Joël Dicker – L’énigme de la chambre 622

(Policier / 2020)

Couverture du roman L'énigme de la chambre 622 de Joël Dicker

Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.
Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.
Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier ?

 Avec la précision d’un maître horloger suisse, Joël Dicker nous emmène enfin au cœur de sa ville natale au fil de ce roman diabolique et époustouflant, sur fond de triangle amoureux, jeux de pouvoir, coups bas, trahisons et jalousies, dans une Suisse pas si tranquille que ça. (quatrième de couverture)

Commentaire

« L’énigme de la chambre 622 » est un roman, un jeu de pistes et un jeu de dupes, tout à la fois.

Une fois qu’on suit les pas de l’Ecrivain, il faut s’accrocher pour ne pas se perdre dans les méandres du temps et des faux-semblants. Joël Dicker distille ses indices au compte-goutte et le puzzle prend peu à peu forme, au fil des péripéties et de l’avancée de l’enquête.

Les personnages (caricaturaux, c’est ce qui fait en grande partie leur charme) sont en partie de la haute société. Les moins aisés se font passer pour des Habsbourg ou des Romanov et s’invitent au banquet des plus fortunés, ou alors sont des domestiques au service de ces mêmes nantis.

Certains rebondissements sont osés. Le vaudeville n’est jamais très loin.

« L’énigme de la chambre 622 » est aussi une promenade en Suisse, entre ses banques, ses palaces et ses intrigues échappant au commun des mortels.

Enfin, « L’énigme de la chambre 622 » est un hommage touchant de Joël Dicker à Bernard de Fallois, son éditeur et maître à qui il doit en grande partie son succès.

Un roman dans un format original et une belle réussite pour qui parvient à garder les idées claires entre présent et les très nombreux retours en arrière dans différentes temporalités.

Extrait

La vie est un roman dont on sait déjà comment il se termine : à la fin, le héros meurt. Le plus important n’est donc pas comment notre histoire s’achève, mais comment nous en remplissons les pages. Car la vie, comme un roman, doit être une aventure. Et les aventures, ce sont les vacances de la vie.

L’auteur et son œuvre

Joël Dicker est un écrivain suisse romand né le 16/06/1985 à Genève. Il écrit en langue française. Il a publié six romans à ce jour :

– Les derniers jours de nos pères (2010)
– La vérité sur l’affaire Harry Quebert (2012)
– Le livre des Baltimore (2015)
– La disparition de Stephanie Mailer (2018)
– L’énigme de la chambre 622 (2020)
– L’affaire Alaska Sanders (2022)

« La vérité sur l’affaire Harry Quebert » a été adapté en série télé.

Mon Joël Dicker ++

Je n’ai lu que ce roman de cet auteur.

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Paula Hawkins – La fille du train

(Thriller / 2015 / The girl on the train)

Couverture du roman La fille du train de Paula Hawkins

Rachel prend le train deux fois par jour, le matin pour se rendre à Londres et le soir pour retourner dans sa banlieue. Sur le trajet, le convoi s’arrête systématiquement à un endroit où elle a loisir d’observer les occupants d’une maison, leur intimité. Elle idéalise ce couple, leur invente une vie. Elle connaît de surcroît bien le quartier : elle y a habité et y a vécu des jours heureux avec Tom.

Mais les apparences sont parfois trompeuses et à force de trop surveiller les gens et s’immiscer dans leur existence, on risque de mauvaises surprises. Rachel l’apprendra à ses dépens.

Commentaire

Un excellent thriller/policier !

En partant d’une situation banale, un aller-retour quotidien en train de la banlieue à la capitale, Paula Hawkins tisse une toile pleine de suspense, riche en rebondissements, avec une analyse fine des caractères et des personnalités des protagonistes.

L’héroïne ou plutôt l’anti-héroïne de ce roman n’attire pas spontanément la sympathie du lecteur. Elle s’adonne à du voyeurisme, ment sans vergogne, et j’en passe. Paula Hawkins réussit néanmoins le tour de force de faire en sorte que le lecteur s’attache au fil des pages à ce personnage affligeant. On a envie d’aider la fille du train, de l’empêcher de s’empêtrer dans des situations vouées à l’échec, de lui hurler de réfléchir avant d’agir. On tremble avec elle. Et finalement, comme elle, on a envie de connaître le fin mot de l’histoire. Les pages défilent et on veut savoir ! Impossible de refermer le livre sereinement avant d’en arriver au bout.

Cette histoire palpitante qui n’oublie pas d’aborder des sujets sérieux (violence domestique, alcoolisme au féminin) est à classer entre « Les lieux sombres » de Gillian Flynn qui présente également une anti-héroïne de premier ordre et « Avant d’aller dormir » de SJ Watson pour le suspense.

A lire absolument pour les amateurs du genre, au risque de ne plus prendre le train de la même manière après cette expérience.

L’auteure et son œuvre

Paula Hawkins est née le 26 août 1972 en Rhodésie. Cette écrivaine britannique a grandi en Rhodésie avant de déménager à Londres à 17 ans. Après ses études, elle exerce en tant que journaliste, écrit un livre de conseils financiers pour femmes en 2006. Puis elle se consacre complètement à l’écriture. De 2008 à 2013, elle écrit cinq romans, des comédies romantiques, sous le pseudonyme d’Amy Silver (romans non traduits en français). Enfin, elle publie son premier roman sous son vrai nom en 2015, La fille du train, qui rencontre un succès considérable et est adapté à l’écran. Son deuxième roman sous son vrai nom paraît en 2017 : Au fond de l’eau (Into the water). Le troisième en 2021 : Celle qui brûle (A slow fire burning).

Mon Paula Hawkins ++

Je n’ai lu que ce roman de cette auteure pour le moment.

D’autres lectures
Agatha Christie – La nuit qui ne finit pas
Tracy Chevalier – La jeune fille à la perle

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Agatha Christie – La nuit qui ne finit pas

(Policier / 1967 / Endless night)

Couverture du roman La nuit qui ne finit pas d'Agatha Christie

Le narrateur, Michael Rogers, 22 ans, vit de petits boulots. Issu d’un milieu modeste, débrouillard, il n’arrive pas à se fixer, cherche sa voie. Il rencontre par hasard la jeune, riche et belle Ellie. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Comme dans un conte de fées. Mais une malédiction pèse sur l’Arpent du Gitan. Les broiera-t-elle ou parviendront-ils à saisir le bonheur qui leur tend les bras ?

Commentaire

Ici, ni crime, ni enquête policière, ni énigme, ni recherche de coupable, de mobile ou d’opportunité en début de roman. Dans « La nuit qui ne finit pas », c’est l’ambiance qui prime. On sent qu’il peut à tout moment arriver l’inéluctable. On sent le mal rôder. On ignore comment il frappera et qui, mais on se doute bien qu’un couperet tombera quelque part. Et puis on espère se tromper, on espère que tout finira par s’arranger, que le fragile équilibre en place ne sera pas détruit par un impitoyable cataclysme. Les pages défilent. Le lecteur retient son souffle, respire doucement, pour ne pas rajouter au trouble ambiant, aux menaces proférées par la vieille gitane.

« La nuit qui ne finit pas » est un roman particulier dans l’œuvre d’Agatha Christie. Noir, glauque, étrange, unique. J’ai adoré.

L’auteure et son œuvre

Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller le 15 septembre 1890 à Torquay et morte le 12 janvier 1976 à Wallingfordest, était une femme de lettres britannique. Surnommée la reine du crime, elle a excellé dans le roman policier. Auteure parmi les plus lues et traduites de la planète, elle est notamment connue pour son roman « Dix petits nègres » et pour deux de ses personnages récurrents : Hercule Poirot et Miss Marple, plusieurs fois adaptés au cinéma ou à la télévision, tout comme de nombreuses autres de ses œuvres.

D’autres héros récurrents apparaissent dans les écrits d’Agatha Christie : le Superintendant Battle, Tommy et Tuppence Beresford, Parker Pyne, Harley Quinn et Mr. Satterthwaite ainsi que différents personnages gravitant autour d’Hercule Poirot.

Agatha Christie a écrit 66 romans, 154 nouvelles, une vingtaine de pièces de théâtre, trois recueils de poésie, deux autobiographies, ainsi que six romans non policiers sous le pseudonyme de Mary Westmacott.

Comment aborder l’œuvre d’Agatha Christie ?

Soit vous êtes curieux, vous avez du temps et l’envie de connaître un maximum de livres écrits par la reine du crime, tous ceux d’un personnage en particulier ou carrément la totale. Dans ce cas, je vous souhaite une agréable lecture. La suite de l’article vous guidera à travers l’univers d’Agatha Christie.

Soit vous cherchez une porte d’entrée, un échantillon des différentes facettes de cette auteure hors-normes, avant de vous décider d’attaquer l’intégrale ou une catégorie de livres en particulier. Je vous propose une courte liste de romans qui vous permettra d’avoir un premier aperçu des talents d’Agatha Christie :

Dix petits nègres : le classique, l’incontournable.
Le crime de l’Orient-Express : roman policier mettant en scène le héros récurrent le plus célèbre, Hercule Poirot.
Rendez-vous à Bagdad : roman d’aventures et d’espionnage.
La nuit qui ne finit pas : roman noir.
La mort n’est pas une fin : roman policier atypique, se déroulant en Égypte antique.
Loin de vous ce printemps : roman non policier, écrit sous le pseudonyme de Mary Westmacott
Une autobiographie : en bonus, si la vie de l’auteure vous intéresse.

Si vous avez envie d’en connaître davantage que six romans et une autobiographie sur l’œuvre d’Agatha Christie, je vous invite à lire l’analyse détaillée qui suit.

Personnages récurrents principaux d’Agatha Christie

Hercule Poirot et son petit monde

Détective belge aux moustaches aussi soignées que ridicules (selon certains), Hercule Poirot a une très haute opinion de lui-même et de sa matière grise qui lui permet de résoudre de nombreux crimes en réfléchissant, en assemblant les différents éléments à sa disposition comme un puzzle. À la fin de chaque enquête, il lui plaît de rassembler les différents protagonistes de l’affaire et de présenter ses géniales déductions qui l’ont amené à la solution et au coupable. Fier, il aime qu’on flatte ses capacités intellectuelles personnelles.

Hercule Poirot vit à Londres avec son valet George. Sa secrétaire presque infaillible, Miss Felicity Lemon, figure dans quatre romans et six nouvelles.

Le capitaine Arthur Hastings, fidèle ami de Poirot, apparaît dans huit romans dans lesquels il fait en général office de narrateur et dans de nombreuses nouvelles. Hercule Poirot critique sa lenteur d’esprit et ne lui confie jamais l’identité du coupable avant la mise en scène finale.

Ariadne Oliver compte aussi parmi les amis du détective belge. Cette auteure de romans policiers à succès se retrouve dans six romans et une nouvelle aux côtés de Poirot. Elle enquête sans le détective belge dans le roman Le cheval pâle. Un peu tête en l’air, elle aime mettre l’intuition féminine en avant, en opposition à la rationalité des hommes.

Hercule Poirot croise la route du Superintendant Battle à une reprise, dans Cartes sur table. Il a plus souvent affaire à l’inspecteur Japp avec qui il collabore dans sept romans et plusieurs nouvelles.

Miss Marple

Miss Marple est une vieille dame inoffensive vivant à la campagne, dans le village imaginaire de St. Mary Mead. Partant du principe que « La nature humaine est partout la même », elle résout énigmes et crimes grâce à son intuition et sa connaissance de l’humain. Elle compare le problème posé à des situations analogues ou proches qu’elle a vécues par le passé et en déduit le fin mot de l’histoire. So delicious.

Anecdote concernant Hercule Poirot et Miss Marple

À noter que les dernières enquêtes du détective belge et de Miss Marple ont été écrites au début de la Deuxième Guerre mondiale. Agatha Christie en parle ainsi dans « Une autobiographie » :

« Outre les romans dont j’ai déjà parlé, j’en avais écrit deux autres au cours des premières années de la guerre. Et ce, pour le cas où je viendrais à disparaître durant un raid aérien, éventualité à laquelle on ne pouvait s’empêcher de songer lorsqu’on travaillait à Londres. Le premier était destiné à Rosalind – c’était un « Poirot » -, l’autre à Max : un « Marple ». Sitôt terminés, ces deux manuscrits, fortement assurés, je crois bien, contre tout risque de destruction, furent déposés dans un coffre en banque et officiellement cédés à titre de donation à Rosalind et Max. » (Rosalind sa fille et Max son deuxième mari)

Agatha Christie mettait ainsi les siens à l’abri du besoin avec de potentielles rentrées d’argent, en cas de malheur. Par la même occasion, elle terminait les carrières respectives de ses deux héros les plus fameux.

Avec l’accord de l’auteure, « Poirot quitte la scène » fut publié en 1975, quelques mois avant le décès d’Agatha Christie. « La dernière énigme » (de Miss Marple) est sorti fin 1976, à titre posthume.

Ce décalage entre l’écriture et la publication explique l’excellente qualité de ces deux romans, écrits dans une période fertile et créative d’Agatha Christie.

Superintendant Battle

Le Superintendant Battle appartient à Scotland Yard. Flegmatique, discret et efficace, son bon sens lui est une aide précieuse pour tirer les affaires au clair.

Tommy et Tuppence Beresford

Les Beresford forment un sympathique couple de détectives amateurs qui apparaît dans quatre romans et quinze nouvelles.

Parker Pyne

Parker Pyne est un ancien statisticien pour le gouvernement. Retraité, il entame une nouvelle carrière d’enquêteur au cours de laquelle il souhaite apporter du bonheur à ses clients. Il publie cette annonce dans The Times :

Êtes-vous heureux ?
Dans le cas contraire consultez
Mr Parker Pyne, 17, Richmond Street.

Harley Quinn et Mr. Satterthwaite

Mr. Satterthwaite, parfait gentleman accusant une petite soixantaine, est une figure incontournable des dîners mondains. Il croise par deux fois la route d’Hercule Poirot. Il tient le devant de la scène dans quatorze nouvelles, enquêteur aidé par le mystérieux Harley Quinn.

Détail des romans et nouvelles parues sous le nom d’Agatha Christie

Romans « Hercule Poirot »

La mystérieuse affaire de Styles (1920 / The mysterious affair at Styles)
Le crime du golf (1923 / Murder on the links)
Le meurtre de Roger Ackroyd (1926 / The murder of Roger Ackroyd)
Les Quatre (1927 / The Big Four)
Le train bleu (1928 / The mystery of the Blue Train)
La maison du péril (1932 / Peril at End House)
Le couteau sur la nuque (1933 / Lord Edgware dies)
Le crime de l’Orient-Express (1934 / Murder on the Orient Express)
Drame en trois actes (1935 / Three act tragedy)
La mort dans les nuages (1935 / Death in the clouds)
A.B.C. contre Poirot (1935 / The A.B.C. murders)
Cartes sur tables (1936 / Cards on the table) (dans lequel apparaît également le superintendant Battle)
Meurtre en Mésopotamie (1936 / Murder in Mesopotamia)
Mort sur le Nil (1937 / Death on the Nile)
Témoin muet (1937 / Dumb witness)
Rendez-vous avec la mort (1938 / Appointment with death)
Le Noël d’Hercule Poirot (1938 / Hercule Poirot’s Christmas)
Je ne suis pas coupable (1940 / Sad cypress)
Un, deux, trois (1940 / One, two, buckle my shoe)
Les vacances d’Hercule Poirot (1941 / Evil under the sun)
Cinq petits cochons (1942 / Five little pigs)
Le vallon (1946 / The hollow)
Le flux et le reflux (1948 / Taken at the flood)
Mrs. McGinty est morte (1952 / Mrs McGinty’s dead)
Les indiscrétions d’Hercule Poirot (1953 / After the funeral)
Pension Vanilos (1955 / Hickory Dickory Dock)
Poirot joue le jeu (1956 / Dead man’s folly)
Le chat et les pigeons (1959 / Cat among the pigeons)
Les pendules (1963 / The clocks)
La troisième fille (1966 / Third girl)
Le crime d’Halloween (1969 / Hallowe’en party)
Une mémoire d’éléphant (1972 / Elephants can remember)
Poirot quitte la scène (1975 / Curtain: Poirot’s last case)

Recueils de nouvelles « Hercule Poirot »

Les enquêtes d’Hercule Poirot (1924 / Poirot investigates)
Le miroir du mort (1937 / Murder in the mews)
Les travaux d’Hercule (1947 / The labours of Hercules)
Christmas pudding (1962 / The adventure of the Christmas pudding and a selection of entrées) (comporte également une nouvelle avec Miss Marple)
Témoin à charge (1969 / Witness for the prosecution and other stories)
Le bal de la victoire (1979 / Poirot’s early cases)
Le second coup de gong (1991 / Problem at Pollensa Bay and other stories) (huit nouvelles dont deux avec Hercule Poirot, deux avec Parker Pyne et deux avec Harley Quinn)
Tant que brillera le jour (1997 / While the light lasts and other stories) (deux nouvelles sur les neuf mettent en scène Hercule Poirot)

Avec les ouvrages édités à titre posthume, certaines nouvelles se sont retrouvées dans plusieurs recueils à la fois. Toujours frustrant de se rendre compte qu’on débute la lecture d’un doublon.

Romans « Miss Marple »

L’affaire Protheroe (1930 / The murder at the vicarage)
Un cadavre dans la bibliothèque (1942 / The body in the library)
La plume empoisonnée (1942 / The moving finger)
Un meurtre sera commis le… (1950 / A murder is announced)
Jeux de glaces (1952 / They do it with mirrors)
Une poignée de seigle (1953 / A pocket full of rye)
Le train de 16h50 (1957 / 4:50 from Paddington)
Le miroir se brisa (1962 / The mirror crack’d from side to side)
Le major parlait trop (1964 / A caribbean mystery)
À l’hôtel Bertram (1965 / At Bertram’s Hotel)
Némésis (1971 / Nemesis)
La dernière énigme (1976 / Sleeping murder: Miss Marple’s last case)

Recueils de nouvelles « Miss Marple »

Miss Marple au club du mardi (1932 / The thirteen problems) (comporte 13 nouvelles)
Miss Marple tire sa révérence (1979 / Miss Marple’s Final Cases and Two Other Stories) (six nouvelles avec Miss Marple et deux nouvelles fantastiques)

Romans « Superintendant Battle »

Le secret de Chimneys (1925 / The secret of Chimneys)
Les sept cadrans (1929 / The seven dials mystery)
Un meurtre est-il facile ? (1939 / Murder is easy)
L’heure zéro (1944 / Towards zero)

Romans « Tommy et Tuppence Beresford »

Mr Brown (1922 / The secret adversary)
N ou M ? (1941 / N or M?)
Mon petit doigt m’a dit (1968 / By the pricking of my thumbs)
Le cheval à bascule (1973 / Postern of fate)

Recueil de nouvelles « Tommy et Tuppence Beresford »

Le crime est notre affaire (1929 / Partners in crime)

Recueil de nouvelles « Harley Quinn »

Le mystérieux Mr. Quinn (1930 / The mysterious Mr Quin) (nouvelles policières et fantastiques)

Recueil de nouvelles « Parker Pyne »

Mr. Parker Pyne (1934 / Parker Pyne investigates)

Romans indépendants

L’homme au complet marron (1924 / The man in the brown suit)
Cinq heures vingt-cinq (1931 / The Sittaford mystery)
Pourquoi pas Evans ? (1934 / Why didn’t they ask Evans?)
Dix petits nègres (1939 / Ten little niggers)
La mort n’est pas une fin (1945 / Death comes as the end)
Meurtre au champagne (1945 / Sparkling cyanide)
La maison biscornue (1949 / Crooked house)
Rendez-vous à Bagdad (1951 / They came to Baghdad)
Destination inconnue (1954 / Destination unknown)
Témoin indésirable (1958 / Ordeal by innocence)
Le cheval pâle (1961 / The Pale Horse)
La nuit qui ne finit pas (1967 / Endless night)
Passager pour Francfort (1970 / Passenger to Frankfurt: an extravaganza)

Recueils de nouvelles indépendantes

Le mystère de Listerdale (1934 / The Listerdale mystery and other stories)
Le flambeau (1981 / The hound of death and other stories) (nouvelles fantastiques)
Trois souris… (1985) (recueil composé d’une nouvelle inédite en France, Trois souris (1948 / Three blind mice), et de cinq nouvelles déjà parues dans d’autres recueils mettant en scène Miss Marple ou Hercule Poirot)

Pièces de théâtre

Black coffee (1930), adaptée au cinéma, Charles Osborne en a écrit un roman en 1998.
Akhenaton (1937 / Akhnaton), publiée seulement en 1973, considérée par l’auteure comme un des sommets de son œuvre.
La souricière (1952 / The mousetrap), adaptation de sa nouvelle « Trois souris », le plus gros succès d’Agatha Christie au théâtre.
La toile d’araignée (1954 / Spider’s web), Charles Osborne en a écrit un roman en 2000.
Verdict (1958)
Le visiteur inattendu (1958 / The unexpected guest), Charles Osborne en a écrit un roman en 1999.
Règle de trois (1962 / Rule of three), trois pièces d’un acte (The rats, Afternoon at the seaside, The patient).
Fiddlers three (1971)

Et d’autres pièces, adaptations de romans ou de nouvelles de l’auteure.

Recueils de poèmes

The road of dreams (1925)
Star over Bethlehem (1965), recueil de poèmes et de nouvelles
Poems (1973)

Autobiographies

Dis-moi comment tu vis (1946 / Come, tell me how you live)
Une autobiographie (1977 / An autobiography)

Romans non policiers publiés sous le pseudonyme de Mary Westmacott

Musique barbare (1930 / Giant’s bread)
Portrait inachevé (1934 / Unfinished portrait)
Loin de vous ce printemps (1944 / Absent in the spring)
L’if et la rose (1948 / The rose and the yew tree)
Ainsi vont les filles (1952 / A daughter’s a daughter)
Le poids de l’amour (1956 / The burden)

Mon Agatha Christie ++

Un livre d’Agatha Christie se déguste en automne ou en hiver, au coin de la cheminée, confortablement installé dans son fauteuil préféré, pantoufles aux pieds, un plaid sur les genoux, une boisson chaude à portée de main et le chat roulé en boule dans le canapé voisin, sur son coussin attitré qui épouse parfaitement sa forme.

Ou alors par grand soleil, couché dans son transat à l’ombre d’un parasol, les orteils en éventail, un jus de fruit frais à ses côtés, caressé par une douce brise rendant supportable la chaleur ambiante et la montée de température provoquée par la tension de l’histoire.

Plongé dans l’intrigue du jour, on savoure les aventures des personnages de la romancière, les ambiances cosy et so old british, les déductions élaborées, les fausses pistes, l’humour caustique et l’écriture fluide de celle qui nous fait oublier soucis et mauvais temps. Et puis il y a ce petit jeu au début de chaque enquête : vais-je découvrir le coupable avant la révélation finale ? la manière dont il s’y est pris ? le mobile ? Et quelle satisfaction lorsqu’une des questions trouve une réponse positive au fil des pages !

J’ai lu tous les romans et nouvelles signés Agatha Christie (hormis la nouvelle « Trois souris »), ainsi que sa deuxième autobiographie et les six romans parus sous Mary Westmacott.

Je ne vais pas détailler toute l’œuvre de la reine du crime, mais vous donner mon ressenti, personnage par personnage, de ce qui me paraît essentiel ou non.

J’indique les romans que je déconseille, non pour dénigrer l’auteure ou son œuvre, mais pour éviter à un lecteur novice de démarrer sa découverte d’Agatha Christie par une mauvaise porte d’entrée ou pour aider dans ses choix le lecteur qui n’a pas envie de lire l’intégrale. Les fans de la reine du crime liront tout ou auront déjà tout lu.

Hercule Poirot

J’ai beaucoup apprécié les romans relatant les aventures du détective belge imbu de lui-même. À l’exception de :

Les Quatre : Hercule Poirot traque un quatuor de criminels assoiffés de pouvoir et de richesses. Histoire décousue parce qu’au départ il s’agissait de quatre nouvelles rassemblées ultérieurement par Agatha Christie. La fin n’est pas des plus brillantes non plus.

Un, deux, trois : Hercule Poirot est paniqué à l’idée d’aller chez le dentiste. Après ce début prometteur, ça se gâte malheureusement. Le roman glisse vers l’espionnage et perd de la saveur des enquêtes traditionnelles du détective belge.

Le chat et les pigeons : L’histoire débute au Moyen-Orient. Espionnage et enquête s’entremêlent. Hercule Poirot apparaît fort tard. Moyen. Intéressant à la limite pour l’ambiance dans le pensionnat huppé pour jeunes filles.

Une mémoire d’éléphant : Agatha Christie insiste trop lourdement sur les pertes de mémoire de ses personnages et sur la mémoire d’éléphant. Ce roman de 1972 fait partie de ses dernières œuvres, très dispensables.

Les nouvelles mettant en scène Hercule Poirot sont agréables, sans plus. Je préfère de loin les romans. Le format de la nouvelle ne permet pas au détective belge de donner la pleine mesure de ses talents d’enquêteur, ni aux histoires le temps se mettre en place.

Quatre romans particuliers avec Hercule Poirot :

La mystérieuse affaire de Styles

Premier roman d’Agatha Christie et première enquête d’Hercule Poirot. Le lecteur découvre le détective aux moustaches bien soignées à travers la narration du colonel Hastings. Une entrée en matière réussie pour l’ancien inspecteur de police belge, présent au village de Styles Saint-Mary où un meurtre a été commis.

Le Meurtre de Roger Ackroyd

Un des romans les plus célèbres mettant en scène Hercule Poirot. Roger Ackroyd est assassiné dans son bureau. Le détective belge enquête dans le village où a eu lieu le crime, aidé par ses voisins, le docteur Sheppard, le narrateur de l’histoire, et sa sœur Caroline.

Le crime de l’Orient-Express

Dans le mythique Orient-Express, un passager est assassiné de douze coups de couteau. Le train de luxe est bloqué par la neige en Yougoslavie, le coupable se trouve donc forcément encore à bord. Un autre passager, Hercule Poirot, va enquêter et tenter de démasquer le criminel.

Poirot quitte la scène

Magnifique dernière enquête d’Hercule Poirot qui se déroule à Styles Court, lieu de sa première enquête. Le détective belge bénéficie, comme pour sa première enquête, de l’aide d’Arthur Hastings, son fidèle ami revenu d’Argentine.

Miss Marple

J’ai beaucoup aimé les romans et les nouvelles mettant en scène la vieille dame, à l’exception de deux romans : « À l’hôtel Bertram » qui pourrait être sauvé pour sa très jolie description d’un hôtel vieillot et d’une Angleterre en voie de disparition et « Némésis » qui présente une Miss Marple qui radote et une Agatha Christie qui s’essouffle elle aussi. Pour le reste, que du très bon, du même niveau que les enquêtes du détective belge !

Superintendant Battle

Les quatre romans mettant en scène ce limier du Yard sont excellents. À noter que même si les deux enquêtes sont indépendantes, certains personnages de « Le secret de Chimneys » se retrouvent dans « Les sept cadrans ».

Tommy et Tuppence Beresford

J’ai adoré et détesté. Cela peut sembler paradoxal, mais c’est pourtant la réalité. J’ai adoré les deux premiers romans mettant en scène Tommy et Tuppence (« Mr Brown », « N. ou M. ? »). Et je me réjouissais à l’idée qu’il en existait deux autres présentant les exploits de ce sympathique couple d’enquêteurs. Ma déception a été grande avec « Mon petit doigt m’a dit » et surtout avec « Le cheval à bascule », un des deux pires romans d’Agatha Christie (l’autre sera mentionné dans les romans indépendants). Dans « Mon petit doigt m’a dit », les Beresford vieillissent (mal), l’écriture de la romancière aussi. Les sempiternels « je suis vieux, j’ai oublié… » fatiguent et le scénario est trop mince. « Le cheval à bascule » est pourtant pire. L’histoire commence bien, puis radote, tourne en rond. Dommage de terminer ainsi avec les Beresford qui n’ont pas bénéficié d’une belle dernière aventure écrite, comme pour Hercule Poirot ou Miss Marple, avant qu’Agatha Christie ne décline.

Le recueil de nouvelles « Le crime est notre affaire » est un bonus agréable.

Harley Quinn / Parker Pyne

Je regroupe ces deux personnages récurrents dans le même paragraphe, même s’ils n’ont rien à voir l’un avec l’autre, parce que j’ai autant apprécié l’un que l’autre dans leurs nouvelles respectives. De petits moments de lecture délicieuse dont il ne faudrait pas se priver si on aime la plume d’Agatha Christie.

Romans et nouvelles indépendants

Ces œuvres qui ne mettent aucun personnage récurrent principal en scène sont également excellentes et méritent d’être connues, autant les romans que les nouvelles.

Deux exceptions toutefois en ce qui me concerne :

Destination inconnue : roman d’espionnage dispensable, à réserver aux inconditionnels d’Agatha Christie.

Passager pour Francfort : le pire roman d’Agatha Christie à mon sens. Un roman d’espionnage qui débute bien mais perd rapidement de sa crédibilité et de son intérêt en s’enlisant dans une pénible confusion et des rebondissements tirés par les cheveux.

Une courte présentation des 10 romans indépendants non évoqués encore, par ordre chronologique de parution :

L’homme au complet marron

Ce quatrième roman d’Agatha Christie mêle avec réussite espionnage, aventure et enquête policière. Le colonel Race y fait sa première apparition. La romancière réutilisera ce personnage dans trois autres romans : « Cartes sur table », « Mort sur le Nil » et « Meurtre au champagne ».

Cinq heures vingt-cinq

Lors d’une séance de spiritisme, un esprit informe les participants du décès d’une de leurs connaissances.

Un roman policier très réussi, sans les enquêteurs traditionnels d’Agatha Christie.

Pourquoi pas Evans ?

– Et pourquoi pas Evans ? articula-t-il.
Puis il fut parcouru d’un étrange frisson, ses paupières se refermèrent et sa mâchoire retomba…
Il avait cessé de vivre.

De superbes personnages, un beau suspense, des méchants à la hauteur, un très bon cru d’Agatha Christie !

Dix petits nègres

La référence. L’incontournable. LE classique d’Agatha Christie. Le roman le plus vendu de cette auteure. À lire absolument, bien sûr, pour les amateurs du genre. Je ne vais rien dévoiler de l’histoire pour laisser à d’éventuels lecteurs qui n’en connaîtraient rien le plaisir de l’entière découverte.

Mon premier Agatha Christie, prêté il y a fort fort longtemps par ma grande sœur. Souvenirs.

À noter que les bien-pensants de notre époque (en 2020 précisément) ont fait renommer ce livre en « Ils étaient dix » pour qu’il soit politiquement correct. Le ridicule ne tue pas.

La mort n’est pas une fin

En 2000 avant Jésus-Christ, en Égypte, Renisenb retourne auprès de sa famille après la mort de son mari. Elle découvre très vite que le crime rôde.

Un policier qui se déroule en Égypte antique. Encore un roman exceptionnel et un autre incontournable d’Agatha Christie.

Meurtre au champagne

Une histoire d’empoisonnement et un autre excellent roman policier livrée par la reine du crime. Avec des passages qui sonnent toujours très « vrais » aujourd’hui.

La maison biscornue

Charles est amoureux de Sophia et compte l’épouser. Mais un meurtre va compliquer ses plans.

Excellent roman policier. Prenant, sombre, bien écrit, avec des personnages travaillés. Du grand Agatha Christie. Une des œuvres préférées de la romancière.

Rendez-vous à Bagdad

Inspiré d’un voyage effectué par Agatha Christie à Bagdad, cet excellent roman d’aventures et d’espionnage nous offre des personnages succulents et une intrigue palpitante. Incontournable.

Témoin indésirable

Deux ans après la condamnation de Jack Argyle pour meurtre, un témoin tombe du ciel et le disculpe. Mais alors, qui est le vrai coupable ?

Ce roman fait également partie des préférés d’Agatha Christie. Un roman policier noir qui propose de beaux personnages, des rebondissements et une étude poussée de la nature humaine.

Le cheval pâle

Unique apparition d’Ariadne Oliver sans Hercule Poirot.

Excellent roman policier que j’ai eu beaucoup de mal à refermer avant d’arriver à la dernière page. Suspense garanti.

Autres œuvres d’Agatha Christie

J’ai lu « Une autobiographie ». Je conseille vivement cette autobiographie pour qui veut connaître la vie d’Agatha Christie, de son enfance à fin 1965. Une lecture agréable et instructive.

Je n’ai pas lu « Dis-moi comment tu vis » qui à l’époque a été publié sous Agatha Christie Mallowan. L’auteure y a retranscrit ses souvenirs des fouilles effectuées sur les chantiers en Syrie et en Irak dans les années 30 avec son mari archéologue Max Mallowan.

Je n’ai ni vu ni lu ses pièces de théâtre, ni lu ses recueils de poésie.

Mary Westmacott

J’ai été intrigué par les écrits d’Agatha Christie qu’elle a cru nécessaire de publier sous un pseudonyme. Je les ai donc lus avec curiosité. J’ai bien fait ! Un chef d’œuvre et du très bon dans les quatre premiers. Les deux derniers m’ont par contre laissé sur ma faim.

Musique barbare

Vernon Deyre grandit dans une somptueuse propriété anglaise au début du siècle dernier, entre sa nurse, Dieu, ses amis imaginaires, une mère exubérante et superficielle et un père que les femmes ne laissent pas indifférent. Il exècre la musique. Bientôt, il se lie d’amitié avec sa cousine et deux enfants du voisinage…

Des amours impossibles, parasités par le génie artistique, l’attrait du matériel, des causes à défendre ou des grands principes. Les prix à payer sont lourds et gangrènent la force des sentiments.

Agatha Christie nous livre une fois de plus des personnages attachants, avec leurs blessures et leurs défauts, leurs aspirations, leurs désillusions, leurs bonheurs et les réalités et écueils qui les entravent dans un quotidien pas aussi rose qu’espéré. Loin des romans policiers, mais très plaisant pour les amateurs du genre.

Extraits

Il y a toujours deux façons de voir les choses. (p.16)

 Il pense amèrement : « Il y aura toujours une femme pour vous sortir d’un trou, mais personne ne viendra vous tenir compagnie au sommet d’une montagne où, pourtant, on peut se retrouver terriblement seul. » (p.251)

Portrait inachevé

Début du 20e siècle. Récit de l’enfance heureuse de Celia, fille insouciante à l’imagination débordante. Le temps passe et la jeune femme se retrouve soudain adulte, épouse et mère, sans trop disposer du mode d’emploi de cette nouvelle vie. Celia s’épanouit dans son propre monde, empli de bienveillance et de sentiments, pas dans un univers réaliste et calculé. Elle ne perçoit pas l’intérêt des soucis bassement matériels. Elle a du mal à comprendre les gens et son bonheur en pâtit.

Portrait touchant d’un personnage féminin perdu dans le monde réel, confrontée aux problèmes du quotidien, au contact de gens de peu d’imagination. À quel point Agatha Christie s’est-elle inspirée de sa propre vie pour créer Celia ? Elle seule avait la réponse, mais nous sommes en droit de supposer que Celia n’est pas entièrement le fruit de son imagination.

Bien écrit, émouvant, agréable pour qui est sensible à ce genre de récit. Pas essentiel pour les lecteurs qui recherchent avant tout l’art du suspense distillé par la reine du crime (parce ce que ni crime, ni beaucoup de suspense dans ce roman).

Extrait

Être jeune. Vieillir. Quel mystère effrayant ! Existait-il un moment particulier où vous étiez plus vous-même qu’à un autre ? (p.272)

Loin de vous ce printemps

Années 30. Joan Scudamore a une haute opinion d’elle-même et vit dans l’illusion d’un bonheur parfait. Bloquée seule en plein désert dans un Relais près de la frontière turque lors d’un retour de voyage perturbé par les conditions météorologiques, elle n’a d’autre activité pendant plusieurs jours que de penser à son existence, à son passé. Elle découvre peu à peu des vérités désagréables sur elle et sa famille.

Dans « Une autobiographie », Agatha Christie parle ainsi de ce roman :

Peu de temps après, j’ai écrit le seul ouvrage qui m’ait entièrement satisfaite. C’était un nouveau Mary Westmacott, le livre que j’avais toujours eu envie d’écrire, qui était toujours apparu clairement dans mon esprit. Le portrait d’une femme qui avait une image bien définie d’elle-même, de ce qu’elle était, mais qui se trompait du tout au tout.
[…2 pages…]
J’ai écrit ce roman en trois jours exactement.
[…1 page…]
Je redoutais tellement tout ce qui pourrait m’interrompre, couper le fil de mes pensées, que, après avoir écrit le premier chapitre dans un état de grande surexcitation, je passai directement au dernier, car je savais si bien où j’allais qu’il fallait que je le jette tout de suite sur le papier. Pour le reste, je n’eus pas à m’arrêter et fis tout d’un seul trait.
Je ne me rappelle pas avoir jamais été aussi fatiguée. Quand j’eus terminé, et que je vis qu’il n’y avait pas à changer un seul mot du chapitre que j’avais écrit auparavant, je m’affalai sur mon lit et, si je me souviens bien, dormis près de vingt-quatre heures d’affilée.

Un roman passionnant : une introspection progressive et précise, une analyse fine des protagonistes de l’histoire, des propos justes et un suspense maintenu jusqu’au bout, sans crime, ni enquête policière. Le tout pourrait aisément être transposé à notre époque, alors que le contexte date d’il y a près d’un siècle. Un petit chef-d’œuvre supplémentaire, totalement inattendu pour moi qui découvrais Mary Westmacott avec ce roman. Mon préféré de l’auteure sous ce pseudonyme.

L’if et la rose

Peu avant la fin de la deuxième guerre mondiale, dans une petite ville des Cornouailles, Hugh Norreys assiste en observateur à la campagne électorale de l’opportuniste John Gabriel. Ce candidat des conservateurs issu du peuple, au profil guère traditionnel pour ce parti, ne recule devant rien pour servir ses propres intérêts. Des intrigues amoureuses complexifient la situation et contribuent à maintenir l’issue du vote et surtout le dénouement de l’histoire incertains.

Agatha Christie met en scène une intéressante galerie de portraits et décrit les rouages complexes de la nature humaine avec minutie, talent, une jolie plume et un brin d’humour cynique. Cette histoire qui n’a rien de policier parvient néanmoins à garder le lecteur en haleine jusqu’au bout et livre une belle analyse de la psychologie et des traits de caractère des personnages, des différences de classes et de la quête du bonheur qui revêt diverses formes suivant les aspirations de chacun.

Un des romans préférés de l’auteure (elle a toujours pris plaisir à le relire) et de sa fille Rosalind. J’ai beaucoup apprécié également.

Ainsi vont les filles

Ann, 41 ans, veuve et mère d’une fille de 19 ans, Sarah, rencontre Richard, veuf lui aussi, avec qui elle pourrait envisager de refaire sa vie. Mais Richard et Sarah s’entendent comme chien et chat.

Celui-là, je le qualifie volontiers de roman sentimental. Mais il ne s’agit pas d’une réussite à mon sens. Agatha Christie s’évertue à analyser les relations orageuses entre mère et fille, ainsi que les conséquences potentielles de l’ingérence dans la vie d’autrui. Je n’ai pas été convaincu par les personnages, trop inconstants pour certains, trop caricaturaux pour d’autres, et l’intrigue ne m’a pas passionné plus que ça. Les goûts et les couleurs.

Extrait

Comme c’était injuste, se dit Dame Laura, que les femmes amoureuses soient transfigurées, alors que les hommes amoureux ont l’air de chiens battus. (p.71)

Le poids de l’amour

Portraits de personnes qui aiment trop, l’une sa sœur, l’autre son mari, un mari sa femme. Comme dans « Ainsi vont les filles », Agatha Christie analyse les sentiments et l’ingérence qui part pourtant de très bons sentiments. Comme pour « Ainsi vont les filles », je ne suis ni conquis, ni convaincu. Comme « Ainsi vont les filles », à réserver aux amateurs du genre et à ceux qui souhaitent un aperçu complet de l’œuvre de la reine du crime et de son autre facette non policière.

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Val McDermid – Série « Tony Hill et Carol Jordan »

(Policier / 1995-…)

Couverture du roman Le chant des sirènes de Val McDermid

Série de romans policiers présentant des enquêtes menées par Carol Jordan et son équipe de choc, secondés par le profiler Tony Hill. L’action se déroule principalement à Bradfield, grande ville fictive du nord de l’Angleterre.

Carol Jordan et Tony Hill traquent des fous furieux, des sombres brutes, des êtres machiavéliques et des organisations sans scrupules. Ils sont parfois eux-mêmes des cibles directes des truands. Les dégâts collatéraux ne sont pas rares. Ils ont fort à faire et s’emploient sans relâche à mettre les (très) méchants hors d’état de nuire, tout en traînant leurs propres casseroles.

Commentaire

Une série de polars passionnants, une de mes préférées. Attention, âmes sensibles : Val McDermid ne fait pas dans la subtile demi-mesure. Son monde est noir, violent, sanguinolent, sans pitié.

Les enquêteurs bataillent contre la lie de la société. Ils sont amenés à élucider des crimes horribles, effrayants. De plus, ils ont à faire face à leurs démons personnels, aux ambitions et jalousies de brigades voisines, à des luttes intestines au sein de la hiérarchie ou même de l’équipe. Les rapports entre les personnages évoluent au fil du temps et des circonstances.

L’atmosphère de la série est sombre, les crimes parfois dérangeants. L’apport du profiler et de ses raisonnements est intéressant.

L’écriture de Val McDermid est brillante. Ses personnages sont complexes, attachants, très travaillés, admirablement décrits. Les enquêtes sont captivantes, bien documentées.

Efficace. Addictif.

Les personnages de Tony Hill et Carol Jordan sont les protagonistes d’une série TV, « La fureur dans le sang », adaptation de romans de ValMcDermid enrichie d’épisodes inédits non tirés de son œuvre.

Romans de la série

À ce jour, cette série est composée de 11 romans.

Le chant des sirènes (1995 / The mermaids singing)
La fureur dans le sang (1997 / The wire in the blood )
La dernière tentation (2002 / The last temptation)
La souffrance des autres (2004 / The torment of others)
Sous les mains sanglantes (2007 / Beneath the bleeding)
Fièvre (2009 / Fever of the bone)
Châtiments (2011 / The retribution)
Une victime idéale (2013 / Cross and burn)
Les suicidées (2015 / Splinter the silence)
Voyages de noces (2017 / Insidious intent)
– (2019 / How the dead speak)

L’auteure et son œuvre

Val McDermid est née le 4 juin 1955 en Écosse. À 17 ans, Val McDermid est la première étudiante d’une école publique écossaise à fréquenter le St Hilda’s College à l’Université d’Oxford. Elle a travaillé pendant quinze ans comme journaliste.

Écrivaine féministe et engagée, elle a obtenu de nombreux et prestigieux prix littéraires.

Val McDermid dénonce la misogynie et la discrimination envers la population homosexuelle. Lesbienne elle-même, elle défend et met en valeur des femmes aimant d’autres femmes, dans un monde loin d’être tolérant envers les minorités.

Elle a écrit plus de 40 livres, essentiellement des romans policiers. Outre la série « Tony Hill et Carol Jordan », elle a trois autres séries policières à son actif : « Lindsay Gordon » (sa première série), « Kate Brannigan » et « Karen Pirie », ainsi que des polars indépendants.

Le style de Val McDermid, fluide, fouillé, précis, est au service de ses histoires noires.

Un régal pour les amateurs du genre.

Mon Val McDermid ++

Je n’ai lu que deux romans de Val McDermid en-dehors de la série « Tony Hill et Carol Jordan ». J’y ai pris beaucoup de plaisir.

Au lieu d’exécution

(1999 / A place of execution)

En décembre 1963, Alison Carter, treize ans, disparaît dans son petit hameau perdu au fin fond de l’Angleterre.

Un roman indépendant. Une histoire haletante.

Quatre garçons dans la nuit

(2003 / The distant echo)

Dans un coin paisible d’Écosse, quatre étudiants prennent un raccourci après une nuit de beuverie et découvrent un cadavre en pleine nature. La police, faute d’autre piste, les considère rapidement comme suspects.

Un roman indépendant à l’époque où je l’ai lu et qui est devenu le premier d’une série (« Karen Pirie ») que j’ai bien envie de poursuivre.

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Michel Bussi – Nymphéas noirs

(Policier / 2011)

Couverture du roman Nymphéas noirs de Michel Bussi

Giverny reste figé dans le temps. Des milliers de touristes visitent chaque année ce paisible village normand qui a vu Claude Monet peindre encore et encore ses Nymphéas. Une vieille dame surveille les allées et venues des autochtones et des gens de passage. Une jolie femme rêve d’amour et d’évasion. Une fillette se passionne pour la peinture.

Un meurtre salit soudain ce décor de carte postale. Les deux inspecteurs chargés de l’enquête en perdent leur latin. Seul le fidèle chien Neptune semble insensible aux drames qui se jouent et aux secrets qui se dénouent.

Commentaire

Ce roman policier sort de l’ordinaire. Michel Bussi joue avec nos nerfs, distille ses indices au compte-gouttes, nous parle peinture et nymphéas noirs, nous émeut, nous mène en bateau, avant d’époustouflantes révélations finales. J’en suis resté bouche bée. Et ravi de l’expérience.

Je n’en dévoilerai pas davantage. Je ne peux que conseiller aux amateurs de suspense et de retournements de situation d’embarquer dans cette aventure singulière.

L’auteur et son œuvre

Michel Bussi est né le 29 avril 1965 à Louviers, en Normandie.

Géographe, professeur à l’université de Rouen, spécialiste de la géographie électorale, il est également un des écrivains français les plus lus en France depuis le succès de « Nymphéas noirs » et de ses successeurs. Il a publié à ce jour, entre autres, une quinzaine de romans et un recueil de nouvelles.

Michel Bussi est le roi du rebondissement. Ce conteur-né prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Il mène le lecteur par le bout du nez, pour mieux le surprendre lors du dénouement de chaque histoire. Divertissant, souvent instructif et toujours surprenant !

Mon Michel Bussi ++

Outre « Nymphéas noirs », j’ai beaucoup aimé deux autres romans de Michel Bussi.

Et puis, j’ai bien ri aussi en découvrant que Michel Bussi avait réussi à mentionner « Borussia Mönchengladbach » dans un de ses romans, sans expliquer de quoi il s’agissait. Un défi personnel ? Un pari gagné ? Quoi qu’il en soit, bravo !

Un avion sans elle

(2012)

23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une seule survivante : un bébé de trois mois. Deux familles se l’arrachent, l’une riche, l’autre pas. La justice tranche et le bébé retrouve une identité.

Dix-huit ans plus tard, un nouveau rebondissement relance l’affaire. À 18 ans, la rescapée est replongée dans un passé plus trouble que jamais.

Gravé dans le sable

(2014)

Juin 1944. La veille du débarquement, Lucky croit en sa chance et prend tous les risques en échange d’une hypothétique fortune.

La veuve de Lucky apprend le pacte fou vingt ans plus tard. Entre la Normandie et les États-Unis, elle part à la recherche de témoins capables de corroborer la réalité de l’incroyable promesse. Mais certains n’ont pas envie de déterrer une vérité embarrassante.

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Gillian Flynn – Les lieux sombres

(Thriller / 2009 / Dark places)

Couverture du roman Les lieux sombres de Gillian Flynn

Quatrième de couverture

Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans la ferme familiale. La petite fille, qui a échappé au massacre, désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de quinze ans. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby souffre de dépression chronique. Encouragée par une association, elle accepte de retourner pour la première fois sur les lieux du drame. Et c’est là, dans un Middle West dévasté par la crise économique, qu’une vérité inimaginable commence à émerger…

Commentaire

Mon premier Gillian Flynn. Et ce « Les lieux sombres » a été une excellente surprise !

Tout est bon dans ce roman sombre, très sombre.

Le contexte tout d’abord. Gillian Flynn nous dépeint avec minutie une crise sociale dans une Amérique très éloignée de l’American dream et de ses success stories. Elle nous plonge au cœur de la misère rurale, violente, dans un monde où les dettes étouffent ceux qui s’escriment à garder la tête hors de l’eau.

L’écriture. Dans un style fluide et précis, le roman navigue entre passé et présent, entre différents points de vue, offrant un rythme haletant et prenant. S’ajoute à cet exercice de style particulièrement réussi, un ton général comportant une certaine dose d’humour constamment mise à mal par la sinistrose et la détresse ambiantes. Du grand art.

Les personnages ensuite, complexes, fouillés, torturés. Gillian Flynn les met à nu, avec leurs forces et leurs faiblesses, avec leur envie de s’en sortir et leurs bassesses. Elle parvient à les rendre attachants malgré leurs défauts. Le meilleur exemple est l’héroïne, Libby Day. Voleuse, menteuse, paresseuse, convaincue que tout lui est dû suite à son expérience traumatisante, elle n’a au début du roman rien pour plaire. Et pourtant, on comprend qu’elle n’est pas aussi superficielle qu’il n’y paraît, on finit par l’apprécier, par souhaiter qu’elle s’en sorte. Elle réussit à nous toucher.

Le scénario est diabolique, l’intrigue habilement menée, les rebondissements palpitants, les révélations distillées au compte-goutte, le suspense permanent. À chaque page, je n’avais qu’une hâte : connaître la suite, sachant en même temps pertinemment que je regretterais d’atteindre la fin du livre, tellement je prenais plaisir à le lire.

Passionnant. Jubilatoire.

L’auteure et son œuvre

Gillian Flynn est née en 1971 à Kansas City, dans le Missouri.

Journaliste, scénariste et romancière, elle a écrit à ce jour trois romans et une nouvelle.

Son premier roman a fait l’objet d’une mini-série. Les deux suivants ont été adaptés au cinéma.

Gillian Flynn ne fait pas dans la quantité, mais la qualité est incontestablement au rendez-vous dans chacune de ses œuvres. Ses personnages sont touffus, travaillés, jamais parfaits, loin de là. Ses intrigues sont finement élaborées et truffées de surprises. L’atmosphère de ses romans suinte le mal-être, l’imperfection, mais l’espoir aussi dans la galère ambiante.

Je conseille vivement cette romancière aux amateurs du genre.

Mon Gillian Flynn ++

J’ai lu et énormément apprécié les 2 autres romans de cette auteure.

Les apparences

(2012 / Gone girl)

Missouri. Amy et Nick forment un couple modèle, en apparence du moins. Un jour Amy disparaît, leur maison est saccagée, des traces de sang laissent imaginer le pire. Nick devient très vite le suspect idéal.

Gros succès international, « Les apparences » m’a presqu’autant plu que « Les lieux sombres ». La découverte de la romancière et de son style en moins. Du thriller haut de gamme. Machiavélique et étonnant à souhait. Exceptionnel, tout simplement.

Sur ma peau

(2006 / Sharp objects)

La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà l’été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée… Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l’affaire. Elle-même a grandi à Wind Gap. Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c’est réveiller de douloureux souvenirs. (début de la quatrième de couverture)

Le premier thriller de Gillian Flynn. Et comme les autres : époustouflant !

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Arnaldur Indridason – Série « Erlendur »

(Policier / 1997-…)

Couverture du roman Les fils de la poussière d'Arnaldur Indridason (série Erlendur)

Série de romans policiers présentant des enquêtes menées en Islande par le commissaire Erlendur Sveinsson et ses équipiers Elinborg et Sigurdur Oli. Parallèlement à ces investigations, la vie personnelle du trio est dévoilée peu à peu. Le tourmenté Erlendur, marqué par une tragédie dans son enfance, mène une existence solitaire. Il est en mauvais termes avec son ex-femme qu’il évite autant que possible depuis leur rupture et entretient des rapports compliqués avec ses deux grands enfants, Eva Lind et Sindri Snaer. Elinborg, cuisinière hors pair, est mariée et mère de famille. Sigurdur Oli s’efforce de stabiliser sa relation avec Bergthora.

Commentaire

Attention dépaysement ! Bonjour l’Islande ! Nous sommes loin des romans policiers américains ou de nos proches contrées européennes. Ici, pas de guerres entre mafias, pas de courses-poursuites en voiture à tombeau ouvert, pas d’échanges de tirs assourdissants entre gangsters et forces de l’ordre. Erlendur et ses équipiers ne sont même pas armés. Les crimes restent sordides : une femme pendue dans son chalet, un Père Noël retrouvé mort dans la cave d’un hôtel de luxe, un enfant poignardé au pied de son immeuble, un homme retrouvé attaché au fond d’un lac qui s’est vidé. Et puis il y a des disparitions non élucidées, récentes ou plus anciennes.

L’atmosphère de cette série est sombre, hantée, entre présent et passé, et pourtant aussi pleine de poésie, de sensibilité et d’espoir.

Indridason s’intéresse aux victimes, aux coupables, mais aussi aux conséquences des drames sur l’entourage des uns et des autres. Il décrypte la succession d’événements qui ont mené aux désastres, les hasards à mettre sur le dos de la malchance, les causes profondes liées aux mauvais côtés de la nature humaine. Ou alors il conclut à l’impossibilité de découvrir certaines vérités. Il dépeint des violences conjugales, des blessures non cicatrisées, le désespoir de personnes ordinaires, la cupidité, le mal-être, les banlieues chics et les bas-fonds alcoolisés de Reykjavik. Il fouille dans le passé de l’île, déterre des catastrophes oubliées, décrit les effets du temps sur les survivants. C’est d’ailleurs une des thématiques les plus importantes de la série : le temps et son action sur la vie des gens.

À consommer sans modération.

Extraits de « Étranges rivages »

En règle générale, il se mettait en route tôt le matin et marchait jusqu’au soir, mais il arrivait aussi qu’il passe la nuit sur un tapis de mousse, seul avec les oiseaux. Il aimait s’allonger sur le dos, la tête posée sur son sac, les yeux levés vers les étoiles en méditant sur ces théories qui affirmaient que le monde et l’univers étaient encore en expansion. Il appréciait de regarder le ciel nocturne et son océan d’étoiles en pensant à ces échelles de grandeur qui dépassaient l’entendement. Cela reposait l’esprit et lui procurait un apaisement passager de pouvoir réfléchir à l’infiniment grand, au grand dessein. (p.101)

Je me demande d’ailleurs qui pourrait bien s’intéresser à des histoires concernant de simples gens que tout le monde a oubliés. (p.109)

C’est comme ça. C’est la vie. Ce genre de chose arrive. […] Tout le monde a un passé. (p.130)

C’est à eux que va ma compassion. Ce sont eux qui doivent affronter l’événement et s’en accommoder. Ils doivent faire face au deuil et la douleur de l’absence les accompagne jusqu’à la fin de leur vie. Ce sont ceux qui restent auxquels je m’intéresse le plus. (p.155)

C’est tellement peu, ce qu’on peut faire. (p.156)

Bientôt, cette histoire, le destin de ces gens, leurs vies emplies de deuils et de victoires, sombreraient dans l’oubli. (p.156)

Vous êtes l’homme le plus buté que j’ai rencontré durant ma longue existence. (p.305)

Romans de la série

À ce jour, cette série est composée de 14 romans. À noter qu’en France, les deux premiers romans de la série n’ont été publiés qu’après le quatorzième. Les lecteurs francophones ont donc découvert Erlendur dans « La cité des jarres », en 2005.

Les fils de la poussière (1997 / Synir duftsins)
Les roses de la nuit (1998 / Dauðarósir)
La cité des jarres (2000 / Mýrin)
La femme en vert (2001 / Grafarþögn)
La voix (2002 / Röddin)
L’homme du lac (2004 / Kleifarvatn)
Hiver arctique (2005 / Vetrarborgin)
Hypothermie (2007 / Harðskafi)
La rivière noire (2008 / Myrká)
La muraille de lave (2009 / Svörtuloft)
Étranges rivages (2010 / Furðustrandir)
Le duel (2011 / Einvígið)
Les nuits de Reykjavik (2012 / Reykjavíkurnætur)
Le lagon noir (2014 / Kamp Knox)

L’auteur et son œuvre

Arnaldur Indridason est né le 28 janvier 1961 à Reykjavik où il vit. Ses livres sont publiés dans plus de vingt-cinq pays. Avant d’être un écrivain à succès, Arnaldur Indridason a obtenu un diplôme en histoire, puis a travaillé en tant que journaliste, scénariste indépendant et critique de films. Il est marié et père de trois enfants.

Indridason a écrit 24 romans à ce jour : 14 dans la série « Erlendur », 3 dans la « Trilogie des ombres », 4 dans une nouvelle série de polars, la série « Konrad », débutée en 2017 et 3 romans indépendants.

Le style d’Indridason est tout en finesse. Les personnages de ses romans sont fouillés, les histoires prenantes et les intrigues déroulées avec subtilité. Indridason est l’écrivain nordique de romans policiers le plus talentueux que j’ai lu. Incontournable pour les amateurs du genre.

Mon Arnaldur Indridason ++

Je n’ai lu qu’un roman d’Indridason en-dehors de la série « Erlendur ». Et je l’ai adoré :

Betty

(2003 / Bettý)

Une histoire basée sur le classique trio amoureux. Du fond de sa cellule, le personnage principal raconte sa rencontre avec Betty, leur amour, le drame, comment il a été accusé, pourquoi sa culpabilité n’a fait aucun doute. Et pourtant.

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Fred Vargas – Série « Adamsberg »

(Policier / 1991 – …)

Couverture du roman L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas (série Adamsberg)

Série de romans policiers made in France. Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg est à la tête des enquêteurs de la Brigade Criminelle du 13e arrondissement. Il est secondé par Adrien Danglard, un adjoint porté sur la bouteille. Chaque membre de l’équipe a sa particularité. Violette Retancourt est une force de la nature. Louis Veyrenc, un poète, s’exprime parfois en alexandrins. Froissy est obsédée par la nourriture. Et les autres. Sans oublier La Boule, le chat de leur commissariat parisien.

Tout oppose Adamsberg et Danglard. Le premier, rêveur, désorganisé, imprévisible, incapable de se concentrer sur des raisonnements complexes, fonctionne à l’instinct. Il obtient cependant des résultats spectaculaires. Ce qui interloque le second. Celui-ci, logique et cartésien, possède un savoir encyclopédique. Il ne jure que par les faits et le bon sens, ne conçoit les enquêtes que par des investigations méthodiques et réfléchies. La vie sentimentale d’Adamsberg est compliquée. Danglard est divorcé et père de cinq enfants qu’il élève seul.

Si certaines affaires sont localisées à Paris, d’autres nécessitent des déplacements des enquêteurs dans la France profonde, en Angleterre, en Serbie ou en Islande. Un stage envoie même une partie de l’équipe au Canada.

Commentaire

Les intrigues de cette série paraissent de prime abord extravagantes, loufoques, saugrenues, étranges, abracadabrantes. Et en même temps, elles attisent la curiosité. De la perplexité, le lecteur passe à l’envie de connaître le fin mot de l’histoire, happé par le style envoûtant de Fred Vargas et par ses personnages atypiques. La fragilité de ces derniers, leurs défauts, leurs relations empreintes d’empathie maladroite les rend extrêmement attachants.

À tester si vous n’y avez jamais goûté !

La série « Adamsberg »

À ce jour, cette série est composée de neuf romans et d’un recueil de nouvelles.

L’homme aux cercles bleus (1991)
L’homme à l’envers (1999)
Pars vite et reviens tard (2001)
Coule la Seine (2002) (recueil de trois nouvelles)
Sous les vents de Neptune (2004)
Dans les bois éternels (2006)
Un lieu incertain (2008)
L’armée furieuse (2011)
Temps glaciaires (2015)
Quand sort la recluse (2017)

L’auteure et son œuvre

Fred Vargas est née le 7 juin 1957 à Paris. Elle a obtenu un doctorat en histoire et a fait de la recherche au CNRS dans ce domaine.

Elle a écrit à ce jour quinze romans, un recueil de nouvelles et quatre essais. Le dernier en date, « L’humanité en péril », met en garde contre de potentielles catastrophes écologiques, et notamment la disparition d’espèces menacées d’extinction. Plusieurs de ses romans ont été portés sur petit ou grand écran.

Dans ses deux séries phares, « Adamsberg » et « Les Évangélistes », Fred Vargas a réussi à se créer un style d’écriture propre, un univers bien à elle. Le rythme est feutré. Les personnages sont finement ciselés et affublés de travers charmants ou effrayants. Les dialogues chirurgicalement travaillés naviguent entre exagérément absurdes et simplement géniaux. Des intrigues secondaires parasitent les investigations et prennent parfois le pas sur l’enquête principale. L’ensemble est saupoudré d’une bonne dose d’humour, de légendes étonnantes et de pages d’Histoire que maîtrise bien Fred Vargas. De ces imbroglios et des efforts fournis pour résoudre les crimes et d’autres problèmes divers et variés, par des personnages si différents les uns des autres tout en étant tous imparfaits mais cependant non dénués d’une sensibilité certaine, naissent de poétiques messages de tolérance. Un régal pour qui apprécie ce mélange détonant et délicieux !

Mon Fred Vargas ++

J’aime beaucoup la série « Adamsberg » et tout autant la série « Les Évangélistes ». Cette dernière met en scène trois amis Mathias Delamarre, Marc Vandoosler et Lucien Devernois, respectivement spécialistes de la Préhistoire, du Moyen Âge et de la Première Guerre mondiale. Ils habitent ensemble, dans une vieille maison, avec Armand Vandoosler, ancien flic et oncle de Marc. Et ils résolvent accessoirement des enquêtes.

Les personnages des deux séries se croisent ou sont parfois mentionnés dans l’autre série. Une grande famille donc.

J’attends depuis un temps certain (et je ne suis sans doute pas le seul), le quatrième roman consacré aux Évangélistes. Viendra-t-il un jour ? Seule Fred Vargas connaît la réponse.

Les romans de la série « Les Évangélistes »

Debout les morts (1995)
Un peu plus loin sur la droite (1996)
Sans feu ni lieu (1997)

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Isaac Asimov – Les cavernes d’acier

(Roman – Science-fiction / 1954 / The caves of steel)

Couverture du roman Les cavernes d'acier d'Isaac Asimov

Dans quelques millénaires. L’humanité est divisée en deux après une guerre entre la Terre et les Mondes Spaciens, peuplés de descendants de colons terriens. D’un côté les vaincus, les milliards de Terriens étouffant sous des dômes gigantesques, dans des villes souterraines bruyantes et surpeuplées. De l’autre côté, les vainqueurs Spaciens, vivant confortablement sur une cinquantaine de mondes, entourés d’une multitude de robots à leur service. Les Spaciens contrôlent leurs naissances et voient leur durée de vie se rallonger. Leurs préoccupations sont très éloignées de celles des Terriens prisonniers de leur fourmilière géante.

À l’issue de la guerre, les Spaciens ont placé la Terre en quarantaine, pour une durée indéterminée. Les Terriens les détestent, eux et plus encore leurs robots, menaces pour leurs emplois et leur mode de vie. Les deux camps ne se rencontrent physiquement qu’occasionnellement, dans une petite enclave sur Terre réservée aux Spaciens. C’est là qu’un Spacien est tué. Un Terrien serait coupable ?

Ce crime ravive les tensions entre la planète mère et les Mondes Spaciens. L’enquête est confiée à l’inspecteur Elijah Baley, un Terrien, à qui on associe R. Daneel Olivaw, un robot humanoïde ultrasophistiqué.

Le temps presse pour Baley s’il veut éviter que la crise ne dégénère en conflit.

Commentaire

« Les cavernes d’acier » est un roman que j’affectionne particulièrement. Pour plusieurs raisons.

D’une, il est excellent. Je l’ai lu au moins trois fois. Il ne brille pas particulièrement par la subtilité de l’enquête, mais par la richesse du futur imaginé par Asimov. La confrontation entre les philosophies de vie des Terriens et des Spaciens est parfaitement décrite. La haine des robots également, cette haine de l’autre qui est différent. Les personnages sont attachants, comme souvent chez Asimov. L’idée de mélanger les genres (policier / science-fiction) est réussie. Le style fluide, sans fioritures. Et l’humour particulier d’Asimov bien présent. Un régal.

De deux, « Les cavernes d’acier » est le premier roman de science-fiction que j’ai lu (hormis des Jules Verne et des bibliothèques vertes). C’est mon professeur de français qui me l’a conseillé à l’époque, au collège. M. Jacoutot nous a alors expliqué que nous aurions l’occasion de découvrir de nombreux auteurs classiques au collège et au lycée, mais qu’il existait d’autres lectures très recommandables comme ce roman et aussi, de mémoire, « Les enfants d’Icare » (Childhood’s end) d’Arthur C. Clarke, « Les plus qu’humains » (More than human) de Theodore Sturgeon, « A la poursuite des Slans » (Slan) d’Alfred E. Van Vogt. Une véritable mine d’or pour moi à l’époque, qui m’a permis d’enchaîner avec de nombreux autres auteurs de science-fiction. Merci M. Jacoutot !

De trois, c’est un classique de la science-fiction. « Les cavernes d’acier » s’intègre dans la grande histoire du futur imaginée par Isaac Asimov, mais se lit aussi très bien indépendamment des autres œuvres la constituant. C’est une très bonne porte d’entrée dans le monde d’Asimov.

L’auteur et son œuvre

Isaac Asimov est né le 2 janvier 1920 à Petrovitchi, en Russie, et mort le 6 avril 1992 à New York. Arrivé aux États-Unis avec sa famille en 1923, il est naturalisé américain en 1928. Diplômé en chimie et en biochimie, il enseigne à l’Université de Boston jusqu’à se consacrer entièrement à l’écriture.

Écrivain prolixe et éclectique, Asimov a écrit plus de 300 livres. La postérité retiendra son apport majeur à la science-fiction, mais Asimov est également l’auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique et non scientifique sur des sujets divers et variés comme la Bible ou Shakespeare. On lui doit aussi des policiers et de la littérature pour la jeunesse.

Isaac Asimov est connu pour avoir eu un ego un peu surdimensionné, mais également beaucoup d’humour et suffisamment de lucidité pour savoir en jouer et s’en amuser.

Il détestait voyager. Son imagination fertile lui envoyait des images funestes. L’avion était proscrit. C’est ainsi qu’il a traversé l’Atlantique plusieurs fois en bateau, sur le « France » puis sur le « Queen Elizabeth 2 ». Il a également effectué le trajet New York – Californie en train, en quatre jours. Ces déplacements avaient deux raisons d’être : faire plaisir à sa femme et se rendre à des conférences. Il aimait rester chez lui et s’adonner à son activité favorite : écrire.

Isaac Asimov est considéré comme un des trois grands écrivains de l’âge d’or de la science-fiction, avec Arthur C. Clarke et Robert Heinlein. Le plus grand peut-être.

L’Histoire du futur

L’œuvre principale d’Isaac Asimov est appelée communément l’Histoire du futur. Elle regroupe des cycles et des récits qu’Asimov avait écrits séparément à l’origine et qu’il a réussi à relier entre eux par la suite en ajoutant des romans complémentaires servant de transitions et de passerelles entre les différentes époques.

Chronologiquement (au niveau de l’action, pas de l’écriture), l’Histoire du futur peut se décliner ainsi :

Cycle des robots
  1. Les robots (1950 / I, robot) – recueil de nouvelles.
  2. Un défilé de robots (1964 / The rest of the robots) – recueil de nouvelles.
  3. Le robot qui rêvait (1986 / Robot dreams) – nouvelle issue du recueil du même nom (a inspiré le scénario du film « I robot »).
  4. L’homme bicentenaire (1976 / The bicentennial man) – nouvelle issue du recueil du même nom.
Hors cycle
  1. La mère des mondes (1949 / Mother Earth) – nouvelle issue du recueil du même nom.
Cycle Elijah Baley
  1. Les cavernes d’acier (1954 / The caves of steel) – roman.
  2. Face aux feux du soleil (1956 / The naked sun) – roman.
  3. Les robots de l’aube (1983 / Robots of dawn) – roman.
  4. Les robots et l’Empire (1985 / Robots and Empire) – roman.
Cycle de l’Empire
  1. Tyrann (autre titre : Poussières d’étoiles) (1951 / The stars like dust) – roman.
  2. Les courants de l’espace (1952 / The currents of space) – roman.
  3. Cailloux dans le ciel (1950 / Pebble in the sky) – roman.
Cycle de Fondation
  1. Prélude à Fondation (1988 / Prelude to Foundation) – roman.
  2. L’aube de Fondation (1993 / Forward the Foundation) – roman.
  3. Fondation (1951 / Foundation) – roman composé de 5 récits.
  4. Fondation et Empire (1952 / Foundation and Empire) – roman composé de 3 récits.
  5. Seconde fondation (1953 / Second Foundation) – roman composé de 2 récits.
  6. Fondation foudroyée (1982 / Foundation’s edge) – roman.
  7. Terre et Fondation (1986 / Foundation and Earth) – roman.

Les nouvelles 3/4/5 ne sont pas forcément citées dans l’Histoire du futur. J’estime qu’elles y ont toute leur place.

La trilogie 15/16/17 composait à l’origine une des trilogies les plus célèbres de la science-fiction, avant d’être complétée au fur et à mesure par le plébiscité et inattendu 18 et par les trois autres romans 13/14/19.

Asimov nous a laissé de nombreux autres récits de science-fiction, ne concernant pas l’Histoire du futur.

Deux thèmes principaux émergent de l’œuvre d’Asimov : les robots et la psychohistoire.

Les robots

Isaac Asimov a inventé :

Les trois lois de la robotique

Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. »

Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. »

Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

Ces lois immuables implantées dans les cerveaux positroniques des robots rendaient ceux-ci inoffensifs et rassuraient les humains craignant que ces machines ne deviennent hostiles et incontrôlables.

Une Loi 0 est ajoutée dans les « Robots et l’Empire », prévalant sur la Première Loi.

La psychohistoire

… est une science fictive dont le but est de prévoir l’Histoire à partir des connaissances sur la psychologie humaine et les phénomènes sociaux en appliquant une analyse statistique à l’image de la physique statistique.

Science fiable lorsqu’elle est appliquée à un nombre important d’individus, elle n’a aucun sens sur des individus isolés.

La psychohistoire a été inventée par l’écrivain Nat Schachner dans la nouvelle « L’arme suprême ». Asimov a repris et développé le concept pour son cycle le plus ambitieux : « Fondation ».

Mon Isaac Asimov ++

Je n’ai pas lu tout Asimov. Par contre, j’ai lu la plupart de ses ouvrages de science-fiction traduits en français. Et je me suis régalé. Voici des titres qui m’ont particulièrement marqué.

Moi, Asimov

(1994 / I Asimov)

Commençons par la fin. Son dernier livre. Une autobiographie réussie. Asimov se raconte dans son style habituel, sans filtre, avec humour. Le lecteur y découvre un personnage qui avait une haute estime de lui, certes, mais aussi un homme profondément humain. Un bon moment de lecture.

Azazel

(1988)

Un recueil de nouvelles qui dénote dans la bibliographie d’Asimov. Les nouvelles mettent en scène Isaac Asimov lui-même et George, un grippe-sou que l’écrivain a rencontré lors d’une convention de science-fiction. George se fait payer des repas par Asimov en échange d’histoires contant les dernières aventures d’Azazel, un démon maladroit et imbu de lui-même. Au départ de chaque récit, Azazel essaye d’aider quelqu’un. Malheureusement, le résultat tourne régulièrement à la catastrophe. Désopilant.

Un autre recueil compile d’autres aventures de ce trio infernal : Légende (1996 / Magic).

Et puis, il y a évidemment les chefs-d’œuvre constituant l’Histoire du futur.

Robots / Un défilé de robots

Dans ces recueils de nouvelles, le lecteur fait la connaissance de Susan Calvin, robopsychologue en chef d’US Robotics Inc. Cette entreprise a développé les cerveaux positroniques des robots incluant les trois lois de la robotique. Elle est devenue le principal constructeur de robots. Susan Calvin consacre sa vie à la recherche et à l’amélioration des robots. Elle est parfois confrontée à des réactions de robots non prévues. Charge à elle de résoudre les problèmes qui en découlent.

Ces nouvelles présentent également les avancées des premiers voyages dans l’espace.

L’homme bicentenaire

L’histoire émouvante d’un robot qui souhaitait acheter sa liberté.

Cycle Elijah Baley : Face aux feux du soleil

Un meurtre est commis sur une Monde Spacien où les relations physiques entre humains sont rarissimes. Une nouvelle enquête confiée à Elijah Baley et R. Daneel Olivaw.

Les derniers volets de ce cycle, « Les robots de l’aube » et « Les robots et l’Empire », sont également très recommandables.

Cycle Fondation

Plusieurs millénaires d’Histoire du futur sous l’égide de la psychohistoire et de Fondations successives. Magnifique.

Hari Seldon est un des grands bonhommes de ce cycle. Ce mathématicien a inventé la psychohistoire et, grâce aux prédictions de cette science, a mis au point le Plan Seldon pour aider l’humanité à sortir au plus vite du chaos et de la barbarie après la chute du Premier Empire.

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