Un instant d’égarement : cinq nouveaux avis
@camykrasznanomi 10 février 2025
🖤 🇫🇷 Un instant d’égarement – Claude Griesmar 🇫🇷 🖤
Roman auto-édité, novembre 2024
Quelques mois se sont écoulés depuis ma première rencontre avec les écrits de Claude Griesmar. Son recueil de nouvelles, 39 hommes en galère, en avait alors constitué une entrée en matière remarquable.
Quiconque se fierait à la mention « comédie balançonnaise » qui orne sournoisement la quatrième de couverture de ce nouvel ouvrage se ferait assurément bien berné.
La seule comédie dépeinte dans ces lignes est une comédie humaine…retorse, cynique, et nimbée d’un réalisme peu commun.
Un face à face entre deux protagonistes que tout oppose, à commencer par la Justice : Josée et Paul-Henri, bataillant dans des rivalités tant sociales que personnelles et juridiques, se voient contraints au sortir de l’audience à un confinement complet dans une cabine d’ascenceur bloquée.
L’animosité est latente. La communication, impossible ou au mieux inefficace.
Dans un récit haletant et ininterrompu, l’auteur nous plonge, lecteurs, dans une atmosphère viciée et suffocante semblable à l’air que peine à respirer les deux ennemis…
Menant son intrigue tambour battant, Claude Griesmar nous conduit tout en introspection dans la vie de nos deux séquestrés, imparfaits et douloureusement humains, et délie les ficelles de leur passif commun, jusqu’à un final des plus désarmants.
Au delà d’un récit original et maîtrisé, l’auteur décortique sous toutes ses coutures les dysfonctionnements d’une société sens dessus dessous, et analyse avec un pragmatisme certain les relations sentimentales sous toutes leurs formes…
Une farce cruelle magnifiquement orchestrée, et sans temps mort.
Croyez moi, me tenir captivée dans un huis clos n’est pas chose facile.
Une très belle réussite !
@claudegriesmar
Commenté en France le 27 janvier 2025
😎 Mon avis : Très sincèrement j’avais quelques doutes sur le fait de pouvoir lire un huit clos dans un ascenseur sans m’ennuyer. Mais j’aime ce genre de challenge. Alors j’ai quand même essayé.
Deux personnages. Un homme et une femme. L’un venant d’un milieu social aisé, l’autre d’un milieu modeste. Rien ne les prédestinait à se rencontrer (à commencer par le prénom… ceux qui l’ont lu savent) et pourtant.
Le roman n’a pas de chapitre, il se lit d’une traite en retenant son souffle. Exercice périlleux donc, mais relevé avec brio ! Je me suis laissée emportée par l’histoire, par l’originalité de la construction et de la plume. Les changements de temporalité entre les souvenirs et l’évènement dans l’ascenseur sont particulièrement bienvenus car ils rythment le récit. Je me suis régalée avec les dialogues et l’humour grinçant. J’ai beaucoup aimé me retrouver dans la tête de cet homme et de cette femme, comprendre leur façon de penser et ce qui les avait poussés à se retrouver dans cette situation. L’auteur plonge dans la nature humaine avec beaucoup de justesse. Et si les personnages peuvent parfois sembler antipathiques (chacun dans leur genre), pour ma part je me suis beaucoup attachée à eux. Les flashbacks viennent éclairer leurs réactions et donner à leurs parts d’ombre davantage d’humanité.
Ce roman m’a fait réfléchir et m’a bousculée par moment, comme j’aime.
J’ai passé un très bon moment littéraire. Je vous le recommande !
Commenté en France le 22 janvier 2025 – Achat vérifié
Paru en 2024Il s’agit du deuxième livre de @claudegriesmar que je lis et j’y ai retrouvé ce que j’ai aimé dans le premier :
– La volonté de l’auteur de nous surprendre jusqu’au bout
– Un côté satirique manié avec habilité
– La psychologie de personnages imparfaits, secrets et humains
– Des situations angoissantes, cocasses et souvent les deux à la fois
Dans ce huis-clos où deux êtres qui se détestent se retrouvent coincés dans le même ascenseur, l’ambiance devient vite angoissante et irrespirable. Aucun ne veut rien révéler à l’autre mais à travers leurs silences, leur colère, leur introspection ils finissent par se révéler à nous, lecteurs. Nous découvrons au fur et à mesure leur histoire chargée de désillusions, de regrets et d’une haine contenue envers eux-mêmes qui a fini par se déverser sur quelqu’un d’autre. La cause plus secrète et plus honteuse qui les a conduit à s’affronter au tribunal, nous est révélée à la toute fin avec tous les ingrédients pour surprendre, déranger et sortir des sentiers battus.
Pari gagné, bravo Claude!
Thèmes abordés :
Secrets / haine / introspection / peur / survie / couple / classes sociales
Merci à vous d’avoir investi dans « Un instant d’égarement » !
Si vous ne connaissez pas encore ce livre, vous le trouverez ici :
Commander en format papier
Commander en format numérique
Acheter en librairie, Au Bonheur des Livres (Strasbourg)
Si vous appréciez mes livres, faites-le savoir sur Amazon, sur vos réseaux et autour de vous !
Vous êtes ma meilleure carte de visite.
Me contacter
Me suivre![]()
Partager





Wahhch Debch découvre sa femme assassinée d’effroyable manière dans son salon. Tétanisé, il part à la recherche du meurtrier, déjà pour se prouver que ce n’est pas lui qui a perpétré cette horreur.
Anima est un roman noir, puissant, déstabilisant, violent et extrêmement original.
Original dans la construction. Wajdi Mouawad part d’un meurtre sordide et de fil en aiguille nous présente la situation peu enviable d’Amérindiens disséminés entre Canada et Etats-Unis, coincés entre coutumes d’un autre temps et réalité du monde actuel, puis l’histoire se transforme en quête. Le personnage principal va à la découverte de lui-même, de son passé oublié et d’événements dramatiques qui l’ont traumatisé durant son enfance. Les révélations se succèdent, le sang coule, le brouillard se dissipe et libère l’Histoire.
Original dans sa narration ensuite. L’histoire est racontée par des animaux qui croisent la route du personnage principal, des chats, des chiens, mais aussi des goélands, des écureuils, des mouches, des araignées et bien d’autres encore (je vous laisse le plaisir de découvrir Tomahawk par exemple). Chaque chapitre est ainsi unique en son genre, selon l’animal qui narre son bout de récit.
En refermant le livre, se pose une question : qui est le plus cruel, l’animal ou l’homme ? Ou non, la question ne se pose pas.
Une œuvre captivante, glaçante, inoubliable.

Renaud Rodier a écrit un roman parfait. C’est dit.
Des rencontres se font ou non. Dans mon souvenir, une chronique de ce roman choral m’a donné rendez-vous l’an passé. Dithyrambique et pleine de pudeur. Sans en dévoiler trop et en insistant sur l’urgence de cette lecture. J’ai su que je lirais ce livre. C’est fait. Une expérience marquante.
Nous héritons de gènes. Notre vécu et notre sensibilité nous façonnent. Ainsi en est-il des personnages de Renaud Rodier. Qui se rencontrent ou non. Ils ont des rêves et des espoirs, subissent les aléas de l’existence, prennent des décisions. Tout est fragile, éphémère, mouvant. La vie est une suite de choix conscients, d’épisodes subis, de hasards, de promesses, de tentatives, de réussites, d’échecs, de silences, d’actes manqués, de questionnements, de doutes. Chacun poursuit sa quête, fuit ses démons, cherche un sens à donner à tout ça, essaye de définir « tout ça », pour ne pas se perdre ou sombrer. La recherche d’un bonheur fugace ? de la vérité ? de quelle vérité ? d’une âme sœur ? d’une réalité ? d’une planche de salut ?
Renaud Rodier nous fait voyager. Autour de la Terre. En nous. Profondément. Il nous balade aussi. Pour notre plus grand bien. J’ai frissonné tout au long de cette lecture. J’ai retenu mon souffle. J’ai senti mon cœur palpiter. J’ai été touché, ému. J’ai relu des phrases, des paragraphes. En communion avec ces échappés.
Je me suis raccroché aux références familières (Led Zep, Le rayon vert, Hitchcock, l’ambigu Hotel California, etc). J’en ai découvert. Après le prologue, j’ai mis Pink Floyd dont les albums ont accompagné cette lecture, avec une prédilection pour Wish you were here et The final cut. Le groupe est cité page 217. Un autre pont ? Quand musique et mots se rejoignent.
Nous étions faits pour nous rencontrer, Les échappés et moi.
Un roman ultime, absolu, singulier, humain, riche, sans rien de superflu, servi par une plume remarquable.
Ne passez pas à côté de ce chef-d’œuvre littéraire. Je le relirai.

J’étais trop jeune pendant la guerre du Viêt Nam pour avoir conscience de la tragédie qui se jouait à l’époque dans ce pays lointain.
Puis on nous a présenté une certaine vision du conflit sur grand écran (Voyage au bout de l’enfer, Apocalypse now, Platoon, Full metal jacket), avec les gentils Américains tentant de protéger les gentils Vietnamiens face aux hordes de Vietcongs sauvages, mélangeant allègrement les résistants du sud et les communistes du nord, en omettant la corruption du gouvernement de Saïgon et l’humanité de tout Vietnamien.
Pour que chantent les montagnes présente une famille vietnamienne sur quatre générations, prise dans la folie de l’Histoire. Il s’agit d’une fiction. L’auteure s’est cependant basée sur des faits réellement arrivés à sa famille ou à des connaissances pour élaborer ce récit poignant qui offre une autre vision de l’histoire de ce pays, avec les occupations française, japonaise et américaine, mais aussi avec la Grande Famine et la réforme agraire qui ont fait de nombreuses victimes, la propagande communiste qui a déchiré des familles, le sort des soldats après la guerre et la force et l’ingéniosité nécessaires aux femmes qui avaient perdu provisoirement ou définitivement leur mari, pour s’adapter, survivre et protéger leurs enfants.
Nguyen Phan Que Mai, profondément humaniste, ne dépeint pas les Américains comme un peuple d’envahisseurs sanguinaires. Elle souligne toutefois l’impact dramatique sur la nature et la population de l’utilisation de l’agent orange et des 7,5 millions de tonnes de bombes larguées par les États-Unis.
Les sujets terribles abordés dans ce livre sont adoucis par la plume sensible et poétique de l’auteure, qualité souvent à l’honneur dans les écrits en provenance de cette région du monde.
Un témoignage rare et précieux. Un roman bouleversant et indispensable pour mieux comprendre cette période de l’histoire du Viêt Nam. À ranger à côté de 
