Mercè Rodoreda – Le jardin sur la mer

(Roman / 1967 / Jardi vora el mar)

Couverture du roman Le jardin sur la mer de Mercè Rodoreda

Un roman hors du temps.

Le narrateur est le jardinier d’une magnifique maison secondaire près de la mer, non loin de Barcelone. Il raconte les saisons qui défilent, les années qui se suivent, ressemblantes mais très différentes, ses fleurs, la mer, les jeunes propriétaires, leurs amis, leurs voisins, les domestiques, les rapports entre tout ce beau monde, parfois simples, parfois compliqués, les potins.

Un regard détaché qui, mine de rien, analyse les amours douloureuses, les ambitions des uns, les obsessions des autres, les difficultés de tous, les décisions prises et leurs conséquences, les actes manqués, les frasques des nantis, les considérations des petites gens. Les silences sont souvent davantage parlants que la conversation qui meuble. L’ensemble est rythmé par la nature cyclique et le temps qui passe.

Un roman d’une simplicité désarmante, empreint d’une poésie douce. Addictif.

Une très belle découverte.

L’auteure et son œuvre

Mercè Rodoreda est née le 10 octobre 1908 à Barcelone et morte le 13 avril 1983 à Gérone. Poétesse, romancière, novelliste, elle a été une des grandes plumes catalanes du 20e siècle, notamment avec son roman La Place du Diamant (La Plaça del Diamant, 1962), traduit en plus de 35 langues, Rue des Camélias (El carrer de les Camèlies, 1966), Aloma (nouvelle version, 1969), Miroir brisé (Mirall trencat, 1974) et Tant et tant de guerre (Quanta, quanta guerra…, 1980). Elle a obtenu de nombreux prix pour ses romans et pour l’ensemble de son œuvre.

Mon Mercè Rodoreda ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Claire Deya – Un monde à refaire
Pat Conroy – Le Prince des Marées

Mes écrits
Ainsi a-t-il été
Mieux vaut très tard que jamais
39 hommes en galère
l’R de rien
J’ai couché
Un instant d’égarement
Gris comme la mort
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Claude Griesmar – Auteur

Mon actualité :

– Membre du Grand Jury du Prix Bernard Lecache 2025

– 3 septembre, publication d’un Hors-série consacré à l’Intelligence Artificielle : Entretiens avec Claude.

Couverture de Entretiens avec Claude de Claude Griesmar

Interview de la chroniqueuse Instagram @natha.livres suite à sa lecture de Gris comme la mort.

Les six premiers avis pour Gris comme la mort.

– 6 juin, publication de mon nouveau roman : Gris comme la mort !

Couverture du roman Gris comme la mort de Claude Griesmar

Cinq avis supplémentaires pour Un instant d’égarement.

Dix nouveaux avis en ligne pour Un instant d’égarement.

– De nouveaux avis en ligne pour Ainsi a-t-il été, l’R de rien et J’ai couché.

Toutes les infos dans le JOURNAL.

Mes livres de la Collection du Chat Noir toujours disponibles :

Les huit couvertures de la Collection du Chat Noir de Claude Griesmar

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Prix Bernard Lecache 2025

Le Prix Bernard Lecache 2025 a livré ses secrets !

La troisième édition de ce concours de nouvelles organisé par la Licra, au sujet tellement important, Écrire contre la haine, a tenu ses promesses.

En tant que vainqueur de la première édition (en 2023, avec Le village disparu), j’ai eu le plaisir et le privilège d’être invité à figurer parmi les neuf membres du Grand Jury ayant la lourde et délicate mission de départager les meilleures nouvelles de cette année. Merci pour cet honneur.

Les participants ont proposé des nouvelles diversifiées, chargées en émotion, en messages, en causes à défendre, en histoires, belles ou terribles ou les deux à la fois. Je me suis régalé à la lecture.

La lauréate du Prix Bernard Lecache 2025 a su ajouter une dose d’humour surprenante, et je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. Il s’agit de Stéphanie Albin, avec Black Suaires Matter. Tout un programme !

Je suis ravi du résultat, deux de mes trois nouvelles coups de coeur ayant terminé en tête du concours (Black Suaires Matter et Le Doute, de Roxanne-Lou Aminian). La troisième figure dans le recueil, mais pas sur le podium (Chronique d’une haine ordinaire, de Fatima de Castro), ce qui montre le niveau élevé et la variété de ces nouvelles.

Comme d’habitude, le recueil est édité aux Éditions La rumeur libre. Et comme d’habitude, l’objet est magnifique !

Prix Bernard Lecache 2025

Si, comme les auteurs qui ont offert leurs textes, vous souhaitez participer à la lutte contre la haine, n’hésitez pas à acheter ce recueil.

Toutes mes félicitations aux lauréats mais aussi à l’ensemble des participants, à la Licra et à La rumeur libre !

Georges de Peyrebrune – Victoire la Rouge

(Roman / 1884)

Couverture du roman Victoire la Rouge de Georges de Peyrebrune

La jeune et pataude Victoire est confiée par la Révérende Mère de l’hospice des orphelins à des paysans comme main d’œuvre pas chère. Pas très futée, elle rit avec ceux qui se moquent d’elle.

Un roman féministe avant l’heure, sans en ajouter des couches. Une histoire émouvante et bien écrite (un style simple et direct, ceux qui ont essayé d’écrire savent à quel point il est dur de faire simple). Un livre porteur de messages, sans pour autant les étaler en grand.

L’héroïne, pleine de bonnes intentions mais naïve, ne demande pas grand-chose à la vie : une petite place sur cette terre. Elle souhaite vivre comme les autres, c’est tout. Elle ira de désillusion en désillusion dans un monde cruel. La faute aux hommes qui profitent d’elle, promettent puis oublient, aux femmes qui la maltraitent aussi, ou n’en font pas grand cas. Mais elle est forte, Victoire. Elle s’accrochera de son mieux.

Un roman social, triste, prenant, superbe. Personne n’en sort grandit, ni les religieuses, ni les forces de l’ordre, ni les paysans, ni les soldats, ni les riches, ni les petites gens.

Un regard éclairé et éclairant sur la condition de la femme à l’époque.

L’auteure et son œuvre

Mathilde Marie Georgina Élisabeth de Peyrebrune, dite Georges (ou George) de Peyrebrune est née le 18 avril 1841 à Pierrebrune, hameau de Sainte-Orse (Dordogne), et morte le 16 novembre 1917 à Paris. Femme de lettres, elle publie une trentaine de romans. Vers l’amour (1896) et Au pied du mât (1899) sont récompensés par l’Académie française. En 1905, elle participe à la création du prix Femina et fait partie du premier jury. Elle meurt en 1917, pauvre et oubliée.

Octave Mirbeau s’est inspiré de son œuvre, notamment pour Le journal d’une femme de chambre.

Une auteure à redécouvrir !

Mon Georges de Peyrebrune ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Gaëlle Nohant – Légende d’un dormeur éveillé
Tracy Chevalier – La jeune fille à la perle

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Emma Lechapt – Adieu Paris

(Roman / 2025)

Couverture du roman Adieu Paris d'Emma Lechapt

Une découverte. Je ne savais pas à quoi m’attendre avec Adieu Paris, hormis qu’un de ses protagonistes s’appelait Biscotte, un chat. La surprise a été d’autant meilleure. J’ai adoré cette lecture et j’ai éprouvé une pointe de tristesse en quittant ses personnages à la fin de l’histoire, en refermant le livre.

Adieu Paris se déroule en majeure partie à Marolles, un village du Loir-et-Cher. Je me suis vite senti à l’aise dans cette campagne que les citadins envient, jusqu’à découvrir qu’elle recèle également ses petits travers.

La jolie plume d’Emma Lechapt a donné naissance à des portraits réalistes, imparfaits et attachants autour d’un cardiologue parisien qui se cherche et qui part s’établir comme médecin généraliste dans un village.

Une des forces de ce roman est dans son écriture. L’auteure paraît douce et bienveillante, en réalité elle n’épargne personne et, sans juger, appuie là où ça fait mal, ce qui m’a beaucoup plu. Sans avoir l’air d’y toucher, elle pointe du doigt, pêle-mêle : les petits chefs qui cantonnent leurs subordonnés à des tâches déplaisantes par crainte qu’ils ne leur fassent de l’ombre ; les dégâts causés par les addictions aux sites de rencontre ; les déserts médicaux dans nos campagnes ; le sort des personnes âgées vivant seules dans le monde rural ; une forme de réticence à consulter ; les fermetures d’école ; la prévalence du paraître, tout le monde sait mais se tait tant que les apparences sont préservées ; la difficulté à être différent ; la générosité côtoyant la mesquinerie ; la rivalité et la violence des débats entre élus, traditions et progressisme, chasseurs et écologistes ; le fossé entre les couches sociales ; la complexité des relations de couple ; les drames tus, les non-dits ; le pouvoir des animaux ; la quête de soi. Le tout dans la joie et une bonne humeur affichée.

Un livre riche et succulent, qui fait du bien.

L’auteure et son œuvre

Emma Lechapt est professeure agrégée de lettres modernes. Adieu Paris est son premier roman.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
John Boyne – Les fureurs invisibles du coeur
Alice Zeniter – L’art de perdre

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Agnès de Clairville – Corps de ferme

(Roman / 2024)

Couverture du roman Corps de ferme d'Agnès de Clairville

Une prouesse littéraire. Une aventure humaine avant tout, au cœur de la ferme. Vue à travers les yeux de protagonistes bien particuliers : une vache, une chienne, un chat, une pie, et même un troupeau de cochons.

Agnès de Clairville ne se met pas à la place des animaux, essayant d’imaginer leur ressenti. Non. Agnès de Clairville EST la vache. Elle EST la chienne. Elle EST le chat. Elle EST la pie. Agnès de Clairville ne raconte pas leurs drames, elle les vit, dans sa chair, dans sa tête, dans son cœur. Elle est ces animaux, avec leurs craintes et leurs espoirs, avec les limites de leur univers et de leur compréhension, avec leurs sentiments et leur ressentiment. Avec leurs interactions avec les autres êtres vivants gravitant dans et autour de la ferme. Avec les tragédies qui se jouent dans cette modeste exploitation agricole qui a du mal à joindre les deux bouts et qui risque d’imploser à tout moment. Des tragédies entre animaux, entre animaux et humains et entre humains. Avec la mort qui rôde, personnage à part entière de ce paysage à la fois immuable et fragile, où la répétition des actions et des saisons est un signe d’absence d’ennuis.

Le monde rural et ses silences. Ses bruits et ses odeurs. La famille paysanne, l’homme, la femme et les deux garçons. Les tâches de chacun, du réveil au coucher, l’école se greffant presque comme une verrue incongrue sur leurs obligations naturelles du quotidien. La routine et les péripéties dans ce huis clos. Le lait et le sang. Les imprévus et leurs conséquences. La mort qui frappe. Un soubresaut. La vie qui continue. Cruelle. Ingrate. Parce que pas le choix. Pour survivre envers et contre tout. Dans la violence et l’indifférence. Dans l’amour aussi. En se serrant les coudes. La terre, les animaux, les hommes, la ferme.

Ici, on parle peu, monsieur. À quoi bon ? On travaille.

Une vision du monde paysan qui invite à réfléchir. Rude. Inoubliable.

L’auteure et son œuvre

Agnès de Clairville est née en 1968 en Normandie. Scientifique de formation, elle a travaillé la photographie avant d’écrire. Elle a publié trois romans à ce jour : La poupée qui fait oui (2022), Corps de ferme (2024), La route des Crêtes (2025).

Mon Agnès de Clairville ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Wajdi Mouawad – Anima
Jorn Riel – Le jour avant le lendemain

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Dolen Perkins-Valdez – Prends ma main

(Roman / 2022 / Take my hand)

Couverture du roman Prends ma main de Dolen Perkins-Valdez

Une jeune infirmière noire est embauchée au Planning familial, à Montgomery, un service officiel du gouvernement des USA aidant les pauvres à assurer leur contraception pour éviter qu’ils ne se retrouvent avec trop de bouches à nourrir. Elle se pose rapidement des questions.

Dolen Perkins-Valdez s’est inspirée de faits réels pour écrire ce roman poignant, et notamment de l’histoire de deux sœurs, Minnie Lee et Mary Alice Relf, jeunes afro-américaines stérilisées contre leur gré en 1973 à l’âge de 12 et 14 ans.

S’appuyant sur une documentation précise, elle dénonce avec force et maîtrise ce scandale indicible qui a fait des ravages dans les couches défavorisées de la population américaine, essentiellement chez les Noirs et chez les Indiens, mais aussi dans le milieu carcéral, le tout avec la bénédiction du gouvernement de l’époque. Le milieu médical américain n’était pas à son coup d’essai : des Noirs atteints de syphilis avaient déjà été pris pour cobayes pour suivre l’évolution de cette maladie.

Un roman nécessaire, pour alerter, informer, se souvenir, éviter qu’une telle ignominie ne se reproduise.

Mon seul regret ne concerne pas le roman, qui est parfait, mais la note de l’auteure en fin d’ouvrage qui explique l’horreur de ces stérilisations forcées à grande échelle, perpétrée sur la population noire, sur des personnes jugées inaptes et sur des détenues, mais qui oublie de mentionner que les populations amérindiennes ont également été victimes de ces pratiques inadmissibles.

Un incontournable pour qui aime les romans historiques de ce genre. Bouleversant.

L’auteure et son œuvre

Dolen Perkins-Valdez est née à Memphis. Après des études au Harvard College, elle enseigne la littérature. Essayiste et romancière, elle a publié quatre romans à ce jour : Wench (2010), Balm (2015), ces deux premiers romans se déroulant autour de la Guerre de Sécession, Take my hand (Prends ma main, 2022) et Happy land (2025).

Mon Dolen Perkins-Valdez ++

Prends ma main étant le seul roman traduit de Dolen Perkins-Valdez, je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Laurent Gaudé – Le soleil des Scorta
Vicki Myron – Dewey

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Etienne Le Reun – S’anomaliser, Démissionnez du monde

(Essai / 2024)

Couverture de l'essai S'anomaliser, démissionnez su monde, d'Etienne Le Reun

Je vous présente un nouvel épisode de La Guerre de la Toile : L’Empire lobotomise !

Cet essai d’Etienne Le Reun ne s’adresse pas aux gens heureux. Il ne faudrait pas les déprimer.

S’anomaliser est une voix sortie du néant qui parlera à ceux qui doutent, s’interrogent sur la santé mentale de la société, se disent qu’il y a sûrement mieux à faire que de se transformer en mouton ou en casseur, s’insurgent contre l’uniformisation de la pensée. Cet essai rassemblera ceux qui sont excédés par l’Emprise numérique qui reflète l’Empire, par la place prise aujourd’hui par l’indéboulonnable petit gadget technique de 7 centimètre sur 15 qui absorbe les couleurs et l’attention de milliards d’intoxiqués au m’as-tu vu, à l’idolâtrie du néant, au direct plus-c’est-effrayant-ou-spectaculaire-mieux-c’est, au format le-plus-court-possible, à l’instantané aussitôt oublié, aux pouces hérités de l’Empire romain, aux avis creux et partagés. Il parlera à ceux qui sortent des chemins balisés, à ceux qui créent ce qui n’est pas attendu, à ceux qui traversent la route en-dehors des passages cloutés, à ceux qui osent. Mais aussi à ceux qui hésitent, n’osent pas encore, se rendent compte qu’il y a un problème de mur qui se rapproche, aimeraient mais ne savent pas comment, se sentent seuls et perdus. À ceux qui aspirent à la désintoxication.

Cet essai remet le poète au centre de l’alternative. Des mots pour combattre les maux. Vieux rêve des combattants qui ne jurent pas par le sang.

S’anomaliser s’adresse aux naïfs, aux invisibles, à ceux qui arrivent encore à s’émerveiller, à voir le beau, à ceux qui n’abdiquent pas et cultivent la différence dans leur coin.

L’Empire n’a qu’à bien se tenir. Le Gris ne l’emportera pas !

S’anomaliser est-elle la voie à suivre ? Je n’en sais rien, ma pauvre Leia ! Mais si ce n’est pas la voie, c’est au moins une voix. Et comme disait l’autre, dans le marasme actuel, chaque voix compte !

Essai transformé, bravo ! À lire.

Quatrième de couverture

Combien de temps encore supporterez-vous d’être ensevelis ?

Le monde s’agrippe. Lavez-vous prudemment les mains et regardez cette peinture invisible se détacher péniblement de vos paumes. Pigment après pigment, pixel après pixel, poncif après poncif. Aussi pénible que soit le processus, lavez-vous l’être.

Une manuel de disparition à l’usage des égarés.

Extraits

L’homme en sait trop, ce qu’il lui faut d’urgence, c’est de l’inutilement beau. (p.116)

 Le courage c’est d’être et de demeurer naïf par choix, dans un monde fasciné par le dessous matériel des choses. Défendre obstinément son droit à la magie du quotidien. (p.246)

L’auteur et son œuvre

Etienne Le Reun est né en 1999. Poète, philosophe, essayiste, il anime la chaîne Youtube @ledolmen. S’anomaliser est son premier livre.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Karine Tuil – La décision
Joseph Kessel – Le lion

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Kazuo Ishiguro – Klara et le Soleil

(Roman / 2021 / Klara and the sun)

Couverture du roman Klara et le soleil de Kazuo Ishiguro

Klara est une AA, une Amie Artificielle, plus curieuse que les AA autour d’elle dans le magasin où elles attendent patiemment que des parents attentionnés les achètent pour tenir compagnie à leurs enfants, les instruire et veiller sur eux. Un jour, Josie la choisit. Elle va découvrir le monde extérieur, de l’autre côté de la vitrine, et n’est pas au bout de ses surprises.

L’histoire de Klara et le Soleil n’a l’air de rien, mais elle m’a profondément touché. Kazuo Ishiguro a été très malin dans son déroulé. La petite AA a des réactions emplis d’empathie et éprouve des sentiments que les humains s’attribuent à tort, alors que les humains s’affichent avec leurs défauts, leurs faiblesses et leurs mesquineries. À méditer. Et avant cela, à lire !

Un roman captivant, bouleversant, clairvoyant, poétique, magnifique.

Pour ce qui n’est déjà plus de la science-fiction, je vous conseille mon hors-série du Chat Noir : Entretiens avec Claude.

L’auteur et son œuvre

Kazuo Ishiguro né le 8 novembre 1954 à Nagasaki. Cet écrivain, musicien et scénariste a été naturalisé britannique en 1983. Prix Nobel de littérature en 2017, il a notamment écrit 8 romans et un recueil de nouvelles.

Mon Kazuo Ishiguro++

Je n’ai rien lu d’autre de cet auteur.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Ken Grimwood – Replay
Yoann Iacono – Le Stradivarius de Goebbels

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Claire Deya – Un monde à refaire

(Roman / 2024)

Couverture du roman Un monde à refaire de Claire Deya

Un roman historique, intelligent, instructif, à lire et à faire découvrir.

Printemps 1945. Le sud de la France est libéré. La guerre n’est pas pour autant terminée. Les horreurs non plus. Les survivants ont à reconstruire et à se reconstruire.

Les livres sur la 2eGM ne manquent pas. Claire Deya nous offre un éclairage inédit en s’appuyant sur une page méconnue de ce conflit : le déminage des rives de la Méditerranée.

Les Nazis avaient une longueur d’avance dans la technique des mines. Le minage des plages, routes et bâtiments avant la retraite est une nouvelle corde ajoutée à la politique de la terre brûlée, sournoise, meurtrière. Les mines seront reprises dans d’autres guerres, tuant et mutilant des civils des années après la fin des conflits.

Un monde à refaire ne se limite pas à cet épisode douloureux qui a vu la France utiliser des prisonniers de guerre pour « vérifier » l’efficacité du déminage, qui a vu l’Allemagne abandonner longtemps ses prisonniers, qui a aussi vu un travail collaboratif entre volontaires français et prisonniers allemands pour venir à bout de ce travail funeste.

Plusieurs histoires de la grande Histoire sont imbriquées dans ce récit. Le déminage. Le débarquement de Provence, moins médiatisé que l’autre. Le sort des prisonniers de guerre. Mais aussi des traumatismes d’après-guerre. Les vies bouleversées. Les gens qui ont changé. Faut-il tenter de rassembler des morceaux chahutés par les événements ou repartir de zéro ? Le retour des survivants. La spoliation de biens. La solution de facilité de « ne pas faire d’histoires », et tant pis pour les dénonciations racistes, jalouses, méchantes, tant pis pour les victimes de ces actes malveillants, cupides ou stupides et tant pis pour les biens perdus ? Comment rebondir ?

De nombreuses pistes de réflexion, sans morale, ni réponses évidentes. Ou alors une seule : la vie continue.

Des histoires personnelles poignantes. Un ton d’une grande sensibilité et des personnages justes. Un roman exceptionnel. Une réussite totale.

L’auteure et son œuvre

Claire Deya est une scénariste et auteure française. Un monde à refaire est son premier roman.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Gaëlle Nohant – Légende d’un dormeur éveillé
Bernhard Schlink – Le liseur

Mes écrits
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