (Strasbourg)
Si vous appréciez mes livres,
faites-le savoir sur Amazon, Babelio, Goodreads, sur vos réseaux et autour de vous !
Vous êtes ma meilleure carte de visite.



Je vous présente un nouvel épisode de La Guerre de la Toile : L’Empire lobotomise !
Cet essai d’Etienne Le Reun ne s’adresse pas aux gens heureux. Il ne faudrait pas les déprimer.
S’anomaliser est une voix sortie du néant qui parlera à ceux qui doutent, s’interrogent sur la santé mentale de la société, se disent qu’il y a sûrement mieux à faire que de se transformer en mouton ou en casseur, s’insurgent contre l’uniformisation de la pensée. Cet essai rassemblera ceux qui sont excédés par l’Emprise numérique qui reflète l’Empire, par la place prise aujourd’hui par l’indéboulonnable petit gadget technique de 7 centimètre sur 15 qui absorbe les couleurs et l’attention de milliards d’intoxiqués au m’as-tu vu, à l’idolâtrie du néant, au direct plus-c’est-effrayant-ou-spectaculaire-mieux-c’est, au format le-plus-court-possible, à l’instantané aussitôt oublié, aux pouces hérités de l’Empire romain, aux avis creux et partagés. Il parlera à ceux qui sortent des chemins balisés, à ceux qui créent ce qui n’est pas attendu, à ceux qui traversent la route en-dehors des passages cloutés, à ceux qui osent. Mais aussi à ceux qui hésitent, n’osent pas encore, se rendent compte qu’il y a un problème de mur qui se rapproche, aimeraient mais ne savent pas comment, se sentent seuls et perdus. À ceux qui aspirent à la désintoxication.
Cet essai remet le poète au centre de l’alternative. Des mots pour combattre les maux. Vieux rêve des combattants qui ne jurent pas par le sang.
S’anomaliser s’adresse aux naïfs, aux invisibles, à ceux qui arrivent encore à s’émerveiller, à voir le beau, à ceux qui n’abdiquent pas et cultivent la différence dans leur coin.
L’Empire n’a qu’à bien se tenir. Le Gris ne l’emportera pas !
S’anomaliser est-elle la voie à suivre ? Je n’en sais rien, ma pauvre Leia ! Mais si ce n’est pas la voie, c’est au moins une voix. Et comme disait l’autre, dans le marasme actuel, chaque voix compte !
Essai transformé, bravo ! À lire.

Un roman historique, intelligent, instructif, à lire et à faire découvrir.
Printemps 1945. Le sud de la France est libéré. La guerre n’est pas pour autant terminée. Les horreurs non plus. Les survivants ont à reconstruire et à se reconstruire.
Les livres sur la 2eGM ne manquent pas. Claire Deya nous offre un éclairage inédit en s’appuyant sur une page méconnue de ce conflit : le déminage des rives de la Méditerranée.
Les Nazis avaient une longueur d’avance dans la technique des mines. Le minage des plages, routes et bâtiments avant la retraite est une nouvelle corde ajoutée à la politique de la terre brûlée, sournoise, meurtrière. Les mines seront reprises dans d’autres guerres, tuant et mutilant des civils des années après la fin des conflits.
Un monde à refaire ne se limite pas à cet épisode douloureux qui a vu la France utiliser des prisonniers de guerre pour « vérifier » l’efficacité du déminage, qui a vu l’Allemagne abandonner longtemps ses prisonniers, qui a aussi vu un travail collaboratif entre volontaires français et prisonniers allemands pour venir à bout de ce travail funeste.
Plusieurs histoires de la grande Histoire sont imbriquées dans ce récit. Le déminage. Le débarquement de Provence, moins médiatisé que l’autre. Le sort des prisonniers de guerre. Mais aussi des traumatismes d’après-guerre. Les vies bouleversées. Les gens qui ont changé. Faut-il tenter de rassembler des morceaux chahutés par les événements ou repartir de zéro ? Le retour des survivants. La spoliation de biens. La solution de facilité de « ne pas faire d’histoires », et tant pis pour les dénonciations racistes, jalouses, méchantes, tant pis pour les victimes de ces actes malveillants, cupides ou stupides et tant pis pour les biens perdus ? Comment rebondir ?
De nombreuses pistes de réflexion, sans morale, ni réponses évidentes. Ou alors une seule : la vie continue.
Des histoires personnelles poignantes. Un ton d’une grande sensibilité et des personnages justes. Un roman exceptionnel. Une réussite totale.


