Agnès de Clairville – Corps de ferme

(Roman / 2024)

Couverture du roman Corps de ferme d'Agnès de Clairville

Une prouesse littéraire. Une aventure humaine avant tout, au cœur de la ferme. Vue à travers les yeux de protagonistes bien particuliers : une vache, une chienne, un chat, une pie, et même un troupeau de cochons.

Agnès de Clairville ne se met pas à la place des animaux, essayant d’imaginer leur ressenti. Non. Agnès de Clairville EST la vache. Elle EST la chienne. Elle EST le chat. Elle EST la pie. Agnès de Clairville ne raconte pas leurs drames, elle les vit, dans sa chair, dans sa tête, dans son cœur. Elle est ces animaux, avec leurs craintes et leurs espoirs, avec les limites de leur univers et de leur compréhension, avec leurs sentiments et leur ressentiment. Avec leurs interactions avec les autres êtres vivants gravitant dans et autour de la ferme. Avec les tragédies qui se jouent dans cette modeste exploitation agricole qui a du mal à joindre les deux bouts et qui risque d’imploser à tout moment. Des tragédies entre animaux, entre animaux et humains et entre humains. Avec la mort qui rôde, personnage à part entière de ce paysage à la fois immuable et fragile, où la répétition des actions et des saisons est un signe d’absence d’ennuis.

Le monde rural et ses silences. Ses bruits et ses odeurs. La famille paysanne, l’homme, la femme et les deux garçons. Les tâches de chacun, du réveil au coucher, l’école se greffant presque comme une verrue incongrue sur leurs obligations naturelles du quotidien. La routine et les péripéties dans ce huis clos. Le lait et le sang. Les imprévus et leurs conséquences. La mort qui frappe. Un soubresaut. La vie qui continue. Cruelle. Ingrate. Parce que pas le choix. Pour survivre envers et contre tout. Dans la violence et l’indifférence. Dans l’amour aussi. En se serrant les coudes. La terre, les animaux, les hommes, la ferme.

Ici, on parle peu, monsieur. À quoi bon ? On travaille.

Une vision du monde paysan qui invite à réfléchir. Rude. Inoubliable.

L’auteure et son œuvre

Agnès de Clairville est née en 1968 en Normandie. Scientifique de formation, elle a travaillé la photographie avant d’écrire. Elle a publié trois romans à ce jour : La poupée qui fait oui (2022), Corps de ferme (2024), La route des Crêtes (2025).

Mon Agnès de Clairville ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

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Kazuo Ishiguro – Klara et le Soleil

(Roman / 2021 / Klara and the sun)

Couverture du roman Klara et le soleil de Kazuo Ishiguro

Klara est une AA, une Amie Artificielle, plus curieuse que les AA autour d’elle dans le magasin où elles attendent patiemment que des parents attentionnés les achètent pour tenir compagnie à leurs enfants, les instruire et veiller sur eux. Un jour, Josie la choisit. Elle va découvrir le monde extérieur, de l’autre côté de la vitrine, et n’est pas au bout de ses surprises.

L’histoire de Klara et le Soleil n’a l’air de rien, mais elle m’a profondément touché. Kazuo Ishiguro a été très malin dans son déroulé. La petite AA a des réactions emplis d’empathie et éprouve des sentiments que les humains s’attribuent à tort, alors que les humains s’affichent avec leurs défauts, leurs faiblesses et leurs mesquineries. À méditer. Et avant cela, à lire !

Un roman captivant, bouleversant, clairvoyant, poétique, magnifique.

Pour ce qui n’est déjà plus de la science-fiction, je vous conseille mon hors-série du Chat Noir : Entretiens avec Claude.

L’auteur et son œuvre

Kazuo Ishiguro né le 8 novembre 1954 à Nagasaki. Cet écrivain, musicien et scénariste a été naturalisé britannique en 1983. Prix Nobel de littérature en 2017, il a notamment écrit 8 romans et un recueil de nouvelles.

Mon Kazuo Ishiguro++

Je n’ai rien lu d’autre de cet auteur.

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Sabrina Péru – Breaking News

(Nouvelles / 2021)

Couverture du recueil de nouvelles Breaking News de Sabrina Péru

Ce recueil de nouvelles a tout pour plaire. Sabrina Péru est redoutable. Sous de faux-airs de légèreté, elle aborde avec talent au détour d’un tour de cadran des sujets importants déguisés en mordants boniments. Elle met des mots sur des maux, avec humour et glamour. Elle joue avec les mots, les sonorités, les sots, les minorités. Du caustique, cynique, sardonique, sarcastique. Elle pointe du doigt les hics qui font mal, tout en gardant le sourire pour le meilleur et pour le pire. Ses nouvelles sont à chute et parfois à chutes, comme elle l’indique.

Sabrina Péru est inventive et créative. Elle nous balade dans le temps et sur les continents. À la manière de la célèbre série Noir Miroir, elle fait déraper l’univers connu, juste ce qu’il faut pour basculer vers l’inconnu, le saugrenu, le potentiel, le cruel, le sensationnel. Le petit détail qui change tout et qui enchante.

Avec Breaking News, Sabrina Péru surprend (les histoires, les chutes), émeut (la sensibilité de l’auteure à l’œuvre), divertit (Sabrina Péru est drôle) et prête à réfléchir (de fortes thématiques sociétales ou individuelles).

J’ai passé un excellent moment dans ces histoires courtes.

Je cite Sabrina Péru : « La vie ne fait pas de cadeau aux mal assis ! ».

Quatrième de couverture

24 nouvelles baroques, 24 personnages loufoques, 24 heures O’clock.

Pourquoi Breaking News ?
Parce qu’il fallait un titre qui détonne, qui décoiffe, qui décape. Et que ça a plus de gueule en anglais.
Parce que nous vivons dans une ère de l’instant.
Parce que nous vivons dans une ère de l’instantanéité où la folie côtoie la raison, la maladie l’horizon et l’amour l’illusion.

Des nouvelles à chut(e) qui feront beaucoup de bruit : questions environnementales, politiques, du Japon aux USA, d’une époque à l’autre, de Robin des Bois à Zuckerberg, des rêveries aux âneries, plongez dans un univers différent à chacune de ces nouvelles qui interrogent le monde sans jamais y apporter de réponse.
Mais avec humour toujours, car c’est bien ce qu’il nous reste, à nous autres, habitants de la planète ?

L’auteure et son œuvre

Professeure des écoles et de FLE, Sabrina Péru a beaucoup voyagé avant de poser ses valises. Elle a pris des notes sur la route. Puis elle a passé la vitesse supérieure avec une pièce de théâtre, La complainte du Belzébuth, parue aux Éditions L’Harmattan en 2021, et deux recueils de nouvelles Breaking News qui est réédité en 2025 et La sagesse des dents qui tombent en 2024. Elle anime également des ateliers d’écriture.

Mon Sabrina Péru ++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure pour le moment.

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D’autres lectures
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Christina Sweeney-Baird – La fin des hommes

(Roman / 2021 / The end of men)

Couverture du roman La fin des hommes de Christina Sweeny-Baird

Quelle belle découverte ! Quel roman intelligent !

Dans La fin des hommes, l’auteure déroule une pandémie avec une maîtrise déconcertante. Sachant qu’elle a écrit ce roman un an AVANT le Covid. Elle développe le sujet comme s’il s’agissait d’un cas d’étude fréquemment rencontré, avec une aisance acquise au fil de nombreuses expériences. Mais il ne s’agit pas d’une compilation d’événements vécus. Ce livre est une fiction, avec un degré de crédibilité à faire pâlir les plus grands spécialistes. Elle évite de se perdre dans des détails risquant de nuire à la fluidité du récit, décortique tous les aspects du problème avec une précision chirurgicale : l’origine de la maladie, le processus de propagation du virus, les erreurs de jugement ayant empêché de le circonscrire tant que c’était encore possible, la panique, le chaos dans la société, les mesures prises par les survivants pour se réorganiser et tenter de sauver l’espèce humaine.

La construction du roman est géniale. Christina Sweeney-Baird donne la parole tour à tour à un vaste panel de personnages, sur différents continents, qu’elle suit au fil de la propagation du Fléau : médecin, membre du gouvernement, journaliste, citoyen lambda, etc.

Un autre trait de génie en découle : le lecteur est aux premières loges de la pandémie, impliqué dans l’intime des personnages et dans les impacts planétaires et des spécificités locales.

De magnifiques personnages : imparfaits, réalistes, très travaillés, avec des qualités et des défauts, des espoirs, des doutes et des craintes.

J’ai tremblé avec chacun d’eux, chacune le plus souvent, le virus décimant les hommes. On sait que c’est dur pour ceux (celles) qui restent. La perte. Le deuil. Le manque. Un sens à trouver pour continuer, survivre, revivre. La résilience et la force des femmes. L’auteure traite ces aspects avec beaucoup de sensibilité et d’empathie.

Un livre qui prête à réfléchir. Le Covid en apéritif ? Un Fléau ensuite ? Et si le prochain ne s’attaque pas qu’aux femmes ?

Une dystopie à dévorer puis à ranger à côté des références du genre. Une auteure à suivre de très près !

L’auteure et son œuvre

Christina Sweeney-Baird est née en 1993. Elle a vécu à Glasgow et à Londres et a étudié le droit à l’université de Cambridge. Elle a publié en tant que journaliste indépendante dans The Independent et le Huffington Post. Aujourd’hui, elle est avocate. La fin des hommes est son premier roman.

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Ray Bradbury – Le vin de l’été
Karine Tuil – La décision

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Valéria Carvet – La nuit du papillon

(Nouvelles fantastiques / 2022)

Couverture du recueil de nouvelles La nuit du papillon de Valéria Carvet

Un recueil de nouvelles fantastiques portant le titre d’un épisode jamais tourné des Mystères de l’Ouest, voilà qui avait de quoi attiser ma curiosité.

Je n’avais jamais rien lu de Valéria Carvet. Mon petit doigt me susurrait que cette nuit du papillon me plairait. Je lui ai fait confiance et je ne l’ai pas regretté, au contraire ! J’ai adoré La nuit du papillon.

Je ne l’ai pas lu d’une traite. Je l’ai économisé, comme une tablette de chocolat rare. Je l’ai fait durer plusieurs semaines, à raison d’une nouvelle de temps en temps. Je savais que ce livre contenait onze histoires. Alors, je m’en offrais une de temps en temps, me réjouissant à l’idée de découvrir la nouvelle invention de Valéria Carvet, son nouveau cadeau. Un plaisir intense onze fois renouvelé.

Je ne vais pas vous raconter les onze histoires, ni même une seule. Tout le bonheur réside dans la découverte.

Je vais tout de même vous confier à quoi m’ont fait penser ces onze nouvelles : à un mélange réussi de Black Mirror, de Stephen King et de Philip K. Dick. Des références respectables. Le tout à la sauce Carvet et saupoudré d’un léger humour à la Valéria. Un délice pour les yeux.

Si les références évoquées sont pour vous synonyme de shoots d’endorphine, n’hésitez pas à déclencher onze poussées de félicité avec La nuit du papillon !

En plus, il y a des chats.

L’auteure et son œuvre

Originaire du Sud de la France, Valéria Carvet est enseignante et passionnée de littérature fantastique et fantasy. Outre le recueil de nouvelles La nuit du papillon, elle a publié deux romans à ce jour : Watobé, liseur d’étoiles (2020) et Coeurs captifs : Le labyrinthe des rêves (2024).

Mon Valéria Carvet++

Je n’ai rien lu d’autre de cette auteure.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

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Ken Grimwood – Replay
Alice Zeniter – L’art de perdre

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Robert Le Plana – Nuances urbaines

(Nouvelles / 2023)

Couverture du recueil de nouvelles Nuances urbaines de Robert Le Plana

Nuances urbaines nous invite à découvrir des tranches de vie d’habitants divers et variés d’une ville anonyme dans un futur proche.

C’est tout ? Oui et non. Oui, parce que cette phrase est un résumé qui vaut ce qu’il vaut des six nouvelles de ce recueil. Non, parce que ce résumé occulte l’incroyable qualité à la fois des six textes et de l’ensemble.

J’ai adoré lire Nuances urbaines !

Robert Le Plana a écrit six histoires palpitantes que je n’ai pas pu lâcher une fois que je les avais commencées. Ces nouvelles et l’écriture de Robert Le Plana renvoient à l’Âge d’Or de la science-fiction. Pas aux rencontres avec des extra-terrestres ou aux voyages dans l’espace, mais aux autres textes de cette époque bénie, ces récits captivants qui auraient presque pu se dérouler de nos jours, mais seulement presque. À un détail près qui change ABSOLUMENT tout. À ce détail près qui fait toute la différence. Ce détail qui fait frissonner, qui affiche un grand point d’interrogation au-dessus de nos têtes, qui fait sourire parfois, qui ralentit notre respiration, qui interroge même après la lecture. Nuances urbaines s’apparente à une suite de ces nouvelles d’une autre époque, comme Black mirror peut être vu comme une suite de La quatrième dimension ou de Au-delà du réel. Robert De Plana plonge le lecteur dans cette ville mais aussi dans les nuances de l’âme humaine.

Le génie de Robert Le Plana a été de lier ces six nouvelles, ce qui a changé ma manière d’aborder ce livre. Je m’explique. Alors que j’apprécie de picorer dans un recueil de nouvelles en lisant des livres en parallèle et en faisant ainsi durer longtemps un recueil standard, j’ai lu ce Nuances urbaines comme un roman (parce que j’avais compris en lisant des avis élogieux sur ce livre que les nouvelles étaient liées). Je l’ai dévoré en trois soirs. Ce lien, original et réussi et qui m’a aussi rappelé la construction de certains chefs-d’œuvre du fameux Âge d’Or, ajoute une grosse couche de plaisir de lecture supplémentaire. Bravo Robert Le Plana, je me suis régalé !

L’auteur et son œuvre

Nuances urbaines est le premier livre publié par l’auteur suisse Robert Le Plana.

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D’autres lectures
Daniel Keyes – Des fleurs pour Algernon
Joyce Maynard – Où vivaient les gens heureux

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Ray Bradbury – Le vin de l’été

(Roman / 1957 / Dandelion wine)

Couverture du roman Le vin de l'été de Ray Bradbury

Tout le monde connaît Chroniques martiennes et Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. L’œuvre de cet auteur hors-norme ne se limite cependant pas à ces deux classiques de la science-fiction. Il a écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des scénarios, de la littérature jeunesse, des essais, de la poésie, en explorant différents genres.

Le vin de l’été, en partie autobiographique, est peut-être son roman le plus personnel. Il raconte l’été 1928 vécu en famille par Douglas Spaulding, 12 ans, à Green Town, Illinois.

Green Town est un double de Waukegan où Bradbury a grandi. Douglas est son deuxième prénom et Spaulding le deuxième prénom de son père.

Douglas grandit. Il partage ses réflexions avec son frère Tom, de deux ans son cadet. Il est émerveillé ou épouvanté par ses découvertes successives au fil des événements de l’été.

Le vin de l’été est un assemblage d’histoires courtes, reliées entre elles par des textes de transition, ce qui confère à l’ensemble la préciosité d’un album souvenir d’un temps révolu, aux plaisirs simples, aux goûts sucrés, aux couleurs flamboyantes, à l’ambiance unique.

La plume de Ray Bradbury fait le reste et ajoute magie et poésie aux mots et aux images.

J’ai été emporté par la douce musique de Bradbury. L’enfant qui découvre qu’il vit. Le même qui prend conscience que rien n’est éternel, que tout le monde finit par mourir. Les soirées à discuter sous le porche. Les repas familiaux. Les amis. Les rituels immuables de l’été. Les nouveautés. Le temps qui passe. La nature de la machine à bonheur. Les ombres qui menacent. Les cadeaux de la nature. Les changements irréversibles. L’imagination débordante qui invente mille histoires dans une banale petite ville. La vieillesse. Le temps qui fait son œuvre et emporte des époques entières. Les générations qui se succèdent. L’été qui s’achève. Les souvenirs de chaque journée contenus dans les bouteilles de vin de pissenlit.

Merci Ray Douglas Bradbury pour ce voyage savoureux. Merci Tiffany McDaniel pour ce conseil de lecture.

L’auteur et son œuvre

Ray Bradbury est né le 22 août 1920 à Waukegan (Illinois) et mort le 5 juin 2012 à Los Angeles. Il a écrit des œuvres dans différents genres mais est entré dans la postérité comme un des auteurs d’anticipation les plus célèbres. Ses livres les plus connus ou à connaître sont Fahrenheit 451, Chroniques martiennes, L’homme illustré, La foire des ténèbres, Le vin de l’été, À l’ouest d’octobre, Les pommes d’or du soleil, Le pays d’octobre.

Mon Ray Bradbury ++

J’ai lu de nombreux livres écrits par Ray Bradbury, dont les plus connus. Je les détaillerai peut-être à l’occasion.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Richard Matheson – Le jeune homme, la mort et le temps
Cécile Candiago – D’où je viens

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Daniel Keyes – Des fleurs pour Algernon ♥

(Science-fiction / 1966 / Flowers for Algernon)

Couverture du roman Des fleurs pour Algernon,de Daniel Keyes

Charlie Gordon, 32 ans, est employé dans une boulangerie. Il est simple d’esprit aussi. Ce qui lui vaut d’être victime de moqueries et de farces douteuses, à son insu.

Algernon est une souris de laboratoire. Un traitement a décuplé son intelligence.

Le même traitement est administré à Charlie.

La psychologue Alice Kinnian assiste Charlie Gordon dans sa métamorphose et sa découverte d’un monde qu’il avait habité sans le comprendre.

Commentaire

L’idée de base était très simple. Daniel Keyes en a fait un petit chef-d’œuvre en ajoutant notamment une idée de génie à son idée de base : l’histoire est racontée par Charlie Gordon lui-même, ce qui permet au lecteur de suivre son évolution au fil de ses apprentissages et de ses expériences, physiques et émotionnelles.

Ce roman m’a tenu en haleine, parce qu’une histoire n’est jamais vraiment simple. Il m’a fait rire aussi, pleurer, réfléchir. Au regard que nous portons, consciemment ou non, sur ceux qui sont différents et vulnérables. À la cruauté de certains propos blessants énoncés sur le ton de la plaisanterie. À la place des sentiments dans une vie. À l’importance à donner au savoir. Au bonheur. L’intelligence rend-elle heureux ?

Des fleurs pour Algernon est une leçon d’humanité et d’humilité. Bouleversant.

Ce roman est classé en SF mais il n’est pas nécessaire d’être fan de science-fiction pour l’apprécier pleinement.

À lire au moins une fois dans sa vie.

L’auteur et son œuvre

Daniel Keyes est né le 9 août 1927 à Brooklyn et mort le 15 juin 2014.

Il a notamment écrit Des fleurs pour Algernon, d’abord sous forme de nouvelle en 1959 puis de roman en 1966, et Les mille et une vies de Billy Milligan (The Minds of Billy Milligan, 1981, paru une première fois en France sous le titre Billy Milligan, l’homme aux 24 personnalités) et Les mille et une guerres de Billy Milligan (The Milligan Wars, 1986), deux romans sur Billy Milligan, un violeur jugé non responsable de ses actes en raison de son trouble dissociatif de l’identité. Billy Milligan, l’homme au 24 personnalités a inspiré à M. Night Shyamalan le personnage principal de son film Split.

Daniel Keyes a aussi écrit d’autres nouvelles, cinq romans non traduits en français et un essai, Algernon, Charlie et moi (Algernon, Charlie, and I: A Writer’s Journey, 2000).

Mon Daniel Keyes ++

Je n’ai rien lu d’autre de cet auteur.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Isaac Asimov – Les cavernes d’acier
Dezso Kosztolanyi – Anna la douce

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J.-H. Rosny aîné – Romans préhistoriques

(Romans préhistoriques / 1887-1929)

Ce merveilleux ROMANS PRÉHISTORIQUES de J.-H. Rosny aîné, publié chez Robert Laffont dans sa collection Bouquins, invite à voyager dans le temps.

Loin.

Très loin.

Jusque dans la préhistoire.

Cette anthologie d’un des précurseurs à la fois de la science-fiction et du roman préhistorique regroupe cinq romans préhistoriques (Vamireh, Eyrimah, le célèbre La guerre du feu, Le félin géant, Helgvor du fleuve Bleu), deux nouvelles préhistoriques (Elem d’Asie qui est une version écourtée de Vamireh, Nomaï) et trois nouvelles à classer du côté de l’imaginaire (Les Xipéhuz, La Grande Énigme, Les Hommes sangliers).

Évasion garantie.

L’auteur et son œuvre

J.-H. Rosny aîné, pseudonyme de Joseph Henri Honoré Boex, est né le 17 février 1856 à Bruxelles et mort le 15 février 1940 à Paris. Cet écrivain franco-belge (il aura la double nationalité à partir de 1930) est un acteur majeur de la littérature moderne.

Il est l’auteur avec son frère (Séraphin Justin François Boex, 21 juillet 1859 – 15 juin 1948, J.-H. Rosny jeune) du premier roman préhistorique, Vamireh (1891).

Il a également poussé plus loin le concept d’anticipation de Jules Verne, notamment, en publiant un des premiers textes de science-fiction en 1887, la nouvelle Les Xipéhuz.

Les deux frères Rosny font partie de l’Académie Goncourt dès sa création en 1900 selon la volonté testamentaire d’Edmond de Goncourt. Quatrième couvert pour l’aîné. Cinquième couvert pour le jeune. J.-H. Rosny aîné en est le président de 1926 jusqu’à sa mort en 1940. J.-H. Rosny jeune lui succède jusqu’à sa propre mort en 1948.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
Mircea Cartarescu – Solénoïde
Michel Bussi – Nymphéas noirs

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Léna Lucily – Notre-Dame des Ombres

(Urban fantasy / 2021)

Apolline Abgrall a grandi dans un monastère lugubre. Elle est devenue une redoutable chasseuse de vampires pour l’Ordre de Notre-Dame des Ombres. Sa centième canine rapportée à la Mère Supérieure sera synonyme de liberté. La délivrance approche mais de nouveaux obstacles semblent se dresser sur sa route. D’anciennes connaissances refont surface. Ses certitudes se lézardent. Qui croire ? Que croire ? Qui sont les véritables ennemis ? Et sur qui compter ?

Commentaire

Léna Lucily a frappé fort avec ce premier volet d’une duologie, Les Canines Libres, dont le deuxième tome est à paraître (j’ai hâte !). Elle immerge le lecteur dans un récit étourdissant qui le tient en haleine jusqu’aux dernières pages. Les intrigues sont dénouées petit à petit, les questions trouvent leurs réponses. Les descriptions sont magnifiques, les personnages fouillés, l’ambiance à la fois pesante et poétique, le scénario millimétré, la construction très habile. Au-delà de la lutte impitoyable entre les protagonistes de ce roman, émerge un formidable message d’espoir. Et si en réalité Les Canines Libres étaient avant tout une ode à la tolérance et une mise en garde contre toute forme de lavage de cerveau ?

Les fans de belles plumes, d’ambiances sombres, de jolis personnages, de frissons et d’émotion, d’urban fantasy, de VAMPIRES, apprécieront ! Les lecteurs éclectiques ou curieux aussi.

L’auteure et son œuvre

Léna Lucily est née en Bretagne en 1991. Cette auteure aux talents multiples a déjà plus d’une quinzaine de romans à son actif, dont 10 tomes de la saga Sorceraid (urban fantasy), la Trilogie des Oghams (heroic fantasy), Une moto, un sac croco et le type d’Hardelot (romance feel good), ce premier volet des Canines Libres, Notre-Dame des Ombres, et un étonnant De Lune et d’Arcanes (voir ci-dessous). Riche de son expérience, elle propose également un service d’aide à la publication.

Pour tout savoir sur Léna Lucily : https://lenalucily.com/

Mon Léna Lucily ++

J’ai dévoré et apprécié les 10 tomes de Sorceraid (l’intégrale est disponible en 2 volumes), la romance Une moto, un sac croco et le type d’Hardelot, et De Lune et d’Arcanes. J’ai hâte de découvrir la Trilogie des Oghams et le deuxième tome des Canines Libres.

De Lune et d’Arcanes

(Fantasy / 2025)

Couverture du roman De Lune et d'Arcanes de Léna Lucily

Il existe des romans fondateurs. Dracula, de Bram Stoker, par exemple. Si ce n’est pas le premier roman à parler de vampires, c’est celui qui a inscrit les bases du vampirisme dans la littérature et la culture populaire. C’est celui qui a inspiré des milliers d’œuvres par la suite. C’est celui auquel on pense en premier lorsqu’il est question de vampires. Sa descendance prolifère et finira peut-être par le reléguer au stade de légende au même titre que son personnage. Mais il restera le père fondateur et un écho plus ou moins vivace dans la mémoire collective.

De Lune et d’Arcanes m’a mis une grosse baffe. J’ai eu le sentiment que ce roman pouvait être le premier maillon d’une chaîne au potentiel aujourd’hui insoupçonnable. Le socle d’un système de magie basé sur les cartes du tarot, déclinable à l’infini.

Léna Lucily a élaboré des règles de magie, de Lames, de covens, d’Arcanes, où tout est réfléchi, tout s’imbrique dans des capacités et pouvoirs complémentaires, dangereux, à manier avec précaution, à la frontière de notre monde et de ce monde qu’on découvre avec curiosité et effroi. Le lecteur est transporté entre les personnages et leurs spécificités, entre Bateleurs, Transcendance, Pendu, Sans-Nom, lycanthropes et d’autres.

De Lune et d’Arcanes répond présent sur deux niveaux. D’une, sur cette robuste base de magie utilisable dans mille et une histoires différentes, par l’auteure elle-même ou par d’autres écrivains s’inspirant directement des cahiers de Mismar. De deux, sur cette première histoire dans ce nouvel univers qui est aussi le nôtre. Une histoire de lutte de pouvoir, de trahison, de pardon, de résilience, d’amour et de sang, de quête de soi et de sens à donner à sa vie. Une histoire humaine. Une histoire sur le fil du rasoir.

Léna Lucily a-t-elle construit avec De Lune et d’Arcanes les bases fondatrices d’un nouveau monde magique ? L’avenir nous le dira. C’est tout le mal que je lui souhaite.

N’hésitez pas, si le sujet vous parle, lecteurs, auteurs, éditeurs. Vous risquez d’être bluffés à votre tour.

De Lune et d’Arcanes est beau en plus.

À découvrir aussi (clic sur le titre pour en savoir davantage)

D’autres lectures
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