LECTURE DE JUIN 2022
Le jour avant le lendemain, de Jorn Riel. L’histoire d’une vieille femme d’un peuple du Groenland. Traditions, tragédies et rencontre avec l’homme blanc au programme de ce roman court mais marquant.
Bonne lecture !
Le jour avant le lendemain, de Jorn Riel. L’histoire d’une vieille femme d’un peuple du Groenland. Traditions, tragédies et rencontre avec l’homme blanc au programme de ce roman court mais marquant.
Bonne lecture !
(Roman / 1975 / Før morgendagen)

Dans le nord-est du Groenland, Ninioq, la femme la plus âgée de sa tribu, et son petit-fils Manik se portent volontaires pour organiser le séchage du stock de viande sur une petite île, Neqe. Kongujuk, une autre vieille femme, se joint à eux. Ils passeront l’été sur Neqe en attendant que les bateaux reviennent les chercher pour le retour à l’habitat d’hiver. Ninioq profite du calme de cet été pour transmettre à son petit-fils traditions, légendes, histoires de famille et gestes utiles du quotidien pour survivre dans ce milieu hostile.
Un roman court, sombre et lumineux, bouleversant.
Un livre très instructif sur le mode de vie des peuples du Groenland et sur la rencontre de ces tribus du bout du monde avec l’homme blanc, sur leur vision de ces énigmatiques étrangers et sur ce que ceux-ci leur ont apporté.
Une histoire magnifiquement écrite par Jorn Riel, un conteur-né.
Une petite perle qui marque encore longtemps après avoir refermé le livre.
Jorn Riel est né le 23 juillet 1931 à Odense, au Danemark. Son enfance a été bercée par les récits de Knud Rasmussen et de Peter Freuchen. Il s’engage en 1950 dans une expédition scientifique dirigée par Lauge Koch. Il part pour le nord-est du Groenland et y demeure pendant seize ans.
Son attachement pour les tribus du Groenland et sa riche expérience personnelle dans les contrées du grand nord ont une forte influence sur son œuvre littéraire. Il écrit ainsi une dizaine d’ouvrages intitulés « Racontars arctiques », courtes fictions mettant en scène des personnages récurrents, des trappeurs du nord-est du Groenland amoureux de celle qui manque souvent cruellement sur la banquise : la femme. Il écrit aussi trois trilogies consacrées au grand nord : « La maison de mes pères », « Le chant pour celui qui désire vivre » et « Le garçon qui voulait devenir un être humain ». Cette moitié arctique de son œuvre est dédiée à Nugarssunguaq, sa petite-fille groenlandaise, et à Paul-Emile Victor qu’il a côtoyé au Groenland.
Parmi ses autres écrits, « La faille » dont l’action est située chez les Papous de Nouvelle-Guinée.
Jorn Riel, après ses aventures dans le froid du nord, est parti pour ses vieux jours vivre en Malaisie, « histoire de décongeler » comme il s’amuse à le dire.
Jorn Riel est un écrivain populaire au Danemark mais aussi ailleurs : son œuvre a été traduite dans une quinzaine de langues.
Je n’ai lu que ce roman de cet auteur pour le moment.
Christophe Maignan – Ces cas, à part
Lisa Gardner – Série « DD Warren »
Mes écrits
Ainsi a-t-il été (roman)
Mieux vaut très tard que jamais (roman)
39 hommes en galère (nouvelles)
l'R de rien (roman)
J'ai couché (roman)
Un instant d'égarement (roman)
Gris comme la mort (roman)
Entretiens avec Claude (essai)
Entretien avec Claude 4.5 (essai)
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(Roman / 2013 / The son)

L’histoire du Texas de 1850 à nos jours à travers trois personnages d’une même famille mais de trois générations différentes.
Eli McCullough, le Colonel, a été enlevé par les Comanches à l’âge de 11 ans. Il a vécu parmi eux pendant trois ans. De retour chez les Blancs, il a participé à la guerre de Sécession avant de bâtir un empire.
Peter, l’un des fils du Colonel, est sidéré par les méthodes violentes de son père. Révolté dans l’âme, il s’oppose comme il le peut à la tyrannie et à la loi du plus fort.
Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, ambitieuse et sans scrupules comme le Colonel, se retrouve à la tête de la fortune familiale et s’efforce de consolider cet héritage.
Philipp Meyer nous raconte l’histoire du Texas, des bisons au pétrole, des massacres perpétrés par les Blancs, les Indiens et les Mexicains aux week-ends entre riches propriétaires, des vols des terres perpétrés par les uns et les autres, les victimes étant toujours outrées d’être dépossédées à leur tour de ce qu’ils s’étaient eux-mêmes approprié par la violence. Une Histoire qui s’écrit dans le sang, dans la destruction de la nature, dans l’extermination des peuples, la sauvagerie des uns n’ayant rien à envier à celle des autres.
L’auteur tient habilement le lecteur en haleine en naviguant entre les époques, en distillant informations et rebondissements au compte-goutte, à travers les trois points de vue de ses personnages principaux. Trois visions, trois voix, trois styles narratifs. Le tyran qui dans sa jeunesse a vu sa famille massacrée sous ses yeux. La conscience familiale, dépitée et se sentant coupable pour tous les autres. Et la femme qui se bat pour réussir dans un milieu encore dominé par les mâles machistes, usant elle-même de procédés impitoyables.
Une vaste galerie de personnages secondaires participe avec bonheur à cette fresque grandiose, imposante en taille et en qualité, qui se construit comme un puzzle géant.
L’histoire des McCullough peut être perçue comme un (excellent) prétexte pour raconter l’Histoire du Texas, elle n’en demeure pas moins prenante.
Un roman palpitant, émouvant, instructif historiquement, empreint d’humanité malgré la violence omniprésente. Un grand roman.
A lire.
Les gens ont toujours un faible pour le perdant. Jusqu’à ce qu’il s’agisse de prendre sa défense. (p.241)
La terre avait soif. Quelque chose de primitif y réclamait son dû. (p.586)
Un être humain, une vie – ça méritait à peine qu’on s’y arrête. Les Wisigoths avaient détruit les Romains avant d’être détruits par les musulmans, eux-mêmes détruits par les Espagnols et les Portugais. Pas besoin de Hitler pour comprendre qu’on n’était pas dans une jolie petite histoire. Et pourtant, elle était là. A respirer, à penser à tout cela. Le sang qui coulait à travers les siècles pouvait bien remplir toutes les rivières et tous les océans, en dépit de l’immense boucherie, la vie demeurait. (p.587)
Il y avait dans l’air un certain parfum, apaisant, sucré. Elle le reconnut : le baume de Judée. Est-ce que les bourgeons des peupliers de Virginie étaient déjà sortis ? Elle ne se souvenait plus. (p.756)
Ils croyaient que personne n’avait le droit de leur prendre ce qu’eux-mêmes avaient volé. Mais c’était pareil pour tout le monde : chacun s’estimait le propriétaire légitime de ce qu’il avait pris à d’autres (p.775)
Philipp Meyer est né le 1er mai 1974 à New York.
Il a écrit deux romans à ce jour :
Un arrière-goût de rouille (2009 / American rust)
Le fils (2013 / The son)
Je n’ai lu que « Le fils » de cet auteur à ce jour
Delia Owens – Là où chantent les écrevisses
Vassili Peskov – Ermites dans la taïga
Mes écrits
Ainsi a-t-il été (roman)
Mieux vaut très tard que jamais (roman)
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Je serai ravi de vous lire. À vos plumes ! Même adresse pour vos demandes de collaboration ou de partenariat. Claude GriesmarMe suivre
La lettre oubliée, de Nina George. Un roman qui présente une pharmacie littéraire qui soigne les maux de l’âme et une belle histoire qui tourne autour.
Bonne lecture !
(Roman / 2013 / Das Lavendelzimmer)

Jean n’est pas un libraire comme les autres. Avec sa « pharmacie littéraire », il prescrit des livres pour guérir les maux de l’âme. S’il connaît le remède pour les autres, lui n’a pas encore trouvé le sien. Quand Manon l’a quitté, 21 ans plus tôt, elle lui a laissé pour toute explication une lettre qu’il n’a jamais eu le courage d’ouvrir. Depuis, sa vie s’est arrêtée. Mais son destin va basculer le jour où il découvre le terrible secret de Manon. Pour Jean, c’est le début d’un long périple au pays des souvenirs, en plein cœur de la Provence, qui sera son voyage vers la renaissance. (quatrième de couverture)
Une bonne idée de base : les livres pour soigner l’âme. Le médecin : le libraire Jean Perdu. Perdu lui-même, il ira au bout de sa quête pour se retrouver.
« La lettre oubliée » bénéficie d’une double filiation, qui rend ce roman doublement attachant.
Il fait partie de ces livres qui font du bien, comme « La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry » de Rachel Joyce, « Changer l’eau des fleurs » et « Les oubliés du dimanche » de Valérie Perrin, « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » de Mary Ann Shaffer et Annie Barows, et « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de Jonas Jonasson.
Il appartient aussi à ces romans qui font aimer les livres, comme « Au bon roman » de Laurence Cossé, « 84, Charing Cross Road » de Helene Hanff, le cycle du « Cimetière des livres oubliés » de Carlos Ruiz Zafon ou celui de « Cœur d’encre » de Cornelia Funke.
Une lecture agréable, pas prise de tête, apaisante. Du rire, des larmes. Un livre délicieux capable de dessiner des sourires sereins sur les visages de ses lecteurs. Avis aux amateurs !
– Le mal du pays n’est qu’une forme de chagrin d’amour, mais plus grave. (p.122)
« N’écoute jamais la peur ! Elle rend idiot. » (p.153)
Nous sommes immortels dans les rêves de ceux qui nous aiment, et nos morts continuent de vivre dans nos rêves bien après leur disparition. Le monde des songes est la passerelle qui relie les différents mondes, le temps et l’espace. (p.173)
– Ici, les gens travaillent et vivent pour l’avenir. Ils pensent à ceux qui viendront après eux. Et ceux-là, quand leur tour viendra, feront pareil. C’est quand une génération arrête de penser à la suivante et qu’elle veut tout changer pour elle-même que commence la déchéance d’un pays. (p.179)
L’habitude est une déesse dangereuse et vaniteuse. Elle ne tolère pas que l’on interrompe son règne. Elle tue dans l’œuf une envie après l’autre. L’envie de voyager, l’envie de changer de boulot, l’envie d’un nouvel amour. Elle empêche de vivre comme on le voudrait. Parce qu’à force d’habitude, nous oublions de nous demander si nous voulons vraiment ce que nous faisons. (p.237)
Nina George est née le 30 août 1973 à Bielefeld, en Allemagne. Écrivaine et journaliste, elle a écrit plus de 25 livres sous son nom, sous le pseudonyme de Anne West ou, associée à son mari, sous celui de Jean Bagnol. Traduite dans 37 langues, son best-seller le plus connu est « La lettre oubliée ».
Je n’ai lu que ce roman de cette auteure.
Aurélie Filippetti – Les idéaux
Orane Dupont – Les maux contraires
Mes écrits
Ainsi a-t-il été (roman)
Mieux vaut très tard que jamais (roman)
39 hommes en galère (nouvelles)
l'R de rien (roman)
J'ai couché (roman)
Un instant d'égarement (roman)
Gris comme la mort (roman)
Entretiens avec Claude (essai)
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Jacques Brel – Vieillir
Flatland, d’Edwin A. Abbott. Un vieux classique de science-fiction qui présente la découverte de la troisième dimension dans un monde où il n’en existe que deux. Un roman qui fait sourire mais qui prête aussi à réflexion.
Bonne lecture !
(Science-fiction / 1884 / Flatland: a romance of many dimensions)

Bienvenue à Flatland, un monde à deux dimensions peuplé de figures géométriques plates ! Le statut social d’un homme est déterminé par son nombre de côtés et sa régularité. Plus le polygone a de côtés, plus l’homme occupe une place de choix dans la société. Les prêtres ont une forme parfaite : un cercle. Les femmes sont des segments de droite. Les Irréguliers incurables sont éliminés.
Un jour, un Carré croise un individu prétendant venir d’une autre dimension, un Cercle qui affirme être en réalité une Sphère. Une fois convaincu de l’existence de la troisième dimension, le Carré tentera d’annoncer cette incroyable nouvelle aux autorités.
« Flatland » est un roman étrange au premier abord. Satire sociale dénonçant l’Angleterre victorienne, rigide et discriminatoire ? Allégorie religieuse ? « Flatland » est les deux à la fois.
Tous les habitants ont l’ambition de grimper dans la hiérarchie de ce système de castes, sauf les femmes condamnées à demeurer éternellement au bas de l’échelle sociale. Les lois de Flatland sont cruelles. Toute tentative de changement est vivement réprimée.
Sous ses airs de gentille fable, « Flatland » se révèle rapidement être une dystopie. Le traitement réservé aux femmes, au trait misogyne volontairement accentué, prête à réfléchir. Celui réservé aux Irréguliers fait froid dans le dos.
Cette œuvre originale d’une autre époque s’est transformée en classique indémodable de la science-fiction. Malheureusement toujours trop d’actualité.
Edwin Abbott Abbott (20 décembre 1838 – 12 octobre 1926) était un professeur et théologien anglais.
Lord Dunsany – La fille du roi des elfes
Georges Bernanos – Journal d’un curé de campagne
Mes écrits
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