l’R de rien : trois avis Instagram

12 juillet 2025
L’R de Rien Claude Griesmar
Lorsque vous sortez en société, quel visage montrez-vous ?
Un visage de façade, lisse, sans aspérités, plein de bienveillance ?
Ou, au contraire, votre vrai moi, sans filtre, en prenant le risque de ne pas correspondre à la société ?

Dans L’R de rien, R :Raymond, Ryan , Rien ? incarne un homme qui se joue de cette figure de façade.
Tour à tour bienveillant envers une personne âgée, espiègle et taquin face à une femme, il entre avec minutie et perfectionnisme dans chacun de ses rôles.
Pourquoi ?
Parce que cela lui confère un pouvoir.
Cela lui donne l’impression et l’illusion ! de maîtriser et de dominer les autres.

L’R de rien utilise le dispositif psychologique du masque social pour dévoiler la face sombre de son héros.
R incarne un homme discret, ordinaire, conforme aux attentes sociales.
Mais son for intérieur est sombre, cruel.
Il y a une vraie dissociation entre ce qu’il montre et ce qu’il est.

Ce roman dénonce ce comportement que nous avons tous.
Il révèle sa toxicité, tout en formulant une satire assez mordante de notre société, au travers de personnages ordinaires, dans un quotidien aussi routinier.

Mais c’est dans cette atmosphère ,similaire au film Perfect Days ,que l’on ressent cette tension :
le quotidien, à travers ses actes routiniers et ses codes, n’est pas si superficiel…
et cache un malaise, une friction…
comme s’il suffisait d’une allumette pour incendier ce mur de fausse politesse et de convenance.

Si ce roman vous trouble, c’est qu’il nous renvoie ce miroir, ce double jeu auquel nous participons tous…
Un roman à lire pour faire exploser cette allumette.

22 juin 2025
📚 𝑨𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅’𝒉𝒖𝒊 𝒋𝒆 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒑𝒂𝒓𝒍𝒆 𝒅𝒆 ….
L’R de rien de Claude Griesmar

Cet homme en apparence de bonne compagnie… La gentillesse incarnée, serviable, poli, doux … Et si les apparences étaient trompeuses?

J’ai bien aimé cette histoire, j’ai été un peu déboussolée au départ, le temps d’assimiler ce qui était  » pensé » et réellement dit.
La structure est bien faite, les chapitres partagent des moments de vie de cet homme aux apparences agréables.
J’ai pas mal ri sur certains passages, les noms d’oiseaux qui voltigent entre les lignes m’ont beaucoup amusée.
La lecture est fluide, j’ai suivi le personnage sans trop de mal. Dans ce flot tranquille de rencontres de la vie quotidienne, des échanges entre voisins, collègues, etc.
Ce livre est plutôt amusant et prouve à quel point on ne peut pas toujours se fier à ce que l’on voit

P’tite pensée pour cette insupportable voisine !

23 février 2025
📘Un humour décalé qui change de mes lectures habituelles

📕Mais un humour que j’ai beaucoup aimé.

📘Les personnages sont très bien décrits.

📕Cet homme si gentil et serviable qui a des pensées si violentes, méchantes, vulgaires et négatives.

📘Cet homme, que tout le monde aime et apprécie.

📕Un roman plein d’originalité.

📘Une histoire et une fin à laquelle on ne s’attend pas.

📕Un roman qui fait aussi réfléchir sur « l’humain ».

📘Je me suis régalée et j’en redemande

🐈‍⬛
Merci à vous d’avoir lu  l’R de rien ! ❤️
Couverture du roman l'R de rien de Claude Griesmar

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J’ai couché : un avis supplémentaire

Emilie Alden

Commenté en France le 7 avril 2025

Un titre évocateur face à une couverture toute en sobriété, une histoire décrite en quatrième de couverture sur notre époque télécrochet qui envahit les écrans depuis maintenant plus de 2O ans, c’est le combo que met en avant l’auteur pour nous donner envie de découvrir son roman.
Dès le début, nombre de chansons sont mises en avant pour décrire des sentiments, une situation ou tout simplement le ressenti du personnage principal, ce qui apporte une vraie touche d’originalité et de peps à la plume de l’auteur, à la fois incisive, drôle et percutante. Ce roman est déconcertant, envoutant et satyrique. Ses personnages éclectiques tant par rapport aux caractères, niveau social et buts dans la vie. Et pourtant ça matche. Vraiment. Des surprises et quelques passages inattendus complètent ces pages. Un moment de lecture très original avec M.A, Daniela et tous les personnages de ce roman décalé de Claude Griesmar.
🐈‍⬛
Merci à vous d’avoir lu  J’ai couché ! ❤️
Couverture du roman J'ai couché de Claude Griesmar

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Georges Bernanos – Journal d’un curé de campagne

(Roman / 1936)

Couverture du roman Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos

La foi. Un concept difficile à expliquer lorsqu’on ne l’a pas vécue. Une conviction insaisissable lorsqu’on l’a perdue. Un état de félicité inestimable lorsqu’on la vit.

Dans ce roman, Georges Bernanos nous présente un jeune curé de campagne, trente ans, qui a hérité d’une paroisse banale, un village du nord de la France. Sa première paroisse. Le peu de foi qu’il décèle chez ses paroissiens l’attriste. Manquant d’assurance, affaibli par des douleurs persistantes à l’estomac, il doute de ses capacités à mener sa mission à bien. Il doute de sa capacité à prier. Torturé par sa solitude et par sa vie intérieure confuse, il cherche du réconfort auprès d’un curé voisin plus aguerri et dans l’écriture de son journal.

La plume riche, travaillée et sans concession de Georges Bernanos sublime les questionnements du curé de campagne. Le non-écrit dans les ellipses renforce le sentiment de malaise qu’on éprouve à la lecture des réflexions intimes confiées à son journal par ce jeune homme issu d’un milieu pauvre, qui consacre sa vie à Dieu et à ses paroissiens loin d’être exempts de tout reproche, aussi bien les plus aisés que les moins favorisés par la naissance et le sort. Surtout lorsqu’il tourne en rond dans son travail au quotidien qui lui semble inefficace pour lutter contre le péché et qu’on sent qu’il en vient à s’interroger sur sa raison.

Journal d’un curé de campagne est un roman puissant, émouvant et marquant.

L’auteur et son œuvre

Georges Bernanos est né le 20 février 1888 à Paris et mort le 5 juillet 1948. Cet écrivain plusieurs fois primés a écrit notamment huit romans (dont Sous le soleil de Satan, Journal d’un curé de campagne, Nouvelle histoire de Mouchette, Monsieur Ouine), une pièce de théâtre et de nombreux essais.

Mon Georges Bernanos ++

J’ai lu mais je n’ai pas apprécié Monsieur Ouine.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Joseph Kessel – Le lion
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Octave Mirbeau – Le journal d’une femme de chambre ♥

(Roman / 1900)

Couverture du roman Le journal d'une femme de chambre de Octave Mirbeau

Ce roman est un bonheur de lecture ! Politiquement incorrect, d’une modernité d’écriture étonnante, d’une lucidité rare, jouissif.

Ce journal est celui de Célestine, une femme de chambre qui n’a pas la langue dans sa poche, ne rechigne pas au travail et est portée sur la bagatelle.

Octave Mirbeau dénonce avec acuité et sans prendre de gants tout ce qui l’insupporte : l’insatisfaction maladive des gens, l’hypocrisie des nantis et des religieux qui exploitent sans vergogne les nécessiteux, celle des sans-le-sou qui ne rêvent pas d’égalité mais plutôt d’être à la place de ceux qui les malmènent et les méprisent, l’antisémitisme affiché de l’époque, l’avarice, la vilenie, la jalousie dans la couple et dans la société, le sexe, ses plaisirs et ses dérives imputables en partie à la bienséance et à la religion, en partie à la dépravation humaine.

La plume de Mirbeau est acérée, féroce, clairvoyante, drôle, intransigeante, sans complaisance. Elle décrit la différence de classes et ses conséquences, la traite des femmes de ménage dans les offices de placement ou chez les soeurs, le laid, moral et physique, la malhonnêteté, les rêves, les désillusions, la violence, l’amour ou l’obsession de la chose, le caractère humain.

Dans ce magma incandescent et putride, les domestiques forment un pont entre riches et pauvres, une population à part, pourris par les vices des Maîtres qu’ils côtoient dans leur intimité et qu’ils tentent d’imiter alors qu’ils restent englués dans leur condition. Ils sont aux premières loges pour constater la différence entre le paraître en public et l’être en privé de ces fortunés sans mérite autre que la chance de la naissance. Au point d’éprouver des envies de meurtre à l’encontre de ceux qu’ils servent au quotidien.

Les personnages sont sublimes.

Mirbeau relance l’intérêt en permanence et garde le lecteur en haleine grâce à une construction rythmée originale. Du grand art !

Un classique indispensable et indémodable.

Extraits

C’est la vie… On ne peut pas être et avoir été… C’est comme ça… (p.109)

Ah ! qu’une pauvre domestique est à plaindre, et comme elle est seule !… Elle peut habiter des maisons nombreuses, joyeuses, bruyantes, comme elle est seule, toujours !… La solitude, ce n’est pas de vivre seule, c’est de vivre chez les autres, chez des gens qui ne s’intéressent pas à vous, pour qui vous comptez moins qu’un chien, gavé de pâtée, ou qu’une fleur, soignée comme un enfant de riche… des gens dont vous n’avez que les défroques inutiles ou les restes gâtés :
— Vous pouvez manger cette poire, elle est pourrie… Finissez ce poulet à la cuisine, il sent mauvais…
Chaque mot vous méprise, chaque geste vous ravale plus bas qu’une bête… Et il ne faut rien dire ; il faut sourire et remercier, sous peine de passer pour une ingrate ou un mauvais cœur… Quelquefois, en coiffant mes maîtresses, j’ai eu l’envie folle de leur déchirer la nuque, de leur fouiller les seins avec mes ongles…
Heureusement qu’on n’a pas toujours de ces idées noires… On s’étourdit et on s’arrange pour rigoler de son mieux, entre soi. (p136)

Ah ! qu’elles sont décevantes ces routes vers l’inconnu !… L’on va, l’on va, et c’est toujours la même chose… Voyez cet horizon poudroyant, là-bas… C’est bleu, c’est rose, c’est frais, c’est lumineux et léger comme un rêve… Il doit faire bon vivre, là-bas… Vous approchez… vous arrivez… Il n’y a rien… Du sable, des cailloux, des coteaux tristes comme des murs. Il n’y a rien d’autre… Et, au-dessus de ce sable, de ces cailloux, de ces coteaux, un ciel gris, opaque, pesant, un ciel où le jour se navre, où la lumière pleure de la suie… Il n’y a rien… rien de ce qu’on est venu chercher… D’ailleurs, ce que je cherche, je l’ignore… et j’ignore aussi qui je suis.
Un domestique, ce n’est pas un être normal, un être social… C’est quelqu’un de disparate, fabriqué de pièces et de morceaux qui ne peuvent s’ajuster l’un dans l’autre, se juxtaposer l’un à l’autre… C’est quelque chose de pire : un monstrueux hybride humain… Il n’est plus du peuple, d’où il sort ; il n’est pas, non plus, de la bourgeoisie où il vit et où il tend… Du peuple qu’il a renié, il a perdu le sang généreux et la force naïve… De la bourgeoisie, il a gagné les vices honteux, sans avoir pu acquérir les moyens de les satisfaire… et les sentiments vils, les lâches peurs, les criminels appétits, sans le décor, et, par conséquent, sans l’excuse de la richesse… L’âme toute salie, il traverse cet honnête monde bourgeois et rien que d’avoir respiré l’odeur mortelle qui monte de ces putrides cloaques, il perd, à jamais, la sécurité de son esprit, et jusqu’à la forme même de son moi… Au fond de tous ces souvenirs, parmi ce peuple de figures où il erre, fantôme de lui-même, il ne trouve à remuer que de l’ordure, c’est-à-dire de la souffrance… Il rit souvent, mais son rire est forcé. Ce rire ne vient pas de la joie rencontrée, de l’espoir réalisé, et il garde l’amère grimace de la révolte, le pli dur et crispé du sarcasme. Rien n’est plus douloureux et laid que ce rire ; il brûle et dessèche… Mieux vaudrait, peut-être, que j’eusse pleuré ! Et puis, je ne sais pas… Et puis, zut !… Arrivera ce qui pourra… (p.203)

Mais, c’est surtout sur moi que je m’attendris, je le sens bien. En rentrant dans ma chambre, je suis prise d’une sorte de honte et d’un grand découragement… Il ne faudrait jamais réfléchir sur l’amour. Comme l’amour est triste, au fond ! Et qu’en reste-t-il ? Du ridicule, de l’amertume, ou rien du tout… (p.341)

Le vol ?… De quelque côté que l’on se retourne, on n’aperçoit partout que du vol… Naturellement, ce sont toujours ceux qui n’ont rien qui sont le plus volés et volés par ceux qui ont tout… Mais comment faire ? On rage, on se révolte, et, finalement, on se dit que mieux vaut encore être volée que de crever, comme des chiens, dans la rue… Le monde est joliment mal fichu, voilà qui est sûr… (p.346)

Bien que je me mêlasse, quelquefois, pour faire comme les autres, à ces jeux féroces, je ne pouvais me défendre, envers la petite bretonne, d’une espèce de pitié. J’avais compris que c’était là un être prédestiné au malheur, un de ces êtres qui, quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent, seront éternellement repoussés des hommes, et aussi des bêtes, car il y a une certaine somme de laideur, une certaine forme d’infirmités que les bêtes elles-mêmes ne tolèrent pas. (p.366)

Avec quelle impatience nerveuse j’attends le moment de savoir ce que je dois espérer ou craindre de la destinée !… Je ne puis plus vivre ainsi. Jamais je n’ai été autant écœurée de cette existence médiocre que je mène, de ces gens que je sers, de tout ce milieu de mornes fantoches où, de jour en jour, je m’abêtis davantage. Si je n’avais, pour me soutenir, l’étrange sentiment qui donne à ma vie actuelle un intérêt nouveau et puissant, je crois que je ne tarderais pas à sombrer, moi aussi, dans cet abîme de sottises et de vilenies que je vois s’élargir de plus en plus autour de moi… (p.393)

L’auteur et son œuvre

Octave Mirbeau est né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris. Il a été un romancier (notamment Le calvaire, l’Abbé Jules, Sébastien Roch, Le jardin des supplices, Le journal d’une femme de ménage, Les 21 Jours d’un neurasthénique, La 628-E8, Dingo), dramaturge (notamment Les affaires sont les affaires, Le foyer), novelliste (notamment Lettres de ma chaumière, Mémoire pour un avocat, La mort de Balzac), critique d’art, découvreur d’artistes et journaliste notoire. Inclassable, politiquement incorrect, individualiste, engagé (anarchiste, puis défenseur ardent et actif de Dreyfus et de Zola), pessimiste et contestataire, il a marqué son époque.

Mon Octave Mirbeau ++

Je n’ai rien lu d’autre de Mirbeau pour le moment, mais je ne m’arrêterai pas en si bon chemin.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Gaëlle Nohant – Légende d’un dormeur éveillé
Paula Hawkins – La fille du train

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Jacqueline Harpman – Moi qui n’ai pas connu les hommes

(Dystopie / 1995)

Couverture du roman Moi qui n'ai pas connu les hommes de Jacqueline Harpman

39 femmes et une enfant sont retenues prisonnières depuis des années dans une cage souterraine, depuis les événements dont personne ne se souvient vraiment. La petite ne se rappelle de rien de sa vie d’avant. Elles ne savent ni pourquoi elles sont là, ni ce que l’on attend d’elles. Les hommes qui les surveillent se contentent de les nourrir. Ils ne leur adressent jamais la parole.

Un roman étrange. Captivant. Fascinant.

Son ambiance hors du temps m’a fait penser à la fois à Le désert des Tartares, de Dino Buzzati, et à La femme des sables, de Abé Kôbô.

Moi qui n’ai jamais connu les hommes pose des questions. Souvent sans même les poser. N’y répond pas toujours. Ou alors entre les lignes. Ou directement dans nos têtes.

Cette dystopie passionnante invite à la réflexion. Les thèmes sont nombreux. Le temps qui passe. Le sens de la vie. La vacuité de l’existence. La solitude. La sororité. L’attente d’on ne sait quoi. Le pourquoi d’une situation. La difficulté de la communication. La transmission. Les souvenirs qui se perdent. Qu’est-ce qui restera en fin de compte ? Qu’est-ce qui aura compté quand il ne restera rien d’autre ?

Je ne peux que vous inviter à entrer dans la cage à votre tour. Pour le meilleur et pour le pire. Mais quel pire ?

L’auteure et son œuvre

Jacqueline Harpman est née le 5 juillet 1929 à Etterbeek et morte le 24 mai 2012 à Uccle, en Belgique. Psychanalyste, écrivaine belge de langue française, elle a écrit 29 livres, publiés entre 1958 et 2011. Elle a obtenu le prix Médicis pour son roman Orlanda en 1996. Son œuvre comporte des romans, des nouvelles, des articles pour la revue Revue belge de psychanalyse, des critiques de théâtre. Elle a aussi écrit pour le cinéma et collaboré à la réalisation de plusieurs films.

Mon Jacqueline Harpman ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Christina Sweeney-Baird – La fin des hommes
Isabel Allende – La maison aux esprits

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Mercè Rodoreda – Le jardin sur la mer

(Roman / 1967 / Jardi vora el mar)

Couverture du roman Le jardin sur la mer de Mercè Rodoreda

Un roman hors du temps.

Le narrateur est le jardinier d’une magnifique maison secondaire près de la mer, non loin de Barcelone. Il raconte les saisons qui défilent, les années qui se suivent, ressemblantes mais très différentes, ses fleurs, la mer, les jeunes propriétaires, leurs amis, leurs voisins, les domestiques, les rapports entre tout ce beau monde, parfois simples, parfois compliqués, les potins.

Un regard détaché qui, mine de rien, analyse les amours douloureuses, les ambitions des uns, les obsessions des autres, les difficultés de tous, les décisions prises et leurs conséquences, les actes manqués, les frasques des nantis, les considérations des petites gens. Les silences sont souvent davantage parlants que la conversation qui meuble. L’ensemble est rythmé par la nature cyclique et le temps qui passe.

Un roman d’une simplicité désarmante, empreint d’une poésie douce. Addictif.

Une très belle découverte.

L’auteure et son œuvre

Mercè Rodoreda est née le 10 octobre 1908 à Barcelone et morte le 13 avril 1983 à Gérone. Poétesse, romancière, novelliste, elle a été une des grandes plumes catalanes du 20e siècle, notamment avec son roman La Place du Diamant (La Plaça del Diamant, 1962), traduit en plus de 35 langues, Rue des Camélias (El carrer de les Camèlies, 1966), Aloma (nouvelle version, 1969), Miroir brisé (Mirall trencat, 1974) et Tant et tant de guerre (Quanta, quanta guerra…, 1980). Elle a obtenu de nombreux prix pour ses romans et pour l’ensemble de son œuvre.

Mon Mercè Rodoreda ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Claire Deya – Un monde à refaire
Pat Conroy – Le Prince des Marées

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Claude Griesmar – Auteur

Mon actualité :

– Janvier 2026 : un florilège d’avis sur les livres de la Collection du Chat Noir.

– Membre du Grand Jury du Prix Bernard Lecache 2025

– 3 septembre, publication d’un Hors-série consacré à l’Intelligence Artificielle : Entretiens avec Claude.

Couverture de Entretiens avec Claude de Claude Griesmar

Interview de la chroniqueuse Instagram @natha.livres suite à sa lecture de Gris comme la mort.

Les six premiers avis pour Gris comme la mort.

– 6 juin, publication de mon nouveau roman : Gris comme la mort !

Couverture du roman Gris comme la mort de Claude Griesmar

 

Toutes les infos dans le JOURNAL.

Mes livres de la Collection du Chat Noir toujours disponibles :

Les huit couvertures de la Collection du Chat Noir de Claude Griesmar

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Prix Bernard Lecache 2025

Le Prix Bernard Lecache 2025 a livré ses secrets !

La troisième édition de ce concours de nouvelles organisé par la Licra, au sujet tellement important, Écrire contre la haine, a tenu ses promesses.

En tant que vainqueur de la première édition (en 2023, avec Le village disparu), j’ai eu le plaisir et le privilège d’être invité à figurer parmi les neuf membres du Grand Jury ayant la lourde et délicate mission de départager les meilleures nouvelles de cette année. Merci pour cet honneur.

Les participants ont proposé des nouvelles diversifiées, chargées en émotion, en messages, en causes à défendre, en histoires, belles ou terribles ou les deux à la fois. Je me suis régalé à la lecture.

La lauréate du Prix Bernard Lecache 2025 a su ajouter une dose d’humour surprenante, et je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. Il s’agit de Stéphanie Albin, avec Black Suaires Matter. Tout un programme !

Je suis ravi du résultat, deux de mes trois nouvelles coups de coeur ayant terminé en tête du concours (Black Suaires Matter et Le Doute, de Roxanne-Lou Aminian). La troisième figure dans le recueil, mais pas sur le podium (Chronique d’une haine ordinaire, de Fatima de Castro), ce qui montre le niveau élevé et la variété de ces nouvelles.

Comme d’habitude, le recueil est édité aux Éditions La rumeur libre. Et comme d’habitude, l’objet est magnifique !

Prix Bernard Lecache 2025

Si, comme les auteurs qui ont offert leurs textes, vous souhaitez participer à la lutte contre la haine, n’hésitez pas à acheter ce recueil.

Toutes mes félicitations aux lauréats mais aussi à l’ensemble des participants, à la Licra et à La rumeur libre !

Georges de Peyrebrune – Victoire la Rouge

(Roman / 1884)

Couverture du roman Victoire la Rouge de Georges de Peyrebrune

La jeune et pataude Victoire est confiée par la Révérende Mère de l’hospice des orphelins à des paysans comme main d’œuvre pas chère. Pas très futée, elle rit avec ceux qui se moquent d’elle.

Un roman féministe avant l’heure, sans en ajouter des couches. Une histoire émouvante et bien écrite (un style simple et direct, ceux qui ont essayé d’écrire savent à quel point il est dur de faire simple). Un livre porteur de messages, sans pour autant les étaler en grand.

L’héroïne, pleine de bonnes intentions mais naïve, ne demande pas grand-chose à la vie : une petite place sur cette terre. Elle souhaite vivre comme les autres, c’est tout. Elle ira de désillusion en désillusion dans un monde cruel. La faute aux hommes qui profitent d’elle, promettent puis oublient, aux femmes qui la maltraitent aussi, ou n’en font pas grand cas. Mais elle est forte, Victoire. Elle s’accrochera de son mieux.

Un roman social, triste, prenant, superbe. Personne n’en sort grandit, ni les religieuses, ni les forces de l’ordre, ni les paysans, ni les soldats, ni les riches, ni les petites gens.

Un regard éclairé et éclairant sur la condition de la femme à l’époque.

L’auteure et son œuvre

Mathilde Marie Georgina Élisabeth de Peyrebrune, dite Georges (ou George) de Peyrebrune est née le 18 avril 1841 à Pierrebrune, hameau de Sainte-Orse (Dordogne), et morte le 16 novembre 1917 à Paris. Femme de lettres, elle publie une trentaine de romans. Vers l’amour (1896) et Au pied du mât (1899) sont récompensés par l’Académie française. En 1905, elle participe à la création du prix Femina et fait partie du premier jury. Elle meurt en 1917, pauvre et oubliée.

Octave Mirbeau s’est inspiré de son œuvre, notamment pour Le journal d’une femme de chambre.

Une auteure à redécouvrir !

Mon Georges de Peyrebrune ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Gaëlle Nohant – Légende d’un dormeur éveillé
Tracy Chevalier – La jeune fille à la perle

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Emma Lechapt – Adieu Paris

(Roman / 2025)

Couverture du roman Adieu Paris d'Emma Lechapt

Une découverte. Je ne savais pas à quoi m’attendre avec Adieu Paris, hormis qu’un de ses protagonistes s’appelait Biscotte, un chat. La surprise a été d’autant meilleure. J’ai adoré cette lecture et j’ai éprouvé une pointe de tristesse en quittant ses personnages à la fin de l’histoire, en refermant le livre.

Adieu Paris se déroule en majeure partie à Marolles, un village du Loir-et-Cher. Je me suis vite senti à l’aise dans cette campagne que les citadins envient, jusqu’à découvrir qu’elle recèle également ses petits travers.

La jolie plume d’Emma Lechapt a donné naissance à des portraits réalistes, imparfaits et attachants autour d’un cardiologue parisien qui se cherche et qui part s’établir comme médecin généraliste dans un village.

Une des forces de ce roman est dans son écriture. L’auteure paraît douce et bienveillante, en réalité elle n’épargne personne et, sans juger, appuie là où ça fait mal, ce qui m’a beaucoup plu. Sans avoir l’air d’y toucher, elle pointe du doigt, pêle-mêle : les petits chefs qui cantonnent leurs subordonnés à des tâches déplaisantes par crainte qu’ils ne leur fassent de l’ombre ; les dégâts causés par les addictions aux sites de rencontre ; les déserts médicaux dans nos campagnes ; le sort des personnes âgées vivant seules dans le monde rural ; une forme de réticence à consulter ; les fermetures d’école ; la prévalence du paraître, tout le monde sait mais se tait tant que les apparences sont préservées ; la difficulté à être différent ; la générosité côtoyant la mesquinerie ; la rivalité et la violence des débats entre élus, traditions et progressisme, chasseurs et écologistes ; le fossé entre les couches sociales ; la complexité des relations de couple ; les drames tus, les non-dits ; le pouvoir des animaux ; la quête de soi. Le tout dans la joie et une bonne humeur affichée.

Un livre riche et succulent, qui fait du bien.

L’auteure et son œuvre

Emma Lechapt est professeure agrégée de lettres modernes. Adieu Paris est son premier roman.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
John Boyne – Les fureurs invisibles du coeur
Alice Zeniter – L’art de perdre

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